15 mars 2010

Mercredi nous avons été quelques fellows à nous rendre aux funérailles de Peter Luik, notre prof d’allemand ici à l’académie. Cela se passait à Reutlingen, à une petite heure de route. Trajet en van, l’équipe de documentariste (qui réalise un film sur quatre fellows) nous a suivi. Soleil et froid terrible. Le frère nous a accueilli. Il souriait, il semblait joyeux, en tout cas heureux de nous voir si nombreux. L’église (ou salle de recueillement je ne sais pas, ça fait partie du cimetière) n’était pas chauffée (ces chers chrétiens ont toujours dans l’idée qu’il faut bien souffrir). Si nous n’avions pas été là il n’y aurait pas eu grand monde. Cela a rajouté à la tristesse. Mais nous étions là, nous avons occupé les bancs sur trois rangées. Même si nous avons peu connu Peter, nous étions là, pour rendre hommage à ce que nous avions connu de cet homme, à ce que nous avions aimé chez lui, à ce que nous avions senti et deviné. Le frère a parlé (allemand et anglais), puis une sorte de prête (ou un maître de cérémonie). Le frère s’est assis, il nous tournait le dos, il a penché la tête et je l’ai vu sangloter. Quand il se relevait il retrouvait sa bonne mine. C’était poignant. Il nous a parlé de leur enfance, à son frère et à lui ; une enfance difficile et pauvre. Mais Peter avait réussi à s’en sortir. Il n’y avait pas de cercueil, mais une urne. Hamed Taheri (qui est metteur en scène) a lu le texte sur la perte que j’ai écris un peu après la mort de Peter. Puis un factotum a porté l’urne dans le cimetière. Un petit trou était fait dans le sol. L’urne a été descendu. Nous sommes tous allés déposer une fleur près de ce petit trou, à tour de rôle, hésitant sur l’ordre de passage. Nous avons dit quelques mots à Peter. J’ai commencé à parler en anglais (Peter parlait très bien anglais) et j’ai continué en français. Nous nous sommes ensuite retrouvés dans un petit restaurant en toile cirée et lambris au milieu de nulle part, pour un café et un gâteau.

Geneviève Brisac a lu mon roman et ses remarques sont justes. Un éditeur est un peu le surmoi d’un écrivain. Un roman terminé reste à finir.

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