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	<title>Commentaires sur : MAGIQUE</title>
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	<pubDate>Fri, 25 May 2012 12:09:25 +0000</pubDate>
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		<title>Par : Martin</title>
		<link>http://www.martin-page.fr/2010/02/14/magique/#comment-759</link>
		<dc:creator>Martin</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 17:07:51 +0000</pubDate>
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		<description>@Serge Anselme : merci</description>
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		<title>Par : serge ANSELME</title>
		<link>http://www.martin-page.fr/2010/02/14/magique/#comment-755</link>
		<dc:creator>serge ANSELME</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 19:59:24 +0000</pubDate>
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		<description>J'aime aussi Pirotte, voici un texte paru dans une revue publié en Isère "Arpentages" regards, littératures, poésie ; j'ai commis ce petit texte sur quatre "amis"

Les quatre barbus

Il m’arrive certains matins, entre le breuvage des hauts plateaux éthiopiens et la pâte dentifrice, d’abandonner mon Pessoa quotidien pour quelques lignes de Pierre Autin-Grenier. Bien sûr l’incrédule qui, malgré le moka, sommeille encore en moi s’interroge un instant. A quoi bon délaisser l’intranquilité pour une éternité inutile ? Pourquoi dédaigner, temporairement il est vrai, un grand cru millésimé au profit d’un vin de terroir même de qualité supérieure ? Et bien c’est là que le cinquantenaire pas encore vieux con mais déjà sur les rails peut afficher sans passion quelques certitudes qui ne passeront pas forcement la matinée ni ne convaincront les adeptes de modernité à tous crins. En écriture les grands crus ayant franchi les siècles ne s’éventent ni ne madérisent. Parfois ils n’évoluent plus, mais au moins est-on certain de les retrouver là où on les a laissés. Quant au terroir pour peu qu’on y ait trempé quelques racines personnelles, il a des saveurs égoïstes dont il ne faut pas priver le quidam qui sait que tout cela ne durera pas. Et s’il faut s’y coller tôt dans la journée c’est que l’Autin-Grenier n’est pas filtré. Aussi ne se prend-il pas entre chien et loup ou alors avec force fillettes de beaujolais afin de contrecarrer un élan biliaire toujours possible chez le pâtre esseulé dans sa bergerie à nuit tombante. Mais quoi un gars qui, lorsque tout semble virer à la catastrophe se carapate au pays de la porcelaine se justifiant d’une interrogation : «  Pourquoi prétendre au bout du monde quand Limoges est, si je puis dire, à portée de main et qu’on trouve là-bas tout ce qui suffit à son bonheur ? » ne vous donne t-il pas envie de tenter l’approche ? Permettez moi de vous le dire : Si posé sur la lunette des water-closet à lire les descriptions des petits mâtins blêmes qui font plus qu’à leur tour les aubes de l’auteur, un sourire ne vous vient aux lèvres, fruit d’une connivence fraternelle à notre commune condition, c’est que vous êtes définitivement constipé. Il n’y a plus rien à espérer. L’Autin-Grenier est formel : «  vivre d’espoir c’est déjà crever d’ambition ».  

Antoine Blondin n’a commis que quatre romans. De quoi satisfaire l’épris de concision que liquéfie la vue des Rougon-Macquart et des Hommes de bonne volonté reliés de cuir dans la bibliothèque de palissandre au fond du salon. Pour l’Antoine il suffira d’une tablette en bois d’arbre. Patinée comme un zinc de café des sports. Il faudra quand même ajouter les six cents chroniques quotidiennes écrites entre 1954 et 1982 chaque mois de juillet dans les hôtels étapes du tour de France cycliste. Et puis Monsieur Jadis, forme blondinienne  d’autobiographie. Comptez moins d’un mètre sur l’étagère. Un peu plus au comptoir. « Après la seconde guerre mondiale, les trains recommencèrent à rouler. On rétablit le tortillard qui reliait notre village à la préfecture. J’en profitai pour abandonner ma femme et mes enfants qui ne parlaient pas encore. Ma femme, elle, ne parlait plus. C’est donc dans un grand silence que je pris le chemin de la gare, par l’avenue dont les platanes venaient d’être émondés. » Lire les premières pages de l’humeur vagabonde c’est entrer en Blondinerie. Définitivement. Lire une chronique c’est s’envoyer une pinte de Guiness à Dublin ou siroter un cognac au soleil mordoré du sud-ouest. Blondin, les mots, la phrase, l’écriture. Blondin doué et paresseux. Antoine, paraît –il, n’aurait pas toujours été fréquentable ? Ne serait pas recommandable ? Mais il s’agit de littérature que diable, et non de déification ! Simplement prendre son pied un bouquin entre les mains. Ca vaut bien le monde qu’on nous propose. Et puis, « Un jour, peut-être, nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n’auront plus de secrets pour nous. Un jour, nous prendrons des trains qui partent ».

Putain de vie qu’il faut bien vivre ; ou mal. Qui en dira les différences s’il y en a ? Dimey était de ceux qui ne transigent pas. Ou alors tout le temps. Car il faut bien vivre. Ou mal. Et boire. Et parler. Jusqu’à ce que le jour éteigne les mots. Il est des alexandrins de zinc qui valent tout l’or du Transvaal. S’il a changé d’église c’est qu’il faut bien mourir aussi. En tous cas. Mystique ou ras la touffe il n’est de Dimey que bonheur à lire, bonheur à dire. Entre le rire et l’effroi. Et puis boire encore. « Jusqu’à voir le cul de la bouteille pour ne rien regretter. »   

Jean Claude Pirotte aurait élu domicile en Cabardès. Ou en Revermont. Il viendrait de Hollande mais serait originaire de Namur. La Charente aussi. Et peut-être bien les Ardennes. Avant ou après. Avant quoi ? Il y aurait une absence de chronologie, un cheminement aléatoire, un flou : comme un souvenir ; à moins qu’il ne s’agisse d’un rêve.
A bien chercher on distinguerait quelques repères.
« Il faut prendre du temps pour lire »
« Jamais une journée sans écrire »
Si peu. Resterait l’incertitude.
« On n’entre pas dans une peinture comme dans un moulin…mais quand on est entré on ne sait plus comment en sortir. »
La littérature de Pirotte est ainsi. Vous restez là ; rarement satisfait ; jamais rassasié ; et toujours attiré. Un peu de charme au royaume de l’indicible, de l’éphémère.

Pierre AUTIN-GRENIER
Je ne suis pas un héros, récits, « l’Arpenteur », 1993, Editions Gallimard  
Toute une vie bien ratée, récits, « l’Arpenteur », 1997, Editions Gallimard
L’éternité est inutile, récits, »l’Arpenteur, 2002, Editions Gallimard   

Antoine BLONDIN
Les enfants du bon Dieu, la Table Ronde, 1952 -L’humeur vagabonde, la Table Ronde, 1955 - Un singe en hiver,  la Table Ronde, 1959 – L’Europe buissonnière, la Table Ronde 1961 – Tours de France, Chroniques de « l’Equipe », la Table Ronde, 2001  

Bernard DIMEY
Je ne dirai pas tout, Christian Pirot, 1991- Sable et cendre, Christian Pirot, 1992 – Le milieu de la nuit, Christian Pirot, 1991, Kermesses d’antan, Christian Pirot, 1998 -  

Jean Claude PIROTTE
Les conte bleus du vin, Le temps qu’il fait, 1988 
Un été dans la combe, La petite vermillon n°13, 1993
Autres arpents, la Table Ronde, 2000</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;aime aussi Pirotte, voici un texte paru dans une revue publié en Isère &#8220;Arpentages&#8221; regards, littératures, poésie ; j&#8217;ai commis ce petit texte sur quatre &#8220;amis&#8221;</p>
<p>Les quatre barbus</p>
<p>Il m’arrive certains matins, entre le breuvage des hauts plateaux éthiopiens et la pâte dentifrice, d’abandonner mon Pessoa quotidien pour quelques lignes de Pierre Autin-Grenier. Bien sûr l’incrédule qui, malgré le moka, sommeille encore en moi s’interroge un instant. A quoi bon délaisser l’intranquilité pour une éternité inutile ? Pourquoi dédaigner, temporairement il est vrai, un grand cru millésimé au profit d’un vin de terroir même de qualité supérieure ? Et bien c’est là que le cinquantenaire pas encore vieux con mais déjà sur les rails peut afficher sans passion quelques certitudes qui ne passeront pas forcement la matinée ni ne convaincront les adeptes de modernité à tous crins. En écriture les grands crus ayant franchi les siècles ne s’éventent ni ne madérisent. Parfois ils n’évoluent plus, mais au moins est-on certain de les retrouver là où on les a laissés. Quant au terroir pour peu qu’on y ait trempé quelques racines personnelles, il a des saveurs égoïstes dont il ne faut pas priver le quidam qui sait que tout cela ne durera pas. Et s’il faut s’y coller tôt dans la journée c’est que l’Autin-Grenier n’est pas filtré. Aussi ne se prend-il pas entre chien et loup ou alors avec force fillettes de beaujolais afin de contrecarrer un élan biliaire toujours possible chez le pâtre esseulé dans sa bergerie à nuit tombante. Mais quoi un gars qui, lorsque tout semble virer à la catastrophe se carapate au pays de la porcelaine se justifiant d’une interrogation : «  Pourquoi prétendre au bout du monde quand Limoges est, si je puis dire, à portée de main et qu’on trouve là-bas tout ce qui suffit à son bonheur ? » ne vous donne t-il pas envie de tenter l’approche ? Permettez moi de vous le dire : Si posé sur la lunette des water-closet à lire les descriptions des petits mâtins blêmes qui font plus qu’à leur tour les aubes de l’auteur, un sourire ne vous vient aux lèvres, fruit d’une connivence fraternelle à notre commune condition, c’est que vous êtes définitivement constipé. Il n’y a plus rien à espérer. L’Autin-Grenier est formel : «  vivre d’espoir c’est déjà crever d’ambition ».  </p>
<p>Antoine Blondin n’a commis que quatre romans. De quoi satisfaire l’épris de concision que liquéfie la vue des Rougon-Macquart et des Hommes de bonne volonté reliés de cuir dans la bibliothèque de palissandre au fond du salon. Pour l’Antoine il suffira d’une tablette en bois d’arbre. Patinée comme un zinc de café des sports. Il faudra quand même ajouter les six cents chroniques quotidiennes écrites entre 1954 et 1982 chaque mois de juillet dans les hôtels étapes du tour de France cycliste. Et puis Monsieur Jadis, forme blondinienne  d’autobiographie. Comptez moins d’un mètre sur l’étagère. Un peu plus au comptoir. « Après la seconde guerre mondiale, les trains recommencèrent à rouler. On rétablit le tortillard qui reliait notre village à la préfecture. J’en profitai pour abandonner ma femme et mes enfants qui ne parlaient pas encore. Ma femme, elle, ne parlait plus. C’est donc dans un grand silence que je pris le chemin de la gare, par l’avenue dont les platanes venaient d’être émondés. » Lire les premières pages de l’humeur vagabonde c’est entrer en Blondinerie. Définitivement. Lire une chronique c’est s’envoyer une pinte de Guiness à Dublin ou siroter un cognac au soleil mordoré du sud-ouest. Blondin, les mots, la phrase, l’écriture. Blondin doué et paresseux. Antoine, paraît –il, n’aurait pas toujours été fréquentable ? Ne serait pas recommandable ? Mais il s’agit de littérature que diable, et non de déification ! Simplement prendre son pied un bouquin entre les mains. Ca vaut bien le monde qu’on nous propose. Et puis, « Un jour, peut-être, nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n’auront plus de secrets pour nous. Un jour, nous prendrons des trains qui partent ».</p>
<p>Putain de vie qu’il faut bien vivre ; ou mal. Qui en dira les différences s’il y en a ? Dimey était de ceux qui ne transigent pas. Ou alors tout le temps. Car il faut bien vivre. Ou mal. Et boire. Et parler. Jusqu’à ce que le jour éteigne les mots. Il est des alexandrins de zinc qui valent tout l’or du Transvaal. S’il a changé d’église c’est qu’il faut bien mourir aussi. En tous cas. Mystique ou ras la touffe il n’est de Dimey que bonheur à lire, bonheur à dire. Entre le rire et l’effroi. Et puis boire encore. « Jusqu’à voir le cul de la bouteille pour ne rien regretter. »   </p>
<p>Jean Claude Pirotte aurait élu domicile en Cabardès. Ou en Revermont. Il viendrait de Hollande mais serait originaire de Namur. La Charente aussi. Et peut-être bien les Ardennes. Avant ou après. Avant quoi ? Il y aurait une absence de chronologie, un cheminement aléatoire, un flou : comme un souvenir ; à moins qu’il ne s’agisse d’un rêve.<br />
A bien chercher on distinguerait quelques repères.<br />
« Il faut prendre du temps pour lire »<br />
« Jamais une journée sans écrire »<br />
Si peu. Resterait l’incertitude.<br />
« On n’entre pas dans une peinture comme dans un moulin…mais quand on est entré on ne sait plus comment en sortir. »<br />
La littérature de Pirotte est ainsi. Vous restez là ; rarement satisfait ; jamais rassasié ; et toujours attiré. Un peu de charme au royaume de l’indicible, de l’éphémère.</p>
<p>Pierre AUTIN-GRENIER<br />
Je ne suis pas un héros, récits, « l’Arpenteur », 1993, Editions Gallimard<br />
Toute une vie bien ratée, récits, « l’Arpenteur », 1997, Editions Gallimard<br />
L’éternité est inutile, récits, »l’Arpenteur, 2002, Editions Gallimard   </p>
<p>Antoine BLONDIN<br />
Les enfants du bon Dieu, la Table Ronde, 1952 -L’humeur vagabonde, la Table Ronde, 1955 - Un singe en hiver,  la Table Ronde, 1959 – L’Europe buissonnière, la Table Ronde 1961 – Tours de France, Chroniques de « l’Equipe », la Table Ronde, 2001  </p>
<p>Bernard DIMEY<br />
Je ne dirai pas tout, Christian Pirot, 1991- Sable et cendre, Christian Pirot, 1992 – Le milieu de la nuit, Christian Pirot, 1991, Kermesses d’antan, Christian Pirot, 1998 -  </p>
<p>Jean Claude PIROTTE<br />
Les conte bleus du vin, Le temps qu’il fait, 1988<br />
Un été dans la combe, La petite vermillon n°13, 1993<br />
Autres arpents, la Table Ronde, 2000</p>
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	<item>
		<title>Par : Martin</title>
		<link>http://www.martin-page.fr/2010/02/14/magique/#comment-754</link>
		<dc:creator>Martin</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 11:27:56 +0000</pubDate>
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		<description>Merci pour le lien Toxica.</description>
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		<title>Par : toxicavengeresse</title>
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		<dc:creator>toxicavengeresse</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 16:52:15 +0000</pubDate>
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<p>(non?)</p>
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