18 octobre 2009

La résidence se trouve dans un château (mais pas dans le plus « chateau » des bâtiments en fait) ; donc il y a souvent des visiteurs ; et le samedi, nous sommes envahis par les mariées en robe blanche et les mariés en noir. Nous jouons le rôle des artistes en résidence, nos costumes ne sont pas moins subtiles.

Journaux, de Sylvia Plath m’émerveille à chaque page, c’est mon livre-compagnon pour ces premiers temps ici. Un beau passage sur des exercices d’écriture, regarder, décrire, saisir des couleurs, des formes. La vie quotidienne d’une écrivaine ; qui bataille avec elle-même, qui devient de plus en plus isolée à mesure que son talent s’affirme ; sa sensibilité, son originalité, ses poèmes sont des ponts vers des lecteurs qu’elle ne connaît pas, vers des aînés disparus, vers des amis ; ces ponts se transforment en murs qui empêchent une vie sociale normale et légère. Lors d’une soirée, alors que tout le monde discute, et qu’elle est seule, à part, elle se demande « Mais comment font les gens pour être ensemble ». Pourtant, plus jeune, elle était sociable ; mais l’aisance interpersonnelle s’est brisée. Elle a peur des autres, elle ne comprend pas comment ça marche les relations mondaines. Sa sensibilité et son art en s’aiguisant, en se complexifiant, l’éloignent du jeu social. Elle en est étonnée, malheureuse, mais elle comprend aussi que c’est une chance, cette solitude. Reste un problème, elle n’arrive pas à être seule, à exister sans avoir Ted collé à elle (qu’elle idéalise violemment). Elle voit une psy, elle essaye de se battre contre cette passion pour la fusion (pendant longtemps avec sa mère, maintenant avec son mari).

Mal au dos. Brouillard. J’ai rangé mon appartement, je surveille les objets pour ne pas qu’ils se mettent à nouveau à valser partout. Les objets que je possède aiment danser, ils sont fous et ivres, ou peut-être sont-ils simplement joyeux et espiègles. Bonne nouvelle, deux fellows sont des pros du yoga et vont donc donner des cours. Expédition en ville, avec deux camarades, pour acheter un tapis de yoga. Impossible en revanche de trouver un bonnet (un bonnet portable, car il y a a bien des bonnets, mais ils sont très moches). Heureusement il y a Bright fliqht, des Silver Jews. Passe à la radio en ce moment (podcast) une émission sur l’affiche rouge (Manoukian).

  • 1. Laurence Serfaty  |  20 octobre 2009 à 23h34

    C’est très touchant ce récit sur Sylvia Plath, ça donne envie de la lire. Merci de nous faire partager votre sensibilité… et la sienne !

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