12 avril 2009

Quand j’étais enfant je voulais devenir magicien. Faire apparaître et disparaitre des choses, étonner, intriguer, émerveiller. D’une certaine manière c’est ce que je cherche à faire en écrivant. Ces temps-ci je suis en train de faire disparaître Paris. Le roman est bientôt fini. Le costume qui convient le mieux (mieux que celui de prêtre) à un écrivain est celui de magicien, enfin je trouve, tout est là. J’y pense, car avec un ami on discutait de ce fait étrange : l’importance de la disparition dans nos romans (et ceux de nos ami(e)s, V. et J. par exemple). Et dans nos vies, bien sûr. Il y a quelque chose qui m’émeut profondément dans la magie, ce jeu sur la disparition/réapparition. Le magicien affronte l’idée de la mort, il en tire de la beauté, il invente une forme, c’est de cela que nous parle un spectacle de magie. Ces « trucs » de magicien comme on dit, les romanciers les utilisent. Il y a une proximité entre le roman et la magie, que je ne m’explique pas bien encore, juste l’intuition que ce n’est pas très différent, que c’est la même famille (similitudes dans le rapport au public aussi). Le contraire de la religion. Mallarmé est bien trop compliqué pour moi, mais sur ce sujet, voilà un article qui me plaît beaucoup. On ne parle pas souvent de technique en littérature. Dans le processus de création d’un roman, il me semble qu’il y a un directeur de la photographie, un monteur, un producteur, un cadreur, un ingénieur du son… En allant à la fête vendredi soir, je suis passé par la petite rue Robert Houdin (le grand magicien français). On pénètre dans une petite cité hlm. Des jeunes jouaient au foot au milieu de la rue. D’un coup je me suis retrouvé dans la cité où mon frère et moi avons habité avec notre père à Viry-Châtillon pendant un temps. Le passé est tombé comme une pluie tropicale. En quittant la fête, je suis passé par la rue du Faubourg du Temple. Au niveau de la rue Robert Houdin, et ce sur une centaine de mètres, il n’y a pas de lampadaires (ou bien les lumières étaient cassées). C’était une parenthèse bienvenue dans ce quartier animé. Une cachette. Dans les bizarres ténèbres de la rue, tout était calme et différent.
Dans La Cerisaie, il y avait les tours de magie de Charolotta Ivanovna (Irina Dalle). C’était merveilleux.

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