9 juillet 2009

Je suis en train de relire et de travailler mon roman, et c’est un exercice excitant et décourageant, après tout j’ai passé du temps, transpiré, bataillé, et malgré tout il y a encore des problèmes. Les choses qui ne vont pas trouvent leur origine dans la familiarité que l’auteur a avec son texte. La familiarité a pour conséquence que des choses qui me paraissent aller de soi, ne sont pas si claires pour un lecteur extérieur. J’ai construit les ponts, les tunnels, les aqueducs et les chemins de ce livre, j’en ai une vue d’ensemble, sa logique est claire, mais c’est le point de vue de l’architecte. Se confronter à la lecture de quelqu’un qui se promène dans cette ville sans l’avoir dessinée est rafraîchissant. Il ne s’agit pas de faire des concessions, mais de voir que parfois cette familiarité est source de problèmes logiques, de problèmes de tempo. Ecrire est une sorte de folie, c’est une obsession extrêmement forte, et parfois on se concentre sur les éléments qui nous obsèdent le plus au détriment de ce qui paraît être comme des détails (je pense par exemple à mon dernier roman où la chronologie -d’une première version- était un peu folle, pas parce que je l’avais décidé mais parce que je ne m’y étais pas intéressé, je connaissais la durée sur laquelle courait le roman, mais que samedi vienne juste après le mercredi cela ne me choquait pas). Il y a des lignes directrices, des personnages qui suivent quelque chose, souvent un roman est l’histoire d’une quête, et je me rends compte que des éléments du roman qui ne vont pas dans le sens de cette quête (mais sont important dramatiquement pour rendre cette quête vraisemblable) sont mal ajustés, sont (inconsciemment) laissés de côté alors qu’ils ont leur rôle à jouer. On est parfois trop allusif, ou au contraire trop explicatif. Ce sont des déséquilibres qui une fois pointés par l’éditeur (en l’occurrence l’éditrice) ne font pas débat, ils sont là, je les vois clairement. J’ai l’impression qu’il y a parfois un défaut de lucidité dans le processus d’écriture d’un roman. Et ce n’est pas un mal, j’imagine (comme rien n’est un mal dans l’aventure chaotique de l’écriture du moment que l’on en fait quelque chose) car cela (cette folle inconscience tendue vers un but) permet des avancées, cela permet de débloquer des scènes, remporter des victoires narratives, imaginer des scènes. Au final, il faudra laisser reposer le manuscrit, le faire lire à son éditrice (ou a un autre superlecteur), pour trouver un nouveau regard, plus posé, plus calme. C’est un autre temps, un autres espace.

Faire un commentaire


indispensable


indispensable, restera secret


S'abonner aux commentaires via le fils RSS