2 décembre 2009

remerciements


Le numéro hors-série du Point pour lequel j’ai écrit un article vient de sortir. Le numéro porte sur l’esprit anglais, mon article sur l’humour anglais. Je ne suis spécialiste de rien, et quand bien même je le serais la situation serait la même : j’ai travaillé avec des sources. Il est d’usage de les citer lorsqu’on écrit un essai, mais cela n’est pas envisagé pour un article. La plupart des thèses exposées ne sont pas originales (mais elles ne sont pas connues du grand public, il s’agit de vulgarisation) ; mon travail a été de rassembler des sources différentes et de les arranger, de les lier et d’en faire apparaître certaines facettes. C’est dans la forme (et espérons, le style) que se trouve mon modeste apport, dans la mise en relation d’éléments disparates. C’est un texte personnel (sinon à quoi bon ?) car j’ai fait le choix de cet arrangement, j’ai donné une inflexion à certaines thèses. Néanmoins (j’espère que) certains passages sont originaux (celui sur le dodo comme esprit tutélaire de l’humour anglais, par exemple), j’ai tenté d’inventé certaines petites choses. J’ai lu des livres et des articles (en anglais principalement) et, pour un écrivain de fiction, il est étrange de devoir se servir si directement de sources (il s’agit d’un article historique différent des textes sur Wilde que j’ai écrit) ; j’espère ne pas avoir  paraphrasé (j’ai un doute pour cette phrase « Notre existence est vaine et incompréhensible, mais les Anglais au lieu d’en pleurer s’en amusent” je pense que c’est inspiré de Priestley, mais je ne retrouve pas la source exacte). Comme écrivain j’essaye de créer des œuvres originales, mais ici il s’agit plutôt d’un travail quasi-collectif. Par ailleurs je parle de récits de voyages médiévaux dont je n’ai pas les sources (les auteurs que j’ai consulté ne les avaient pas non plus), je cite un proverbe latin à l’origine incertaine. Et c’est regrettable. Merci donc à tous ces auteurs sans qui cet article n’existerait pas : AGK L’Estrange, JB Priestley, Yen Mai Tran-Gervat, Robert Escarpit, Nicolas Cremona, Louis Cazamian. Et j’en oublie. Enfin bien évidemment l’article que j’ai écrit dépassait le nombre de signes demandés, donc il y a eu quelques coupes (je parlais de Richard Burton entre autres) ; j’espère pouvoir, bientôt, donner la version longue à lire.

1 décembre 2009

un ami


Un ami me laisse un message il y a quelques jours, message que je ne trouve qu’en arrivant à Paris. Je le rappelle et il me dit qu’il va mieux. Je ne savais pas qu’il allait mal. Il était persuadé que j’étais au courant de son opération du cœur, puis de ses deux accidents vasculaires cérébraux, du coma, de ses infections nosocomiales. Non je ne savais pas, je suis abasourdi. Mais tout va bien maintenant. Cela s’est passé cet été. Il a vécu plusieurs enfers. Mais il remarche. Il me dit qu’il aurait du mourir plusieurs fois, que les médecins n’en reviennent pas. Je n’avais pas de nouvelles je pensais qu’il travaillait, qu’il s’était retiré dans son manoir du Morvan pour un autre livre (un roman venait de sortir en septembre). Lui pensait que je savais, car tout le monde était au courant, on en a parlé dans la presse. Mais je ne connais personne à Paris et je ne dois pas lire les bonnes rubriques des bons journaux. A une époque d’ultracommunication, on en fini par penser que les choses se savent, automatiquement, comme si l’information était douée d’une conscience propre, et trouve forcément son destinataire. Mais cela tient aussi à ma position, à la marge, je ne fréquente pas les groupes, les salons, les dîners. Je suis comme à la campagne à Paris, je me suis inventé mon Morvan. Je lui rends visite en janvier. Il s’appelle Gérard Oberlé, c’est un ami fidèle et j’aime ses livres. Le temps passe, nous sommes si solides et si fragiles, ne pas oublier de dire aux gens que nous aimons que nous les aimons.