23 février 2010

Gwendolyn + Raul


Je disais que le couple d’Hilberg (cf. le texte sur La politique de la mémoire) s’était brisé à cause de l’obsession de l’historien pour son travail. Rassurez-vous : Raul Hilberg s’est remarié, avec une femme prénommée Gwendolyn (un nom de conte de fée). Ils sont restés ensemble jusqu’à la mort d’Hilberg, d’un cancer des poumons (il ne fumait pas). Il ne s’agit pas de cancans, de voyeurisme oiseux sur la vie d’une personnalité. Non. Je suis simplement heureux que les auteurs que j’aime semblent heureux ; je suis heureux que les auteurs que j’aime paraissent, de loin, de mon forcément myope point d’observation, avoir construit une vie qui tient debout, avec de l’amour et de l’amitié.

21 février 2010

nécessité du retard


J’ai reçu des histoires écrites par des élèves d’une école de Villeurbanne. Ils sont en CM1. Très beaux textes. Je termine ces jours-ci un livre pour la collection medium (donc pour les enfants plutôt après dix onze douze ans) de L’école des loisirs, une histoire de vengeance. Evidemment je suis en retard. Je passe ma vie à être en retard quand il s’agit de rendre un texte, un roman. Tout se termine bien, les retards ne sont pas si importants ; mais il sont inévitables. Je pense que le temps du retard est un temps particulier où se jouent des choses qui ne peuvent apparaître pendant le temps normal d’écriture. Ce retard a un sens et une fonction. Le retard est une phase du travail, et c’est une phase nécessaire. C’est un moment précieux, presque magique, pendant lequel le temps change et l’écriture aussi. Il faut apprendre à se servir du retard. C’est un art. Le retard ne doit pas être trop important sinon on ne pourra que bâcler. Il permet l’expression de choses qui n’étaient pas encore sorties. Il nous énerve, il nous stresse, mais finalement c’est une petite divinité positive.

J’ai légèrement corrigé mon texte sur le livre autobiographique d’Hilberg (La Politique de la mémoire) (publié une première fois sur la petite marchande de bombes).

Soleil incroyable ce matin. Hier promenade dans les bois. Une promenade qui a duré une heure. Une heure. Parce que c’est simple, parce que je peux travailler pendant que ça cuit, parce que c’est sain, je mange essentiellement des soupes. Rien de sophistiqué, des légumes coupés (ou pas), des herbes, un carré de bouillon bio rapunzel (et encore pas à chaque fois). Et puis c’est bon.

20 février 2010

glissement temporel


Je me suis réveillé ce matin pensant que nous étions vendredi, songeant que j’avais encore un jour pour terminer un travail ; le week-end serait libre pour commencer autre chose. C’est en lisant un blog que je me suis aperçu que nous étions samedi. Bien sûr aucun jour n’a disparu, ce n’est pas possible ; et pourtant pendant quelques minutes j’ai eu l’impression que j’avais manqué un jour, que par inadvertance j’avais loupé le train de vendredi et que je n’en avais pas fait partie. Il a fallut que je vérifie la liste des emails reçus et envoyés pour reconstituer ces trois derniers jours. Mon vendredi est bien là, jeudi aussi, j’ai reconstruit l’enchaînement de mes journées. Cela tient au fait que mes journées sont assez uniformes cette semaine, consacrées à l’écriture de textes critiques ; j’ai le nez dans ma documentation, j’écris dans mon carnet, je réécris sur mon ordinateur, je corrige. Je ne sors pas assez (j’ai tort ; alors aujourd’hui je suis allé marcher dehors, il y a encore de la neige partout, les oiseaux chantent, le printemps est palpable), je n’ai parlé à personne, je me suis couché tard et réveillé tôt, encore fatigué. Il faut que je m’organise autrement. Expérience troublante et excitante d’avoir vécu un moment de science-fiction, une nouvelle de Philip K. Dick, quasiment un épisode de Twilight Zone.

19 février 2010

Mark Twain


J’écris un texte sur Mark Twain et j’ai découvert qu’un traducteur, Freddy Michalski a entrepris de traduire des inédits (et de retraduire des textes plus connus) aux éditions L’oeil d’or. Sont déjà disponibles : Le journal d’Adam et le journal d’Eve (nouvelle traduction), L’étranger mystérieux, Le prétendant américain (et Huck Finn). Les éditions sont illustrées (par Sarah d’HAEYER, c’est très beau). Twain fait partie de ces auteurs connus/méconnus, on a lu ou entendu parlé de Tom Sawyer (ou vu le dessin animé, comme moi et j’imagine l’essentiel des gens de ma génération) et Huckelberry Finn, éventuellement Le Prince et le Pauvre et Un Yankee à la cour du Roi Arthur. Mais son oeuvre est bien plus riche et diverse (et très politique). Bon je retourne à mon texte justement.

19 février 2010

New York et Paris


Un blog créé par Penguin et mon éditeur Thomas Roberge sur mon avant-dernier roman, Peut-être une histoire d’amour, dont le titre américain est The discreet pleasures of rejection. Pourquoi le titre n’est pas le même ? Hm. Hypothèse : parce que les éditeurs américains doivent être un peu inquiets à l’idée de sortir un roman français. Ils ont donc fabriqué un titre explicatif et qui souligne (et qui rappelle Le charme discret de la bourgeoisie, un film qui est connu, enfin disons assez connu là-bas, en tout cas qui a laissé une empreinte, même vague, dans les esprits). La couverture est belle je trouve. Le blog est l’occasion d’un jeu de questions/réponses. Les questions sont de mon éditeur. Je n’ai pas relu mes réponses, j’espère que Tom a corrigé mes fautes (ou peut être les a-t-il laissé par souci d’intégrité… argh). Mon anglais n’est pas extra. Mais c’est l’occasion de parler du livre, de mes influences etc. En général Tom me pose une nouvelle question chaque semaine (je viens d’en recevoir une et il faut que je m’y attelle).

Entretien à l’Hôtel de Ville de Paris avec une femme du service de presse (ou service communication?) à propos de La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique. C’était très sympa. Nous nous sommes longuement baladés dans les salons avant de trouver un endroit où nous poser (des groupes en visite surgissaient tout le temps). Contrairement à ce qui est écrit (je me suis sans doute mal exprimé ; ce n’est pas très grave, ce n’est pas un point important), ce n’est pas un roman à clé, pas du tout. Extraits audio de notre entretien qui a bien duré vingt minutes. A un moment je lis un passage de mon roman, je ne lis pas bien, j’étais un peu tétanisé comme toujours dès qu’il s’agit de parler en public. J’aimerais bien avoir avoir la facilité de ces gens qui sont pareils en public et en privé.

16 février 2010

Peter Luik


Cette nuit j’ai appris la mort de Peter Luik, notre professeur d’allemand ici à l’Akademie Schloss Solitude. Nous sommes tous sous le choc. Il est mort, seul chez lui, suite à une grippe et à ses complications. Je ne sais pas quel âge il avait exactement, autour de cinquante ans je pense. C’était un excellent prof. Je n’en ai jamais eu de meilleur. Il nous faisait cours une fois par semaine. J’étais dans le cours des débutants avec quelques autres fellows. Il voulait nous apprendre à parler allemand ; son enseignement était pragmatique et enthousiaste. La grammaire devenait intéressante avec lui, les déclinaisons du datif et de l’accusatif nous devenaient familières. Ses cours étaient passionnants, drôles, captivants. Il avait sa méthode (lien vers son site : il proposait aussi des cours d’allemand couplés à des cours de gym ; il avait développé toute une pensée de l’apprentissage c’était hétérodoxe, joyeux et efficace) ; souvent, comme pour des enfants, il utilisait une petite voiture ; et ça marchait. Il me faisait penser à un acteur (je trouvais qu’il avait quelque chose de la verve de Brad Pitt dans le dernier Tarantino) ; il était doué, habité, magnifique, en même temps que discret, sensible et attentif aux autres. Lors du dernier cours je lui avais dit qu’il était prof génial. On oublie notre fragilité, on ne pense pas à se dire des choses importantes, que l’on s’aime, que l’on s’apprécie. Il faut le faire. La réserve que nous avons tous à l’égard les uns des autres m’insupporte. Une pensée pour Peter. Ruhe in Frieden. On ne t’oubliera pas.

14 février 2010

MAGIQUE


Je suis arrivé en Allemagne ; je retrouve le calme, le silence, mes journées de travail sans interruption. Ces quinze jours à Paris ont été riches et éprouvants : journalistes, visite à une amie opérée d’un cancer à Curie (hello Anne F.), concert de musique baroque à l’auditorium du Louvre (merci toxica), pas mal de rendez-vous, mes amis. Alix, mon éditrice aux éditions de l’Olivier, a lu les histoires pour le livre que je suis en train de faire avec Quentin Faucompré, et tout va bien. Il ne manque plus qu’une histoire à écrire.

Emission délirante sur arte (visible sur le net) : « huit journalistes en colère ». Le conformisme et le cynisme se portent bien. La différence entre la Pravda soviétique et la quasi-totalité de la presse française c’est la polyphonie de celle-ci. C’est une différence acoustique. Si Axel Ganz pense qu’internet est le mal incarné cela renforce ma conviction que c’est ici que se disent les choses les plus intéressantes et les plus libres.

Je viens d’écouter un entretien avec Malalaï Joya, députée afghane (à écouter sur le site Là-bas.org). Députée exclue de l’assemblée. Je vous conseille d’écouter ça.

Une amie vient de me dire que j’étais un petit peu misogyne, je n’ai pas exactement compris pourquoi. Je suis un peu vexé. Mais elle doit avoir raison (j’ai de grandes capacités à la culpabilité) (elle me disait aussi qu’il était socialement admis d’être misogyne, que ça pouvait même être cool ; elle trouvait ça indéfendable, et elle a raison : on laisse passer trop de choses, des choses qui ne sont pas anodines).

Je me suis remis à écrire au stylo plume ; et je découvre le plaisir de manier cet outil, l’encre et ses nuances sur mon cahier, les flacons d’encre. J’en avais assez de jeter mes stylos usagés. Je veux m’attacher, je veux des choses solides. On ne peut pas passer son existence à se débarrasser de tout sans que notre âme n’en soit changé. Les monuments de notre époque sont des décharges.

J’aimerais bien être celui qui invente les noms des encres J. Herbin ou Noodler’s. Ce serait un chouette métier.

Article sur Chesterton terminé. Il a l’image d’un auteur brillant mais aussi d’au auteur catholique et réactionnaire. Il ne faut pas le laisser à la droite et aux catholiques ; ils le servent mal, on est pas loin du kidnapping. Je suis pour une collectivisation de Chesterton. Il est pour tout le monde. Une citation : « Ma première et ma dernière philosophie (en laquelle je crois avec une certitude inébranlable), je l’ai apprise dans mon enfance. Les choses que je croyais alors, les choses auxquelles je crois aujourd’hui, sont ce que l’on appelle des contes de fées. Ce sont des choses parfaitement raisonnables. Ce ne sont pas des fantaisies. » Plus loin il écrit : « L’arbre donne des fruits car il est MAGIQUE. La rivière coule de la montagne car elle est MAGIQUE ». Comment ne pas aimer cet homme ?

Il y a de grands poètes vivants. Jean-Claude Pirotte est là, pas loin, il écrit et publie. Il faut lire sa chronique dans Lire. Et ses poèmes. Nous nous écrivons depuis deux ans ; à chaque fois il fait une aquarelle sur l’enveloppe, ou au moins un dessin. Cela me touche infiniment. Je connais peu de personnes si généreuses et si élégantes. J’ai conscience de vivre quelque chose d’unique. Souvent on s’en rend compte après, quand le temps est passé, on comprend que l’on a été en contact avec la douceur et le génie, trop tard. Nous sommes entourés de gens de talent, de grands artistes. Mais, chez l’amateur d’art il y a un charognard qui attend la mort pour être capable de goûter quoi que ce soit. Il faut s’entraîner, se réveiller, c’est un travail : voir la beauté et l’originalité accessibles, si proches qu’on les ignore. Il faut lire Pirotte. Ce monde est dur et tout le monde semble faire un concours pour être le plus intransigeant, le plus réaliste. Un peu de douceur, par pitié, de gentillesse  ; c’est une autre façon de regarder.

Après un café avec le dessinatrice Sandrine Bonini (nous avons un livre en projet), je voulais aller boire un thé chez T’cha, rue du pont de Lodi ; mais à 11h il n’était pas encore l’heure des dégustations. Alors, une camarade dessinatrice et moi nous avons bien été obligé de nous rabattre sur (brrr!) Mariage Frères (pour ceux qui ne connaissent pas : une sorte de pâtisserie salon de thé, un genre de Ladurée ; il est plus sage d’y aller pour le décor et l’ambiance que pour le thé). C’est agréable, parfumé, calme, bourgeois ; on nous sert le thé déjà infusé dans des théières immenses (une chacun). Je ne connais pas les thés indiens j’ai donc commandé un darjeeling qui m’a semblé correct (il avait un nom bizarre comme « Montagne sacrée verte et bleue mangée par une hirondelle »). Nous avons beaucoup parlé de la franchise, de la douceur en amitié, et de la capacité de se réjouir. Nous étions d’accord : l’amitié est une chose précieuse, qui mérite d’être pensée. Et qui ne l’est quasiment jamais.

Dès le départ je n’ai pas su comment faire avec facebook. Je prends ça comme une sorte d’annuaire. Bien sûr je ne connais pas la plupart de ceux qui y sont mes amis ; mais je ne me vois pas refuser quelqu’un qui me demande d’être son « ami » facebook. Cela me rappellerait trop la cour de récréation.

Histoire bizarre concernant une jeune écrivaine allemande nommée Helene Hegemann à propos d’une nouvelle que j’ai écrite il y a des années et qui a été traduite et publié par Wagenbach Verlag (ensuite adapté pour l’écran par un metteur en scène allemand, Benjamin Teske). Il y a du brouhaha, mais le brouhaha ne dit rien, je ne connais pas cette fille, difficile de juger, mais j’aimerais en savoir plus ; si quelqu’un a le texte qu’elle a publié dans Vice magazin, cela m’intéresserait (danke).

Je réécoute beaucoup Belle & Sebastian. Waaaa.

10 février 2010

poste


Je viens de lire qu’il est impossible d’être publié en envoyant son manuscrit par la poste. Bien sûr c’est autrement plus facile quand on connaît quelqu’un, quand on fait partie d’un milieu parisien propice aux rencontres, aux relations. Le milieu de l’édition n’est pas différent des autres, le népotisme est la règle. C’est une donnée à prendre en compte ; s’en plaindre ne changera rien. Cela n’empêche pas que des manuscrits envoyés par la poste sont publiés. C’est mon cas, c’est le cas de plusieurs écrivains que je connais. Ce n’est pas la voie la plus facile, ça demande plus d’acharnement, plus de travail et de rigueur. C’est le moyen de tester sa vocation. Il reste que de très bons romans sont publiés sans être passés par la poste. Et que des très bons romans sont ignorés car simplement postés par des inconnus (une pensée pour John Kennedy Toole).

9 février 2010

maître eolas


Article passionnant de maître eolas ici.

Dans notre bande de célibataires, une bonne nouvelle : A. a une amoureuse (après une histoire triste, aventure malheureuse suite à une relation née sur meetic, le lieu où semble-t-il les filles chassent les garçons romantiques pour profiter de leur corps- ah ah). Tout cela me rappelle ce film de Lubitsch : The Shop around the corner (et son quasi remake que j’aime beaucoup, réalisé par Norah Ephron). Certains réussissent leur vie professionnelle (enfin… dans la mesure où on peut considérer que réussir a du sens, ce dont je doute ; disons : ils font ce qu’ils aiment), d’autres ont une vie sentimentale.  Quelques rares spécimens ont les deux. Croit-on.

J’aime écouter des dizaines de fois la même chanson ; ce soir Where do the children play, de Cat Stevens, (34 fois) chanson associée dans mon esprit à Harold & Maude, sans doute mon film préféré (ce n’est pas très chic de dire ça, j’en suis conscient ; c’est drôle et idiot : je connais pas mal d’écrivains qui avouent des goûts et des dégoûts en privé mais qu’ils ne dévoileraient jamais en public ou à un journaliste -on a peur de ne pas être bien vu, cela donne une idée de la pression, de la coercition qui tient le milieu littéraire). J’étais allé le voir avec une amie ; elle avait pleuré. Il n’y a pas de film plus émouvant et plus profond. Ce soir la chanson suffit. Il y a des chansons qui peuplent, je veux dire qui doucement, peu à peu, remplissent toute la pièce, donnent leurs couleurs, leur sens. Elles règnent. Alors ce soir Where do the children play règne et c’est le seul régime politique auquel je désire prêter allégeance.

Brunch d’anniversaire avec un ami (Lionel) dimanche matin. Nous nous retrouvons dans un café du boulevard Montparnasse, nous parlons et nous ratons la séance prévue. Nous avons raté les séances de très bons films ; nous ne ratons pas au hasard. Puis nous avons marché. Le temps était doux. Nous avons parlé amour, entre autres choses.

Encore un idiot qui a trouvé mon dernier roman très amusant alors qu’il est mélancolique. Je crois que pour tout un tas de gens la mélancolie est risible. Tant pis pour eux. Il paraît que toutes les lectures sont possibles. Après tout ce n’est pas parce qu’on manque de sensibilité qu’on n’a pas le droit de porter un jugement.

Pour l’émission de télé à laquelle j’ai participé, nous avions rendez vous dans un café, La Cl. des L. Étrange. Cela avait un côté Mort à Venise. Triste, maladif, en voie de putréfaction. Ce café est le symbole d’un monde qui n’existe plus, un musée de cire qui vit sur son héritage. C’est un symptôme que de rester attacher à ces cafés littéraires parisiens. Les écrivains ne vivent plus dans ces quartiers, ils n’ont pas les moyens de se payer un verre dans ces endroits, et puis ils ne le voudraient pour rien au monde. Cages de verre où s’exhibent des personnages sérieux et ridicules, parfois jeunes maréchaux d’Empire de la littérature, ambitieux, ils sont comme les catholiques à Lourdes ou les traders à la City.

6 février 2010

un bref voyage de deux cent jours


Deux jours dans le Morvan où Gérard Oberlé m’avait invité à venir le voir. Il s’est remis (et continue à se remettre) d’une opération du coeur, de deux avc, de cinq semaines de coma et d’infections multiples attrapées à l’hôpital. Comme il le dit c’est un miracle qu’il soit là. Aude m’a accompagné (elle avait beaucoup aimé son Mémoires de Marc-Antoine Muret). Départ de Paris, changement à Nevers : nous en avons profité pour voir toute la ville en traînant nos bagages, la cathédrale, la palais ducal, la rue du faux-pas, la petite boulangerie, la charcuterie et sa porte en cuillères, je crois que nous sommes devenus des spécialistes de Nevers. Nous avons couru pour ne pas rater le train en direction de Cergy la Tour, notre destination. Deux belles journées. Gérard est un excellent cuisinier (et son assistant Tristan n’est pas moins doué, et il est de très bonne compagnie et passionnant) ; surtout il habite une maison de livres. Il y en a partout. Plusieurs salles de bibliothèques, oeuvres de toutes les époques. Cette maison s’écroulerait sans ces livres. Pour les lire, les feuilleter, en discuter, il faudrait y bivouaquer des mois. Parfois une journée en vaut cent. Nous avons beaucoup parlé ; Gérard surtout évidemment, qui avait mille histoires, qui semble fait lui-même de livres. Aude et moi avons noté les noms d’auteurs, de compositeurs qui nous étaient inconnus : Norge et Marcel Thiry sont les deux que j’ai retenu en particulier ; deux poètes dont Gérard nous a lu des passages. C’est magnifique. Il est injuste qu’ils ne soient pas plus connus.

Hier soir dîner chez Thomas Reverdy et Marine, qui m’ont hébergé pour la nuit. On connaît cette fameuse phrase « Qu’emporteriez-vous sur une île déserte? » C’est une question bête, car nous y sommes sur l’île déserte ; patiemment j’essaye d’y habiter pleinement et de mettre mon île en commun avec celle de mes amis. Thomas et Marine, les inadaptés magnifiques, J, A. et d’autres.

6 février 2010

le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny sur Orge


Enregistrement de l’émission Field dans la nuit. Je suis assis à côté de l’actrice Rachida Brakni. Nous bavardons sous le feu de dizaines de projecteurs ; il y a de l’interrogatoire à la télévision. Toute l’équipe a été charmante (ce n’est pas toujours le cas -une récente expérience malheureuse sera l’objet d’une nouvelle un jour, ainsi qu’une expérience tout aussi désagréable avec un libraire -je n’oublie rien, je note), les invités détendus et intéressants. Quant à moi j’ai été distrait et hésitant. Mais après-midi agréable. R. B. et moi avons été dans le même lycée à Savigny sur Orge, en banlieue sud, les mêmes années. Un grand lycée ; elle faisait partie de la troupe théâtrale (hello mr Albe) ; moi je ne faisais partie de rien du tout. Ce que je retiens de la télévision, d’une émission de télévision : la nourriture. Il y en a partout ; des petits fours, des fruits, des gâteaux, des bonbons, des fruits.