21 décembre 2009

L’échelle Darvon-Valium (nommée ainsi en hommage à ce cher Lester Bangs) est l’échelle de Richter de la musique. Elle permet de connaître le degré de perfection artistique et émotionnelle d’un morceau et elle est graduée de 0 à 12. 12 étant atteint, par exemple, par For no One des Beatles. Le seul sismographe capable de mesurer cette échelle (Darvon-Valium est inscrit en lettres d’or sur son capot ; elle fonctionne grâce à un vieux moteur de tondeuse à gazon) est conservé dans une crypte écossaise qui devait abriter le cercueil cryogénique réservé à la tête de Timothy Leary (mais finalement, Tim a choisi un autre endroit pour moisir). Son emplacement exact est tenu secret, l’industrie du disque (et, évidemment, de nombreux artistes) cherchant à le détruire. Seuls quelques groupes (parmi lesquels -limitons nous au rock – les Beatles, les Kinks, Pulp, les Silver Jews) ont vu plusieurs de leurs chansons atteindre le degré d’intensité maximum. Quand les aiguilles s’affolent et tracent des pics qui ressemblent à des montagnes sur le papier jauni. Tout ceci pour dire : soirée passée à écouter les Kinks, puis poursuite des Conservations de Goethe avec Eckermann. La neige s’est posée tout autour du château, elle est assez épaisse, il ne manque plus que des skis, j’espère quand même pouvoir rejoindre Paris mardi. Combat du froid et du chauffage ; le froid frappe aux fenêtres comme une vague qui revient sans cesse, des courants glacés se faufilent et entament la douceur. Alors bonnet et pull. Bu ce soir le vrac 22 de 1996 de la m3t ; temps idéal pour un pu er. Belle journée de travail. Mon dieu, c’est un beau métier.

  • 1. Laurence  |  21 décembre 2009 à 12h03

    En réalité, Timothy Leary ne moisit pas. Sa mort apparente n’est qu’un leurre. Il se la coule douce quelque part sur la planète, récemment rejoint par Albert Hofmann. Et tous les deux naviguent à l’extérieur dans la mesure où ils naviguent de l’intérieur…

  • 2. lidell  |  21 décembre 2009 à 14h48

    J’ai détesté ces conversations. Encore un truc qui m’a éloigné de Goethe pour au moins 10 ans. Tu en penses quoi?

  • 3. Martin  |  21 décembre 2009 à 17h42

    @ lidell : Si la littérature était south central tu ferais partie des crips et moi des bloods. Nous ne sommes pas du même gang (mais parfois nous nous retrouvons sur des films quand même). J’aime beaucoup les Conversations de G avec E. C’est plein de parfums de stoïcisme et d’épicurisme. Pour moi c’est un régal.

  • 4. Martin  |  21 décembre 2009 à 18h13

    Nietzsche : « Goethes Unterhaltungen mit Eckermann, das beste deutsche Buch, das es gibt ». (1878). Un de mes projets de l’année, me plonger dans Nietzsche plus sérieusement (mais je suis lent, c’en est désespérant -je vais parallèlement augmenter ma consommation de phosphore)

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