7 septembre 2009

Un chat vient d’entrer dans l’atelier, un beau chat gris, il s’appelle Pacha. Les chats s’allongent sur les claviers d’ordinateur, celui-ci vient de se poser sur mon manuscrit. Vendredi j’ai vu mon éditrice, on s’achemine tranquillement vers les épreuves (dernière occasion de relecture et de corrections).

Ce matin je me suis levé à cinq heures trente. J’étais un peu fier de commencer ma journée alors que tout le monde dormait encore. Une fois descendu dans le métro (Château Rouge) je me suis aperçu de ma présomption idiote, les rames sont remplies, cela n’a rien d’exceptionnel. J’ai l’impression qu’il y a davantage de monde aujourd’hui qu’il y a quelques années (à cause de la dégradation des conditions de travail, de l’interim). Je disais dans le précédent post qu’il y avait peu de blancs, en fait ce n’est pas vrai. Certes il y en a moins qu’à neuf heures, mais ils sont là, le point commun de ces gens fatigués est d’être des travailleurs pauvres.

Stéphane me dit qu’il rencontre souvent des gens qui n’ont pas lu Proust et qui en sont honteux. C’est dommage, il faudrait les rassurer. Il n’y a pas de fierté à en tirer, mais ne pas avoir lu La Recherche ne devrait pas être cause de gêne, c’est triste, ça dit quelque chose du climat culturel de ce pays. La littérature comme mode d’exclusion, comme monstre qui fait peur. Ne pas l’avoir encore lu La Recherche c’est la chance de la découvrir un jour.

Deux citations trouvées dans le revue penser/rêver :

« En réalité les hommes ne sont pas tombés aussi bas que nous le redoutions, parce qu’ils ne s’étaient absolument pas élevés aussi hauts que nous l’avions pensé d’eux » S. Freud, Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915).

« Toi-même est le mésusage que tu fais de toi » (Thy self is self-misused), W. Shakespeare, Richard III.

Je vais réveiller Pacha pour prendre mon manuscrit et le lire une dernière fois (il doit être plein d’éclats de rêves félins).

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