20 janvier 2010

Je suis à Lyon quelques jours dans le cadre des Assises Internationales du Roman. C’est en qualité d’auteur jeunesse que je suis là. Ateliers d’écriture avec des CM2 (et une classe de CM1). C’est la première fois que je parle de mes livres à des enfants si jeunes ; et pour l’instant c’est fantastique. J’ai rencontré quatre classes, quatre profs et des conseillers pédagogiques. C’était merveilleux de voir des adultes s’occupant d’enfants et toujours passionnés, toujours conscients de leur mission, de son importance, toujours frais et capables d’invention. Cela rassure, l’espèce humaine c’est ça aussi, ou plutôt elle est là. Jusqu’à ce jour je ne connaissais pas d’enfants, quasiment pas. Mes amis et moi-même avons un talent pour retarder tout engagement, ce n’est pas calculé, c’est ainsi, surtout les filles sont rares, donc nous sommes loin de commencer à fonder des familles. Mais qui sait, cela peut arriver vite. Les enfants (j’explique pour ceux qui ne connaissent pas) sont de petits êtres supérieurement intelligents, émouvants et imaginatifs. Leur enthousiasme est sans limite, ils rient, sont capable d’être du plus grand sérieux et ils sont curieux.  Ils sont si différents des adultes que je fais le pari que rien ne les relie d’un point de vue zoologique. Il n’ s’agit pas d’espèces différentes mais de classes différentes, aussi différentes que peuvent l’être les oiseaux et les mammifères. Je ne dis pas que les enfants sont des oiseaux, mais sans doute ils ont comme ancêtres communs les dinosaures. Cela ne m’étonnerait pas. Je n’avais pas été aussi ému depuis une éternité. Parmi toutes les bêtises que fait l’humanité, une la sauve et lui pardonne tout, ce sont les enfants. Il reste un mystère. Par quelle criminelle machinerie, par quelle infernale transsubstantiation, par quelles tortures les enfants sont ils passés pour être transformés en adultes ? Il y a un crime à dévoiler. C’est un crime qui est une industrie, une grande usine.

Ce mercredi soir à 19h, signature avec Jakuta à la librairie Les Coquillettes. L’immeuble a en partie brûlé il y a quelques jours.

  • 1. Laurence  |  20 janvier 2010 à 16h57

    « Par quelle criminelle machinerie, par quelle infernale transsubstantiation, par quelles tortures les enfants sont ils passés pour être transformés en adultes ? » Hypothèses : le conformisme social ? L’apprentissage collectif de l’inhibition ? Un bug dans le programme biologique ?

  • 2. scorpene  |  25 février 2010 à 21h49

    la déception amoureuse? la fatigue d’un corps lourd? l’isolement invisible? la trahison?

    Ou sinon, on parlait de Deplechin sur un autre message, son premier film (la sentinelle) racontait très bien le sujet (en tout cas un certain angle de vue)

  • 3. Martin  |  1 mars 2010 à 20h08

    @ scorpene : La sentinelle est un de mes films préférés

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