25 novembre 2009

retour à la terre


Je rentre à Paris demain pour quatre jours. L’occasion d’un rendez-vous à l’Olivier avec Quentin Faucompré pour parler de notre livre illustré à Alix P. et Olivier Cohen. Surtout revoir mes amis. Et puis des rendez-vous, dentiste, psy, attachée de presse. Et grand événement pour moi : mon premier salon du livre (jeunesse) de Montreuil. J’y serai samedi de 10 à 12h.

25 novembre 2009

des alliés et un pas de côté


J’étais au salon du livre de Colmar le week end dernier, l’occasion de refaire quelques pas en France. Rencontres avec des collégiens à propos du Garçon de toutes les couleurs. Je n’avais pas pensé qu’en parlant d’un enfant battu (ce qui ne me semble pas être le sujet principal de ce roman), cela intéresserait les écoles et les collèges, que mon livre serait un moyen pour aborder cette question. C’est d’autant plus étonnant (et rassurant) que ce roman n’offre pas de solution, il n’y a rien de facile dans ces affaires là, et personne ne peut se prévaloir d’un statut héroïque. Les rencontres avec les enfants sont passionnantes car ils n’hésitent jamais à poser des questions. Je dis les enfants, mais bien sûr il y a de grandes différences entre eux. Il reste que l’intérêt et la diversité des questions et des remarques sont plus grands que lors des rencontres avec les adultes (sauf aux Filles du Loir bien sûr). Mais passons. Depuis que je rencontre des classes j’ai une petit idée de la fatigue des professeurs, juste une idée car je parle à un public enthousiaste et bienveillant, je ne suis pas là pour donner un cours de maths. Malgré cela, j’en ressors épuisé. Une pensée pour une amie qui vient d’être embauchée par un lycée pour donner des cours. Contrat précaire, aucune préparation, aucun soutien de la direction. Et comme c’est la première fois qu’elle se retrouve devant des élèves on lui a donné des classes difficiles. Les gens qui critiquent les profs, parce qu’ils ne travailleraient que 15 heures par semaine et auraient je ne sais combien de mois de vacances par an, sont des imbéciles qui ne survireraient pas une semaine dans un collège (il y a bien d’autres raisons de critiquer les profs que leur emploi du temps).

Un salon du livre (ici essentiellement consacré à la littérature jeunesse) est l’occasion de faire connaissance avec des lecteurs, des libraires et des collègues. En occurrence j’ai rencontré quelques illustrateurs (surtout trisses) doués et charmants. Sinon comme à chaque fois que des êtres humains se retrouvent à plus de cinq quelque part, j’étais terrifié et j’ai pris garde de me tenir à l’écart. Cela a un côté « colonie de vacances » très démoralisant. Le grégarisme est une chose insupportable (et puis c’est triste de constater que les gens ont peur d’être seuls, d’être en dehors du groupe, alors ils se collent les uns aux autres). La meilleure solution consiste à se trouver des alliés et à faire un pas de côté. Parmi les belles choses de ce salon j’ai ainsi rencontré un auteur de science fiction français qui vit avec sa femme dans une maison à la campagne avec des chevaux et des chiens. Il ressemblait à un indien d’Amérique et il avait une sorte de sagesse simple, une absence d’ego, et une grande culture. Drôle de personnage, attachant , lui et sa femme étaient beaux, d’originalité et de sensibilité partagées ; nous nous sommes retrouvés à la même table lors d’un dîner (la table des bizarres) et c’était parfait. Évidemment nous avons parlé science fiction, rats, araignées et travail.

17 novembre 2009

Les questions


Entretien avec Marcel Wehn, un documentariste allemand (assisté d’un caméraman, aidé par Liliana une fellow qui parle français et allemand). Questions très générales au départ avec lesquelles je me débats : « Pourquoi es-tu devenu écrivain? », « Où trouves-tu tes idées ? »… Questions impossibles. Un peu l’impression qu’on a posé une montagne devant moi. Mais c’est intéressant d’être déstabilisé, de ne pas savoir. Moment de silence, je suis confus et dubitatif. Puis comme un alpiniste face à cette montagne impossible, je plante mon piolet, je tente de former une réponse possible à une question qui demanderait toute une vie. C’est un peu désordonné, mais rapidement ça va, je trouve quelque chose à dire, des idées viennent. On parle des personnages aussi (« Où trouves-tu tes personnages »). Ce sont des questions impossibles et très classiques (des clichés), mais peu importe on peut en tirer des choses intéressantes. A chaque fois je pousse ma réflexion dans un angle différent. Une question c’est un prétexte. Nous sommes bien obéissants, d’anciens élèves, alors dès qu’on nous pose une question nous sommes tentés d’obéir à cette injonction, de suivre le chemin qui est déjà amorcé en elle. Ce n’est pas parce qu’on nous présente une montagne qu’on est obligé de s’y attaquer. Si nous le désirons une question est un prétexte. C’est une manière d’établir un dialogue, un échange entre l’écrivain et le journaliste/documentariste. Il ne faut pas les prendre aux sérieux, les questions. C’est une amorce. Et puis, c’est à l’écrivain de se sentir libre de ne pas répondre, de prendre un virage et de parler d’autre chose. Il reste que ce n’est jamais simple. Il faudrait passer une journée à parler. Il faudrait du temps. En tout cas, belle matinée de tournage, de questions, de réponses (trois langues se mélangeaient : questions en anglais, réponses en anglais, parfois en français, traduction de mes réponses en allemand). De temps en temps la pièce (cela se passait chez moi) était soudainement illuminée par le soleil ; de temps en temps on arrêtait le tournage à cause du bruit d’un véhicule souffleur de feuilles mortes.

J’ai vu le dernier Depardon. Je comprends ainsi beaucoup mieux le comportement (souvent surprenant) et les paroles d’une amie qui vient de cette région. C’est lumineux, tout s’explique. J’ai fait connaissance des tiens, Toxica, je peux dire que je te comprends mieux maintenant.

Après La Nuit Américaine, je projette Judex ce soir au Catacombs Cinema Club. Je viens de recevoir un Oriental Beauty (récolté le 19 juin de cette année à Hsin Chu, Taïwan), un Concubine Oolong (récolté le 6 mai 2009 à Feng Huang, Taïwan) et une assez petite théière en porcelaine de 15cl (très belle). Le Oriental Beauty est délicieux (je n’ai pas encore goûté l’autre).

17 novembre 2009

réveil


Les mots de Raoult à propos de Marie NDiaye ne sont pas un dérapage. C’est la droite liberticide qui prépare le terrain. Il serait temps de s’en préoccuper. Pour information, un groupe de rap (La Rumeur) est poursuivi devant les tribunaux par le ministère de l’intérieur depuis 2002 (La Rumeur n’en fini pas de gagner les procès, le ministère n’en fini pas de faire appel). On n’en entend pas assez parler, c’est dommage c’est ce qu’il risque de nous arriver, bientôt, à tous. Cela nous concerne. Il serait temps de se réveiller.

13 novembre 2009

épreuves


J’ai corrigé les épreuves de Parfaite qui sort enfin en poche (Points Seuil) en janvier (un peu après mon nouveau roman). J’ai nettoyé le texte de ses coquilles, coupé quelques phrases, précisé certaines choses. C’est un roman qui a été écrit avant Stupide, mais qui est sorti un an après celui-ci. C’est un petit éditeur (les éditions Mutines) qui avait désiré le publier, mais avait ensuite partagé cette tâche avec une autre structure. Il y aurait beaucoup de choses à dire, mais passons. C’est un roman que je n’écrirais plus ainsi (que je n’écrirais pas aujourd’hui), mais qui a sa place dans mon parcours. En corrigeant les épreuves je me suis retenu de faire des modifications importantes, je me devais de rester fidèle à l’esprit dans lequel j’étais en ce désespérant été 2000 (fidèle aussi à mes capacités littéraires de l’époque). J’en ai profité pour écrire une postface, pour parler des influences et de ma situation à l’époque. J’ai bien envie d’écrire un autre petit livre rock ‘n’ roll comme ça.

J’ai programmé La Nuit Américaine au Catacombs Cinema Club ; j’espère que tous les fellows ne l’ont pas vu. Le soir même (samedi 21) où, loin de là, à Paris, des amis donneront un concert à la Belle Vie Saint Martin. C’est à 21 h.

11 novembre 2009

Défense des banquiers


Je plaisante. Mais il y a une grande hypocrisie à s’en prendre aux banquiers et traders qui n’ont fait que s’ébattre dans un cadre institué par les États. Les lois qui ont laissé la liberté à leur avidité et à leur égoïsme de se développer ont été faites par des gouvernements élus, et bien souvent des gouvernement de gauche (dès 1986 déréglementation des marchés financiers (Bérégovoy et Delors), puis baisse de la fiscalité des revenus du capital (Bérégovoy), régime fiscal favorable aux stocks-option (Strauss-Kahn), épargne salariale (Fabius) ; et aux Etats-Unis, sous Clinton, abrogation du Glass-Steagall Act). Lisons les programmes des gens que nous élisons. Mais cela n’arrivera jamais, on vote pour un papa, pour une maman, pour autre chose que des idées bien comprises (édifiant de parler avec un supporter de Ségolène Royal -ou Jospin- sincèrement de gauche et qui ne sait rien -ne veut rien savoir- de sa volonté, si elle avait été élue à la dernière présidentielle, de financer les retraites par des fonds de pension, fatigant de conseiller les livres de François-Xavier Verschave à des amoureux d’un Mitterand idéalisé). En général tout se termine soit par une révolution bâclée, soit par la désignation d’un bouc émissaire à massacrer (et ça ne sera pas les banquiers). Il est encore temps d’être vraiment de gauche. (sources : Lordon & cie)

11 novembre 2009

Simenon


Émission sur Simenon (Guillaume Galliène, ça ne peut pas faire de mal ; la semaine précédente c’était Pouckine avec Markowicz comme invité !). Simenon qui dit : je mets mon personnage dans une situation difficile et je vois comment il se débrouille. J’aime bien la radio de temps en, temps, on tombe sur des choses auxquelles on n’avait pas pensé (ou alors on savait que cela existait, mais sans se sentir concerné, sans avoir envie de découvrir), des chansons que l’on ne veut surtout pas écouter (Jacques Brel ici, une chanson sur la neige, Il neige sur Liège, qui bien sûr me donne le cafard, mais ça vaut le coup, c’est superbe). De très bonnes émissions de Là-bas si j’y suis aussi ces derniers temps (super site internet qui archive toutes les émissions passées). Archives sonores de Simenon qui parle d’amour, de crime passionnel, lecture par G. G. de passages de Lettres à mon juge.

10 novembre 2009

morbide fidélité aux murs


Une maison d’édition (Le Seuil) va quitter le 6° arrondissement pour le bord du périphérique. Si c’est pour un quartier dans lequel les gens vivent, c’est une bonne nouvelle, si c’est pour un quartier d’affaires, c’est triste. Mais après tout la délocalisation ne se fait pas à des milliers de kilomètres. Sans doute il y aura une réelle contestation du capitalisme lorsque les ouvriers ne seront plus les seuls touchés. C’est cela qui est triste. L’Olivier reste intra muros (c’est pratique, c’est sur ma ligne de métro). Il est regrettable que les maisons d’éditions soient établies dans des quartiers où personne ne vit (personne ne vit dans le 6° arrondissement je vous assure). C’est un symptôme. D’accord, d’accord, l’héritage, l’histoire. Mais justement poursuivons l’histoire dans un quartier encore vivant (et pourquoi pas en Seine-Saint-Denis). Il faudrait être fidèle à l’esprit plutôt qu’aux murs. Parfois pour ne pas trahir il faut partir (ni le 6° arrondissement ni les bureaux ne collent avec mon idée de la littérature, mais je suis un idéaliste sentimental). Pfff je suis triste. Bientôt les gens que j’aime n’auront plus les moyens de vivre à Paris, alors cette ville n’aura plus aucune utilité. Ce n’est pas grave, nous recommencerons ailleurs.

Le Mi Lan Xiang 4 ne me plaît plus autant (note rectificative un peu plus tard : en fait si ce dan cong de 1991 est une merveille, très particulier, confit, il a quelque chose d’un vieil alcool). Je ne l’ai peut-être pas assez dosé. Belle journée grise. La ville n’est pas toute proche, je prends un bus pour faire les courses, je reviens des sacs accrochés au doigts, c’est lourd et pourtant il me semble que je ne mange que les choses légères. La nourriture n’est pas chère ici (Stuttgart, pas vraiment une ville pauvre), et on y trouve des choses étonnantes comme du jus de sureau et de la choucroute bio en sachet.

8 novembre 2009

une journée consommée


Il y a quelque chose de triste à dire « la journée est passée » comme un train serait passé devant nous. C’est une manière de voir qui nous installe dans la passivité, c’est très désagréable et vexant. Non, les journées ne passent pas, je le refuse. Dire « j’ai fait passer la journée » ne convient pas non plus, on dirait que je parle d’un médicament. « J’ai consumé la journée » est un peu mieux, mais l’idée de destruction associée ne me convient pas. « J’ai consommé la journée » est parfait, au sens de consommer dans le Littré (achever, donner la dernière perfection, accomplir). Il y a quelque chose de joyeux, de bon vivant, dans cette idée de consommer une journée (on pense aussi à sa définition actuelle -une des rares consommations nobles devrait être celle de nos journées). Une manière de dire, non la journée n’est pas passée, même si je n’ai rien fait (et ce n’est jamais vrai, la paresse, le loisir, l’ennui, le désespoir, c’est quelque chose), c’est bien moi qui ai été acteur. C’est une manière d’opposer sa propre voracité (de lecture, d’écriture, de culture, d’échanges) à la voracité du temps.

Tout ça pour dire que j’ai bien dévoré cette journée, il n’en reste quasiment plus rien ; mais je viens de m’apercevoir que je ne suis pas sorti. Inscrite en moi par mon éducation la nécessité de ne pas rester enfermé, il faut sortir, un peu. Bon, d’accord, j’obtempère à mon éducation, il y a du bon sens sans doute dans cette recommandation. Promenade.

8 novembre 2009

Nombrilisme


Encore un critique (étranger celui-là ; il est rassurant de constater que les poncifs sont universellement partagés) qui se plaint du nombrilisme de la littérature française. Il faudrait lui envoyer quelques livres (Ovaldé, Oberlé, Hesse pour parler de trois auteurs qui viennent de sortir un livre), mais sans doute cela ne changerait rien. La réalité ne convaincra jamais un journaliste (je dis journaliste, mais on peut remplacer par n’importe quelle position donnant l’illusion d’un rapport privilégié au monde -heureusement il y a des journalistes ambitieux et modestes, justement un recueil de conférences de Kapuscinski sort ces temps-ci).

7 novembre 2009

Schloss, fin d’après-midi


Schloss Solitude novembre 2009

7 novembre 2009

Quatrième de couverture


La quatrième de couverture de mon roman est prête. Mon éditrice m’a fait une proposition, j’ai fait des remarques, elle a fait des remarques à propos de certaines de mes remarques, réécriture, reproposition, remarque d’OC, nouvelle proposition  et ça semble pas mal. Biographie minimale. L’illustration de couverture est très belle et étrange. En trouver une a été un parcours du combattant. Les premières propositions étaient… passons. Finalement, Valérie Zenatti a envoyé des idées pour sa propre couverture et c’est là que nous avons trouvé la belle image. Il faut compter sur la chance.

De temps en temps je m’offre un thé qui dépasse mon budget habituel. Jeudi j’ai acheté Mi Lan Xiang 4, un dancong de 1991 (Maison des Trois Thés). C’est prodigieux, des fruits confits, lourd et chaleureux. Je n’en boirai pas tous les jours, mais il va très bien avec l’hiver. Et les feuilles peuvent être réinfusées un nombre de fois incroyable (première infusion 30 secondes, pour la huitième et dernière j’étais à six minutes). En ce moment je regoûte un thé très particulier, lourd aussi, mais sur d’autres notes, très parfumé, écœurant s’il infuse trop, je l’aime beaucoup mais je n’en bois que rarement (les oolongs se conservent très bien très longtemps donc tout va bien) : Mi Yun (celui-ci est assez abordable).

7 novembre 2009

Courrier


Je reçois des emails via ce site, des messages via Facebook, des lettres. Je réponds toujours ; néanmoins il est probable que, au cours de ces huit dernières années, j’ai oublié de répondre à certains, et j’en suis désolé. La distraction en est la raison, non l’indifférence. Voilà qui est dit.

Retour en Allemagne. Ce midi je vais en ville pour faire des courses. Un cours de russe a surgitdurant ma courte absence. Liliana Corobca vient de me donner trois feuilles d’explication sur l’alphabet. Après le cours d’allemand en anglais, voilà le cours de russe en allemand (les feuilles imprimées sont en allemand, mais Liliana parle français). Dans quelques temps je pense qu’une novlangue va surgir de toutes les langues parlées et mélangées ici, de l’anglo-franco-italiano-russo-allemand.

Préparation de la sortie de Peut-être une histoire d’amour (The Discreet Pleasures of Rejection, en est le titre anglais) aux Etats-Unis. Echange d’emails avec Thomas Roberge mon éditeur chez Penguin, à propos de la couv, questions sur mes influences (pour l’argumentaire et la quatrième) etc. C’est agréable d’être associé à la sortie de son roman à l’étranger. Ce n’est pas très souvent le cas, dommage. Comme il est passionnant (et rare) de travailler avec son traducteur, d’être en contact.

3 novembre 2009

Un roman


Lu dernièrement. Un journaliste dit d’un roman : « C’est écrit comme un scénario, c’est très construit, il y a des flash-back. » Les romans sont si rarement construits en France que lorsque cela arrive les journalistes font référence au cinéma. Quel aveu d’ignorance et de bêtise. Et puis le flash-back n’est pas une invention du cinéma, les romanciers en faisaient usage bien avant la naissance du cinéma (même chose pour le montage, pour le gros plan, pour le travelling, pour reprendre des termes du cinéma concernant des techniques déjà existantes). Je me rappelle un journaliste qui faisait référence au cinéma pour je ne sais plus lequel de mes livres sous prétexte que des images se formaient dans l’esprit du lecteur. Les images font partie de la littérature, il n’y a rien de nouveau ou d’étonnant à cela. On ne voit pas que des mots et des concepts. Ce manque de pensée et de culture serait désespérant si on s’attendait encore à quelque chose d’autre. Cela donne une idée du paysage critique et romanesque de ce pays. Heureusement les choses changent, il me semble qu’il y a davantage aujourd’hui de romanciers, d’écrivains qui construisent leurs livres et qui croient en la magie de la fiction.

2 novembre 2009

une brume comme échappée d’un volcan


brume à Solitude

1 novembre 2009

le temps est un instrument de musique


Le temps, quand on en dispose, nécessite un apprentissage, c’est un instrument de musique que l’on maîtrise peu à peu, à force d’acharnement. Je progresse, mais parfois le temps m’échappe (et je sais je sais, ce n’est sans doute pas plus mal, il faut lâcher prise aussi, et se permettre de ne rien faire parfois, car quand on croit ne rien faire des choses se passent) et je ne fais pas autant de choses que j’aurais voulu faire.

J’ai revu Forgetting Sarah Marshall, très belle scène d’ouverture qui montre (c’est rare) à quoi peut ressembler une matinée de travail d’un artiste. C’est exactement ça. A propos : je viens de terminer un texte pour le Kleines Lexikon sperriger Wörter (Dictionnaire de mots encombrants) qui va être édité par Merz et Solitude. J’ai choisi le mot « artiste ».

Quatre gâteaux cette semaine. Variations autour de mon gâteau au chocolat pour les fellows. Aujourd’hui j’ai pris tous les fruits qui traînaient chez moi et je me suis allé à inventer une recette avec potiron, pommes, poires, cannelle et raisins secs (je me suis entaillé deux doigts, heureusement une fellow Roumaine a bénéficié d’une préparation militaire lors de sa scolarité, elle sait donc panser, et tuer j’imagine). C’est… bizarre. C’est bon, mais la texture gélatineuse ne me convient pas. Je crois que ça vient du potiron. Impression de manger un gâteau fait avec des fantômes de ghostbusters. Heureusement je ne l’ai fait goûter à personne, c’était expérimental. Je suis sûr que Serge Lutens et Christopher Sheldrake doivent procéder de la même façon pour leurs parfums. Bon, j’élimine le potiron de mes ingrédients fétiches.

Soirée d’Halloween hier (il y a des Américains à Solitude). Tout le monde avait un costume effrayant (un homme sans bras, un homme sans tête, une femme Jesus/Moïse, un Robert Smith, une morte… moi j’étais l’homme-en-costume-de-feuilles-d’-arbre). Très sympa et chaleureux, vraiment une belle fête, mais à chaque fois c’est la même chose, même les belles fêtes ne m’intéressent plus. Je n’avais qu’une envie, me mettre au lit et poursuivre Conversation de Goethe avec Eckerman. Je me suis donc éclipsé au bout d’une vingtaine de minutes. Envie de lire un roman, mais je ne sais pas quoi. Je fais un saut à Paris de mardi à vendredi.