30 juin 2010

Klemperer junior


Sur Vents Contraires, le site du théâtre du Rond-Point, naissance d’une chronique collective, je cite « Parce que la langue est le lieu d’un champ de bataille idéologique, pour résister au pouvoir, à tous les pouvoirs, il faut d’abord s’occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. »

Tout ça est chapeauté par un personnage nommé Klemperer Junior, en référence, en hommage à Victor Klemperer, linguiste juif allemand, auteur de LTI (Linguia Tertii Imperii) sur l’évolution de la langue sous le Troisième Reich. La référence aurait pu être Karl Kraus ou Orwell. La première chronique est signée Nathalie Kuperman, d’autres auteurs ont été contacté. Mais c’est une tribune ouverte à tout le monde, il suffit de proposer sa contribution au comité éditorial (un lien est inséré dans la page). Il n’y a pas de ligne stylistique autre que la lutte contre la novlangue. Les textes déjà écrits sont différents les uns des autres, certains très personnels, d’autres plus analytiques, tout est possible du moment que l’on défend un mot.

Premier texte ici.

Cette vigilance à l’égard de la langue semble, c’est heureux, mobiliser de plus en plus de gens. Je pense au LQR (Lingua Quintae  Respublicae) de Eric Hazan, aux sketchs de Franck Lepage (on peut aussi écouter l’émission de Là-bas s’y suis à laquelle il était invité), aux chroniques de Anne-Sophie Jacques sur le site de Arrêts sur Images.

Klemperer junior est aussi un clin d’oeil au Démocrite junior de L’Anatomie de la  Mélancolie (et peut être un peu à Frankenstein junior !), de Burton.

26 juin 2010

l’albinos et l’invention du monde extérieur


Je me suis aperçu vers vingt heures que je n’étais pas sorti de la journée. Je pense qu’à la fin de l’été je vais être albinos. Pour (il me semble) la millième fois j’ai relu une nouvelle et j’ai encore affiné et corrigé. Journée de nerd : tartines de beurre de cacahouétes (bon pas que), lecture de blogs (ici, ici, ici, ici, ici) et d’articles (sur Orwell par Jean-Jacques Rosat, sur drumbeat, mais surtout sur la liberté sur internet et les tentatives des gouvernements et des grandes entreprises de contrôler tout ça -il est rassurant de constater que des gens se battent pour ça, il faut les rejoindre, les lire), téléchargement de chromium pour peut-être remplacer firefox. Renseignements sur abiword pour peut être compléter bean (mon traitement de texte préféré, et gratuit -et abiword pour quand je passerai à linux). Relaxe définitive de La Rumeur après huit ans de harcèlement sarkozien. Un article d’Eva Joly dans laquelle elle parle de la peur qui règne dans la justice et les media. Je me suis abonné à Arrêts sur Images (soutenons la presse indépendante, à part le Canard et le Diplo, je n’en vois pas beaucoup, y compris sur le net). Ah et aussi échanges de mails avec Jean-Daniel et Laure A. du Rond Point pour une chronique collective en chantier sur le site du théâtre, Vents Contraires. Et puis Marc Molk a écrit un très beau texte qu’on peut lire sur son blog (Marc la Cagagne).

Un journaliste frappé par un garde du corps du président. Après le licenciement de deux humoristes critiques. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Pendant ce temps là sur facebook tout le monde parle de choses futiles (pas tout le monde heureusement). Bon sang on pourrait s’en servir pour autres choses, informer, discuter, s’énerver. Donc j’ai fait du ménage, j’ai restreint mon compte, j’ai enlevé des informations, fait une liste d’amis réels, masquer toutes les personnes qui font des commentaires sur leur nouvelle robe ou leur bébé. Vivement que le projet Diaspora naisse (ok ça aura ses défauts, mais ça ne sera pas le même truc commercial).

Finalement je suis sorti, le soleil avait sa douceur du soir. C’était très beau. Je suis resté un moment sans rien faire, à regarder. Une femme faisait du cerf-volant. Des gens sur la pelouse devant le château jouaient de la guitare et chantaient, mangeaient, buvaient J’ai rencontré deux fellows à la salle informatique de l’Akademie.  Sur le chemin du retour je me suis assis sur des marches pour relire un texte, il faisait doux, c’était très agréable.  J’ai bien regardé ces groupes d’amis et ces familles sur la pelouse et j’ai trouvé qu’on  était une belle espèce aussi (parfois), je me suis senti bien, proche. Je devrais essayer le monde extérieur un peu plus souvent, c’est vraiment une belle invention. Demain nous (quelques fellows, je ne sais pas qui encore) allons voir une exposition photo d’une ancienne résidente. Chouette, une sortie. C’est toujours un peu d’appréhension pour moi, mais en général ça se passe bien.

25 juin 2010

le contraire d’un phasme


Je déteste les points d’exclamation et les points de suspension. Pourtant j’ai laissé deux points d’exclamation dans un texte. J’ai bien essayé de les enlever, mais ça marchait moins bien, nettement moins bien sans. Cela m’a énervé un moment, puis j’ai du admettre qu’ils ont leur place, ça roule baby. Il doit bien y avoir aussi une fois (ou deux peut-être) des points de suspension. Cette nouvelle s’appelle Le contraire d’un phasme et elle fait partie du livre que Quentin Faucompré et moi avons fait et qui sort cet automne.

23 juin 2010

internet est un silex


Je suis curieux de voir comment les choses vont évoluer sur internet, pour les artistes et les journalistes particulièrement. Il y a déjà de belles expériences de crowfunding, comme spot.us, d’autres choses se mettent en place. C’est une période excitante. Internet c’est aussi un outil pour résister (on peut se servir de facebook etc pour autre chose que des débilités du genre « je suis à la plage » ou la promo -impression que les gens retrouvent une cour de récréation). Internet est un outil, une autre version du silex. L’oublier c’est l’abandonner à d’autres et se priver d’un moyen d’action.

Quelques parlementaires viennent de lancer un appel à la création d’un « greenpeace » de la finance. J’espère que cela va devenir une véritable association. On verra.

Deux humoristes virés de France Inter, Porte et Guillon. Je ne découvre leurs chroniques que récemment, via youtube et dailymotion. Plus que des humoristes, c’était les deux personnes les plus critiques à la radio. Peut-être qu’un jour il y aura suffisamment de personnes talentueuses virées et sans travail pour qu’il soit envisageable de créer un Democracy Now! (radio et télé indépendante) ou un Alternet.

Lassitude vis-à-vis des séries. Rien de passionnant depuis la dernière saison de In treatment (à part Mad Men et Breaking Bad).

Heureusement il y a des merveilles comme Cartola et son Preciso me encontrar (le clip est extra) :

21 juin 2010

la construction d’un monde


Un texte sur le site du théâtre du Rond-Point et la traduction en anglais de ma préface à L’âme humaine, de Wilde.

L’importance donnée par beaucoup de media à une affaire sportive sans importance continue à achever le peu d’estime que l’on pourrait encore avoir pour ceux-ci (France Culture ouvre son journal sur ce truc, c’est désespérant). Bien sûr in fine pour certains il s’agit de transformer les problèmes économiques en problèmes culturels et religieux. Pour la plupart des journaux il s’agit simplement de suivre le bruit fait par les petits camarades, sans réfléchir. Et ainsi se construit un monde.

19 juin 2010

un sport de combat contre la pesanteur


Ce soir tentative de regarder un match de foot avec les fellows. Beaucoup de bruit pour rien, j’ai tenu dix minutes. J’ai lu des articles sur le football, les artistes et le foot, des sujets comme ça. On faisait la liste des écrivains qui aimaient le foot, on en tirait une valeur, une profondeur, on en profitait pour accuser de mépris ceux qui n’aimaient pas. Ce que ne dit pas le journaliste c’est que le foot au temps de Camus n’a rien à voir avec celui de notre époque. C’était une autre affaire. Un autre sport. Et puis les spectateurs (dans le stade) soufflaient dans des trompettes. Impression de se trouver dans une ruche avec des abeilles énervées (mais qui malheureusement n’attaquent pas). Dès que je rentre à Paris, je reprends le sport. Lequel ? Un sport de combat : du yoga, pour un corps à corps avec la pesanteur.

Pour les geeks, on peut lire ça, c’est drôle. Et puis aller faire un tour sur Wikileaks. Voilà une belle chose, un site nécessaire, à défendre.

17 juin 2010

dimanche expatrié


Aujourd’hui, vacances, dimanche expatrié dans mon jeudi. J’ai lu, regardé des séries, ouvert ma fenêtre. Quand même j’ai travaillé sur deux textes. Quentin (Faucompré) m’a envoyé un nouveau dessin pour notre livre (et il est à la fois superbe et effrayant). J’ai reçu le nouveau livre de Nathalie Kuperman, Nous étions des êtres vivants (sortie début septembre). J’ai hâte de retrouver mon lit pour commencer.

Temps gris et lourd ici. Demain une amie vient me rendre visite à la résidence, au Schloss. L’occasion de la revoir, l’occasion aussi pour moi de reprendre une vie sociale. C’est toujours un exercice qui me fait peur, mais en général ça se passe bien. J’ai trente cinq ans et j’en suis encore à apprendre à vivre, je me sens toujours si débutant -mais j’avance (doucement, en me tenant au mur : il fait toujours nuit noire pour ceux qui sont affublés de cette gênante mais fertile lucidité qui déchire le voile d’un rapport naturel au monde).

The wonder of you, Elvis Presley (une de mes chansons préférées avec la reine : Suspicious Minds).

11 juin 2010

Paris en toutes lettres


Je rentre aujourd’hui à Paris pour le week-end. Je suis invité à Paris en toutes lettres, samedi 16h à l’Hôtel de Ville, dans la salle du conseil. Chouette endroit ! La rencontre sera animée par Hubert Artus, de Rue 89.

10 juin 2010

écrire pour créer des problèmes


Contrairement aux bons sentiments en vigueur il y a quantité de grands artistes inconnus ou méconnus. Il faut aller vers eux, les sortir de l’ombre, prendre soin d’eux, en parler, faire circuler leurs œuvres. Pat Moran, dont j’ai acheté un disque par hasard, est une pianiste fabuleuse qui joue ce que j’aime écouter. Un morceau ici. Comme je suis d’humeur Someone to watch over me, voilà une version par Art Tatum.

Plaisir d’écrire à la main. Mon stylo préféré est un Sheaffer Target de 1960 (il n’y a pas de spéculation sur les vieux stylo-plumes, on trouve toujours de vieilles plumes légendaires -et en bon état- qui coûtent moins chers qu’un huitième d’ipad), sa plume bicolore est douce et réactive, elle a du caractère. Plaisir d’écrire à l’ordinateur aussi, ce clavier où se cachent des lucioles (par contre là, pas d’antiquités, cela manque, il faudrait inventer ça, on y viendra, coltan et cassitérite ne sont pas inépuisables).

Journée consacrée aux corrections de mes histoires pour le livre avec Quentin. Je les retrouve après un certain temps et donc de nouveaux problèmes m’apparaissent. Je les ai lu je ne sais pas disons trente fois chacune. Cela commence à ressembler à quelque chose. Heureusement que je ne me rends pas compte de tous les problèmes quand je commence à écrire. Un certain état d’innocence et de passion me sont nécessaires pour avancer, tracer les lignes, dessiner les contours. Ensuite il faudra affiner, corriger. J’aime ces deux moments, ces deux mouvements. Je dis souvent qu’écrire c’est résoudre des problèmes. C’est aussi en créer.

9 juin 2010

Godard


« Il est de la règle de vouloir la mort de l’exception. Il sera donc de la règle de l’Europe de la culture d’organiser la mort de l’art de vivre qui fleurit encore à nos pieds. Quand il faudra fermer le livre, ce sera sans regretter rien : j’ai vu tant de gens si mal vivre, et tant de gens, mourir si bien. »

C’est dans « Je vous salue, Sarajevo« , un film court, 1993.

9 juin 2010

les belles conspirations


Lundi je suis passé à l’Olivier pour parler de mon livre de novembre avec Alix Penent, mon éditrice. Je dis « mon livre », en fait c’est « notre livre », à Quentin et à moi. La maison d’édition est installée dans de nouveaux bureaux, bien plus spacieux et agréables que les anciens. Bon, je déteste ce quartier ranci et bourgeois, mais passons. Alix m’a présenté les propositions de couverture. C’est la deuxième vague. Il faut du temps pour trouver la couverture qui ira, c’est à dire qui me satisfera et plaira aussi aux éditeurs. On discute, on s’écoute et la plupart du temps ça roule (malgré des frayeurs avec souvent les premières propositions de couv). Puis Alix me parle de mes textes (ce sont des histoires, sept), il y a des répétitions, de menus problèmes,  des erreurs et des problèmes que j’ai laissé passé je me demande comment, rien de grave heureusement. Nous parlons ensuite du calendrier. Elle voudrait présenter deux histoires à la réunion avec les représentants (qui vont parler du livre aux libraires) du 25 juin, je vais les retravailler en priorité (je dois les lui envoyer vendredi). Les autres peuvent attendre début juillet. On se voit tous les trois (avec Quentin donc) le 12 pour discuter de l’ordre des histoires, des dessins, de la mise en page. Il y a de belles conspirations.

9 juin 2010

être choqué : un entraînement


Des gens sont choqués par quelques mots employés par un comique (Didier Porte) à la radio. On aimerait que ces bonnes âmes soient plus souvent choquées. Qu’ils persévèrent, qu’ils s’entraînent bon dieu et prennent des cours, un jour ils seront peut être choqués par des choses réellement choquantes. Cela changerait. Alors bon les gros mots c’est pas bien, pourquoi pas, mais merde, quelle hypocrisie. Au-delà de l’anecdote, ce sont des frontières qui se tracent, une morale qui se constitue, un monde futur qui se construit. Des exclusions qui se dessinent et des coups portés  (doucement, sous couvert de vertu) à la démocratie. Les mots sont importants, ceux que l’on emploie et ceux qui déclenchent les faux scandales.

Je reprends mes habitudes à Solitude (lessive dans le grand lavomatic du sous-sol à la Shining), je croise des résidents, nous discutons, je suis rentré chez moi, mais comme je suis chez moi là où je suis bien, à Paris ou ailleurs. Quelques minutes avec Alissa Margolis et son copain, avec Vipul Rikhi aussi.

8 juin 2010

écrire aux écrivains dans la cour de récréation


Comme je ne suis pas doué pour faire connaissance dans le monde réel, comme je ne veux pas laisser échapper certaines personnes qui pourraient devenir des amis ou des correspondants (ou simplement faire un lien, dire hello), comme ce monde est froid et agité, pour ces raisons et d’autres, j’écris aux auteurs dont j’ai aimé un livre. Pas tout le temps, je remets parfois à un autre moment et j’oublie, mais j’essaye de me tenir à cela : dire à un auteur que j’ai aimé son travail, souvent en une phrase ou deux, rarement plus, pas besoin. Adresser un signe, encourager, dire mon admiration. C’est incroyable le nombre de gens talentueux. Nous avons de la chance. Il y a quelques chose de magique à écrire à des gens que je ne connais pas, une tentative (parfois réussie, la magie n’est pas une science exacte) de créer de la chaleur et du sens dans la cour de récréation dont nous ne sommes finalement jamais sortis.

8 juin 2010

en compagnie


Il faut trois heures quarante pour atteindre Stuttgart (puis une demi-heure de bus pour arriver à Solitude). J’ai passé ce voyage en compagnie de Mon traître de Sorj Chalandon, de Le passé devant soi de Gilbert Gattore et de l’autobiographie d’Isaac Asimov. Ici les oiseaux chantent, calme, tendresse. Bonheur d’être dans la nature sans y être (protégé par murs et fenêtres).

7 juin 2010

Metz


Il faudrait que je pense à signaler mes déplacements sur ce blog. Samedi j’étais à Metz pour le salon du livre, occasion de se perdre dans les rues et de faire connaissance avec les joues de porc confites. J’y ai rencontré Sorj Chalandon, Ariel Kenig, Elisa Géhin, Cécile Boyer, Dominique Souton, j’ai retrouvé d’autres Thierry Hesse, Janik Coat, Gérard Oberlé, Véronique Olmi, et Camille de l’Olivier. Tout cela grâce à l’accueil de la librairie du Préau. Je pars pour Stutgart demain matin et je reviens vendredi après-midi (pour « Paris en toutes lettres », rencontre samedi).

Je termine la dernière histoire pour le livre avec Quentin Faucompré (je suis en retard) et je commence à rédiger ma chronique pour Vents Contraires, le site du Rond Point (en retard aussi). Roselyne Titaud vient de passer à l’atelier. C’est une photographe que j’ai connu à l’Akademie Solitude (on peut voir son travail ici). Quelqu’un me disait il y a peu que je connaissais beaucoup de monde. Je ne le savais pas. Je ne crois pas, en fait. Je connais pas mal de monde (mais qu’est-ce que ça veut dire ?), mais cela n’a pas entamé ma solitude et mes difficultés à être sociable, je passe la plupart de mes soirées seul, à travailler, à lire, à regarder des films. C’est étrange cette différence de perception, cette double nature de la réalité. Enfin, bon, au travail, au travail !

7 juin 2010

Aliénation ou émancipation


Ma mère vient de sortir un livre aux éditions Artois Presse Université : Pratiques théâtrales dans l’éducation au XX° siècle : aliénation ou émancipation ? La couverture est une reproduction d’un tableau de mon père, une de ses rares oeuvres survivantes. Bien sûr cela parle de pédagogie, mais donc aussi de choix politiques, de choix de société. C’est un livre universitaire, riche, et aussi engagé, qui prend position.

Dernièrement ma mère a aussi écrit un article sur Charlotte Delbo, écrivaine, poète, résistante (du groupe Polizter), déportée (la page Wikipedia est une bonne introduction, et elle renvoie vers des articles). On peut écouter l’extrait d’un entretien ici, émission animée par Jacques Chancel (ça ne marche pas avec safari, en tout cas pour moi, mais pas de problème avec firefox).

7 juin 2010

apparition de livres amis


Stéphane Heuet vient de sortir sa Petite bibliothèque maritime idéale (chez Arthaud). Je ne connais pas la plupart des livres dont il parle (c’est un livre illustré de belles aquarelles et de cartes), mais surtout Stéphane a fait un livre sur l’aventure, sur ses mirages et finalement sur la seule réelle aventure : être un homme (et particulièrement être un artiste). C’est un livre très personnel.

Le nouveau livre d’Aude Picault s’appelle Comtesse et c’est une bande dessinée x. C’est du porno délicat, sensible et beau (cela semble paradoxal, mais certains ont l’immense talent de faire exister les paradoxes).

2 juin 2010

collectif d’une certaine façon


Shome Dasgupta (il cite comme influence, entre autres, Aimee Bender et Tagor), écrivain et animateur du blog The Laughing Yeti, demande à des écrivains d’écrire quelques lignes sur la lecture. Voici ma participation, ici.

Je suis allé voir Stage Door avec A. (Pension d’artistes, 1937 Gregory La Cava). Un de mes films préférés désormais. Des actrices qui vivent dans une modeste pension en attendant le rôle (ou l’homme) qui leur permettra de percer. Elles se disputent et se soutiennent, solidarité et jalousie, comédie et tragédie (on passe de l’un à l’autre en un instant, dans la même pièce, par le jeu d’un subtil déplacement, d’un changement de lumière). Un chef d’oeuvre sur la vie d’artiste (en temps de crise, cela se passe dans l’Amérique post-1929) (ce pourrait être des écrivains d’aujourd’hui). Surtout on retrouve ces personnages féminins des films des années 30 (qui existent aussi chez Lubitsch, Cukor, Hawks), sensibles et fortes, drôles et émouvantes. Des femmes qui ont disparu des écrans j’ai l’impression (et qu’on peine à rencontrer dans la vie), il n’y a plus de personnages aussi complexes et attirants. Non ?

Dîner chez Thomas Reverdy et sa petite famille. Nous avons parlé de notre prochain projet, collectif d’une certaine façon, mais pas à la façon de la Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches. Vraiment autre chose. Je m’apprête à envoyer un email à Armand, des éditions Verticales, pour lui demander s’il veut nous suivre sur ce projet.

Rendez-vous matinal avec Aude Elfassi à propos de la revue qu’elle lance à la fin de l’été. C’est agréable de voir des gens partir à l’aventure et créer.

Je vous conseille le blog de poésie de Thomas Vinau ect-iste. C’est magnifique (le plus simple est de s’abonner via rss, google reader, netvibes).

Etonnant (évidemment pas) comme la presse (qui continue à sabrer son indépendance et à donc à mourir) assure la publicité gratuite des produits Apple. Les gens se déclarent écologistes et continuent à acheter des gadgets polluants (qui seront périmés dans six mois) et chers (et bien sûr fermés, qui censurent, ce n’est pas linux) comme cette ridicule tablette. Dans un débat à la télé vendredi soir (j’étais à l’hôtel), Emmanuel Todd parlait de maladie mentale pour parler de notre époque. Je suis d’accord. Sur la ridicule tablette on peut lire ça (et suivre la chaîne de liens) et ça. Il serait temps de faire des ordinateurs (et pourquoi pas des liseuses -sous linux, et des téléphones et…) qui durent.