11 octobre 2009

Je suis depuis cinq jours à l’Académie Schloss Solitude, une résidence d’artistes au bord de la Forêt Noire en Allemagne. Mon acclimatation se passe bien ; l’équipe est charmante. Nous sommes trente artistes d’un peu partout, nous ne nous connaissons pas. Cela ressemble à une rentrée des classes. A la différence qu’il n’y a pas de professeurs ; une école parfaite en somme.

La nourriture n’est pas la même qu’en France, on s’en doute, mais c’est plutôt bon. De petites différences : les grains de riz sont plus petits, on trouve du chou rouge en bocal et de la confiture de cassis.

Quelques jours de douceur, les feuilles des arbres ont leurs couleurs d’automne. Puis, une journée d’un brouillard incroyable, on se serait cru dans un roman gothique. Enfin, pluie. Je suis dans mon élément.

Comme le veut l’usage dès que j’arrive quelque part : je suis tombé malade. Rien de bien méchant. Et puis pour me saluer j’ai eu droit à une invasion de coccinelles dans mon appartement, j’avais laissé les fenêtres ouvertes, elles sont entrées par dizaines, et reparties le soir. Je marche tous les jours (la boussole offerte par une amie sur moi, on ne sait jamais), je lis, je travaille. Je viens de terminer (aidé par une amie, la déesse de la grammaire) la correction des épreuves, la dernière chance pour parfaire le texte, pour changer, couper, rajouter. Il ne doit y avoir que six ou sept pages sans corrections.

  • 1. Stéphane Heuet  |  12 octobre 2009 à 22h01

    Par la sainte culotte de Dieu c’est émouvant ce courage, faire comme si ta détention dans cette sinistre forteresse allemande n’était qu’un jeu; ah ! ah, le brave garçon, ah, ce courage, ah, Martin, notre héros de Colditz, tiens bon, hauts-les-cœurs, nous te sauverons, et pendant que tu fais mine de ne souffrir que d’un vague rhume des foins, tous tes amis tressent de longues volutes de cordages, d’autres consultent des experts en vertige pour te permettre de descendre de ton rez-de-chaussée sans infarctus, les plus artistes te concoctent de faux-papiers plus vrais que le faux-passeport d’Yves Challier et les derniers rassemblent une collection de loden et de culottes courtes de peau dignes de Gœring. Tu t’en sortiras, vieux-frère. Non, nous ne laisserons pas tomber l’auteur de « Comment je suis devenu stupidement le Prisonnier ».

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