29 juin 2009

Je viens de voir Generation Kill, une mini-série sur les débuts de la guerre en Irak (celle de 2003). Produite par HBO, bien sûr. Cette chaîne est le Alfred A. Knopf, le Gallimard, le Einaudi de ces temps. J’ai commencé à voir la deuxième saison de In Treatment, il y a des choses troublantes dans ces personnages, qui me sont familières. C’est toujours aussi parfait.

Aujourd’hui je reprends mon roman. Trois semaines sont passées depuis ma dernière lecture (surtout depuis la remise du manuscrit à mon éditrice, et son retour, nos discussions), je peux espérer un regard nettoyé. J’ouvre l’armoire. Brrr. Allons-y.

Brocante à Stalingrad (métro Stalingrad bien sûr), j’ai acheté un cd de Winton Kelly (je ne connaissais pas ce pianiste) et deux albums de Earl Hines à Fernet Branca. Toxica vendait ses vêtements hippies, c’était drôle on aurait dit la garde-robe de More (Barbet Shroeder, 1969).

Thierry Hesse m’a parlé d’un livre de Enzo Traverso que je n’ai pas lu, La pensée dispersée (un jour j’aurai, j’aurai lu, tous les livres de cet historien passionnant). De mon côté je lui ai parlé La politique de la mémoire, de Raul Hilberg (la vie -marathonnienne- professionnelle de l’auteur de La destruction des juifs d’Europe, un livre sur le travail, sur le combat acharné quotidien, solitaire pour mener à bien son projet).

L’Anonyme en transit a dit que nous (notre petit groupe) sommes des Lumpenbobo, terme contradictoire mais très juste il me semble (certains un peu moins que d’autres, mais bon nous sommes loin de la bourgeoisie). Nous étions près du canal, à manger, à parler.

Pendant deux-trois minutes ce soir-là (samedi) j’ai pensé que Fernet Branca avait été professeur de mime. Je lui ai dit que ça ne m’étonnait pas. En fait j’avais mal entendu, il a répété : professeur à Nîmes. C’est nettement moins intéressant. J’aime les lapsus auditifs. Mal entendre, mal comprendre, mal lire, mal écrire, tous ces petits carambolages sont des occasions de révélation et de création, microscopiques déraillements qui provoquent des accidents positifs, à disposition si nous désirons les saisir, si nous savons les voir, reconnaître leurs belles qualités. La chasse aux papillons est ouverte toute l’année, le jour et dans nos rêves.

  • 1. nathalie  |  29 juin 2009 à 22h29

    Je suis curieuse de vous lire ! Oserais je vous demander des conseils de lecture, je dois aller à La Fnac, et je suis curieuse de ces lectures Ddont vous nous parlez: 5 livres comme ca, pour l’été dans une chaise longue. Là on a le temps, même des choses difficiles, j’ai le temps

    merci

  • 2. Martin  |  1 juillet 2009 à 10h40

    Alors des conseils de lecture :
    – La fin d’une liaison, de Graham Greene
    – Chien Blanc (ou Lady L.) de Romain Gary
    – un Wodehouse (un Jeeves -parce que c’est un remède à toutes les déprimes)(en 10/18)
    – La Politique de la Mémoire, de Raul Hillberg (et les Naufragés et les rescapés de Primo Levi)
    – Vie et Mort de Jean Cavailles, de Georges Canguilhem (Allia, petit livre pas cher à lire vraiment)
    et un roman français contemporain, difficile de choisir… disons « et mon coeur transparent », de Véronique Ovaldé. Sinon il y a d’excellent livre s qui sortent fin août à l’olivier, Th. Hesse par exemple (et le nouveau V. Ovaldé).
    (un bon livre de chaise longue c’est l’hippopotame de Stephen Fry, l’intrigue importe peu, c’est léger, bien écrit et drôle).
    voilà !

  • 3. Martin  |  1 juillet 2009 à 12h03

    Et un petit pierre hadot, par exemple Eloge de la philosophie antique (6euros chez allia). Et un gros roman génial (drôle, intelligent, émouvant, politique) : Les aventures de kavalier & clay, de michael chabon (mille fois meilleur que son dernier le club des policiers yiddish) – du même auteur, wonderboys, sur le monde des lettres américaines dans une ville universitaire (bien mieux que david lodge).

  • 4. Martin  |  1 juillet 2009 à 12h04

    Et les écrits corsaires de Pasolini. et une bd, tiens Transat de Aude Picault qui vient de sortir.

  • 5. mm  |  1 juillet 2009 à 13h38

    J’ai d’abord lu « tous ces petits cambriolages » là que tu a écrit « tous ces petits carambolages » ! Ce qui est fou dans le contexte de ce post !

  • 6. Nathalie  |  1 juillet 2009 à 22h33

    Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

    La magie d’internet !!!!

    Moi, je conseil Martin Page, ou Viktor Pelevin ( un autre russe cf: Tolstoï, contemporain. Un petit bonheur );
    Dostoievsky: Les frêres Karamazoff.

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