30 juillet 2010

Paris


Rencontre de Ritta Baddoura, poète, performer et critique libanaise. Autour d’un oolong et de galettes de riz. Dîner hier soir chez Evan Franch Gilabert, architecte catalane, qui nous a fait la meilleure paëlla du monde. Très belle soirée. J’avais apporté une bouteille de Holundersaft, boisson étrange. Pas mal de fellows quittent la résidence ces jours-ci, on se dit au revoir, on se promet de rester en contact. Discussion autour de mon projet Beckett avec Hamed Taheri, metteur en scène iranien qui vit en Allemagne depuis quelques années. C’est à chaque fois passionnant, Hamed a tout lu et il a un point de vue sensible et original. Il m’a donné une information que je n’avais pas (et m’a parlé de l’unique film de Beckett, avec Buster Keaton). Ah et joli chose : avant-hier Alisa Margolis a fait une exposition de ses toiles dans la forêt.

Je rentre à Paris aujourd’hui, mais je repars presque aussitôt pour Lisbonne.

Hé Wycleaf Jean va peut être se présenter à l’élection présidentielle haïtienne !

28 juillet 2010

polymath


Mon père était un très bon cuisinier. Il avait ce don de pouvoir inventer des plats à partir de ce qui restait dans le frigo. C’est un peu ce que j’ai réussi hier soir, j’ai inventé un nouveau ragoût tofu et légumes (plus cube bio de poulet, herbes, gingembre…) et c’était délicieux. Le principe d’une casserole dans laquelle on met ce qu’on le veut dedans, ce que l’on trouve, me plaît bien. Cela mijote, on peut faire autre chose pendant ce temps-là, on remue (ou on rajoute de l’eau) quand on sent une légère odeur de brûlé. Et puis cela ressemble à l’écriture : on fait avec ce qu’on a, tout ce qu’on a pu trouver dans le fin fond du frigo, dissimulé en haut d’une étagère, oublié sur l’étagère à légumes. Finalement on a toujours plus que ce que l’on imagine avoir, de nouvelles choses apparaissent par la merveilleuse magie de la recherche. De cette quête et des ingrédients de cette quête on devrait bien arriver à faire quelque chose de délicieux.

Je n’étais pas bien ce matin, l’impression d’un gros rhume qui couvait, mais c’était peut-être simplement de l’hyperesthésie, je ne savais pas. Alisa Margolis m’a appelé, elle voulait m’emprunter des films. Elle est donc passée me voir et nous avons discuté. Je me sentais déjà mieux. Puis elle a parlé de sa théorie du chocolat pour soigner le rhume (cette fille va faire avancer la médecine). Elle est remontée chez elle et est revenue avec un pot de Nutella-like, mais bio avec un nom impossible (Baboda je crois). Posologie variable, on est parti pour une tartine mais nous avons eu l’intuition qu’il fallait continuer le traitement. Très efficace.

Je lis de très bons romans en ce moment (le dernier Lola Lafon par exemple -mais je n’ai pas accroché aux Six jours du Condor de Grady, ni au dernier Lehanne que j’ai essayé d’entamer plusieurs fois) et des essais passionnants, mon lit est ma bibliothèque, des livres traînent partout et il n’y a pas plus beau paysage. Un Noël permanent.

J’ai réussi à dessiner mon personnage féminin, l’héroïne des histoires que je veux raconter en dessin (elle est charmante). Reste à lui trouver un prénom.

26 juillet 2010

les cailloux sont choux


Hier pu-erh et discussion avec Kristina Estell, une fellow, artiste amoureuse des cailloux et des pierres. On ne remarque pas assez les pierres, à quel point elles sont belles, sans doute parce qu’elles sont là, si faciles, si évidentes à voir.

J’ai terminé de corriger les épreuves : phrases supprimées, des mots aussi (la tourterelle n’est plus turque par exemple, les hypocondriaques sont devenus paranoïaques etc etc), mais il y avait surtout des problèmes de mise en forme. C’est une étape très agréable. Fin août début septembre il y aurait les « secondes », les dernières épreuves avant l’impression. On verra si les dessins ont bien été placé. Je dois encore corriger de petites choses dans la page de remerciements. Mal au dos, plus rien à manger (à part du riz -mais paresse d’aller en ville faire des courses), sortir un peu pour voir si le monde extérieur existe encore. Et puis je dois imprimer des trucs.

Ce soir au Catacombs Cinema Club (le ciné club de la résidence), je passe The War Game, de Peter Watkins (ce film est génial) et en avant-programme, Le hérisson dans le brouillard (Цапля и журавль) de Youri Norstein (1975), un court métrage d’animation (visible , mais c’est dommage de le voir sur un petit écran).

24 juillet 2010

transformer la journée en quelque chose


Thomas Vinau sort un nouveau livre de poésie, Tenir tête à l’orage, aux éditions N&B. Son blog est toujours hautement recommandable.

Hier soir ma plume pour dessiner s’est désolidarisée du porte-plume au moment où je la  trempais dans l’encrier. Bataille pour la récupérer, de l’encre partout, c’était assez beau (passé l’impression de catastrophe), j’ai regardé ces petits flaques et j’ai compris qu’il y avait des mots, des visages et des histoires dedans. Je n’ai jamais compris l’angoisse de la page blanche.

J’ai vu le premier épisode de Treme et c’est extra.

Il fait gris et presque frais. Je vais faire quelque chose de cette journée.

23 juillet 2010

l’alchimiste dans la cuisine


Café ce matin. D’abord trop chaud puis (évidemment) froid. Mais j’aime bien le café froid, donc ça va. J’ai acheté du lait de coco chez Alnatura (Kokos Milch mit 60% Kokosanteil !), parce que ça avait l’air chouette et que j’essaye de varier mes repas (riz, lentilles, tofu, soupe, pommes), parce que je veux maximiser mon séjour en Allemagne en essayant des produits exotiques. Et ce midi je me trouve bien circonspect devant cette boîte. J’imagine que du riz ira bien avec, allez hop je fais cuire du riz et je mettrai du lait de coco dessus, après cuisson. On verra bien. Cuisine expérimentale.

J’aurais terminé une première version du livre sur Beckett d’ici mardi. Impression d’enregistrer un disque à l’arrache en marge d’une tournée. Cool.

Tiens je retombe sur cette mise en garde de la présidente argentine pendant le G20 : la politique de rigueur qu’on nous prépare c’est exactement ce qui a fait entrer l’Argentine dans la profonde crise de 1998. Hm est-ce que l’info a été reprise par des journaux ? Non. Ah si, étrangement, par les Échos (je rêve) (+ je viens de lire un billet sur blog économique « libéral libertarien », c’était effrayant dans le registre « les chômeurs sont des profiteurs, les dépenses publiques sont trop élevées », waou, ils sont là les petits barbares, comme au FMI ou à la tête de l’Union Européenne qui viennent d’essayer de faire renoncer la Hongrie à une taxation des banques, des barbares en costard).

23 juillet 2010

la bienheureuse surpopulation de la solitude


J’ai reçu les épreuves du livre de novembre. L’imprimante du château a sorti un gros tas de feuilles, chaud, tout chaud. Le livre est là, les dessins de Quentin sortent bien, trouvent leur place dans le texte. Il me reste à le relire pour éliminer les erreurs, problèmes, défauts restants. Il en reste toujours de ces petits diables.

Je viens de terminer de rédiger la page de remerciements, l’occasion de citer quelques personnes qui ont été importantes cette année pour moi. C’est un exercice que j’aime de plus en plus (comme les postfaces, d’ailleurs, je commence à prendre des notes pour celle de la Disparition), une manière d’écrire autre chose, autrement, ce n’est pas le roman, mais ça a un lien.

Temps gris ici et ça fait du bien. J’écris ce livre imprévu, à propos de Beckett (un acte de piraterie), et c’est suivant les moments excitant ou effrayant, surtout que je dois rendre le manuscrit fin septembre. Et je ne veux pas laisser mes autres livres, ces deux livres commencés. Un fellow me demandait si ce n’était pas trop difficile de rester seul toute la journée. Il ne comprend pas : je n’ai l’impression d’être seul, c’est même tout le contraire, je suis envahi, heureusement envahi d’idées, de personnages, de vie. Le monde peuplé est là, aussi. Cela dit il y a un genre d’apéro ce soir pour le départ de quelques fellows et ça sera chouette.

Nina Simone, Every one’s gone to the moon, Mr Bojangles, Just like Tom Thumb’s Blues, Cherish.

22 juillet 2010

apfelschorle


A l’instigation (à l’invitation) de Lan Tuazon, après-midi à faire du vélo dans la forêt. C’est une forêt où il est théoriquement impossible de se perdre. C’est aussi une forêt où il est théoriquement possible de se faire attaquer par des sangliers. Nous avons cru nous perdre plusieurs fois (nous nous sommes rendus à un restaurant qui s’est avéré fermé, puis nous avons essayé d’en rejoindre un autre en prenant des chemins jusqu’alors jamais empruntés -l’aventure), mais heureusement pas trace d’un sanglier. C’est une forêt qui sent le miel d’acacia et qui a plus de verts que chez un marchand de couleurs. Autant dire que c’est une réussite, j’ai crié « bravo la nature ». Il faut la féliciter parfois. Il y avait un arbre isolé, dans un creux de forêt, il était grand, grand, grand, avec des feuilles seulement à partir d’une vingtaine de mètres du sol. C’était le plus bel arbre de la forêt, le plus solitaire aussi, les autres arbres semblaient avoir fait un pas de côté. Nous ne nous sommes pas perdus, mais l’aventure a été longue avant de trouver le restaurent au milieu de la forêt et au bord du lac. Epuisés, affamés, nous avons commandé des plats sans très bien comprendre ce dont il s’agissait (mais on savait que ça serait rustique et gras) et surtout des apfelschorle (ma boisson préférée du moment) par demi-litre. Il y a des tables à l’extérieur du restaurant et sur les balcons. Nous nous sommes installés en hauteur. Après le repas lecture dans l’herbe, sur un plaid en laine dont j’ai aspergé les bords de spray anti-tiques (ainsi que mes vêtements). Sur le chemin du retour un cycliste allemand musculeux m’a poussé alors que je peinais dans une côte avec l’intention de me faire tomber (très bizarre épisode), plus tard alors que nous subissions une attaque de moustiques nous avons tenté de les faire fuir en criant des ultrasons mais ça n’a pas très bien marché.

Le soir les chauves-souris sont nombreuses et contentes d’être entre elles. Elles crient. Deux sont entrées dans la chambre d’Alisa Margolis (qui il y a trois jours a eu la belle idée d’organiser une séance de Papermoon de Peter Bogdanovitch en dehors, dans la cour. Elle avait mit une de ses gigantesques toiles vierges ovale contre un arbre en guise d’écran, nous avions tiré des fils électriques pour brancher le rétroprojecteur. Pendant la séance un orage a commencé, au loin, on voyait les éclairs illuminer la nuit quelques instants. Mais nous sommes restés et l’orage ne nous a pas rejoint. Seul un coup de vent a emporté l’écran à un moment. C’était assez magique et puis le film était merveilleux.

17 juillet 2010

créer une proie qui s’échappera


Quentin Faucompé, Alix (éditrice), Maëva (assistante) et moi avons passé l’après-midi de lundi à placer les dessins au sein des histoires. Impression de construire une architecture, collectivement, c’était très agréable.

Soirée d’adieu à l’atelier du 29 quai Saint-Michel. Mon bureau y a été installé pendant plus de deux ans. C’était plus chez moi que mon propre appart, j’y étais de 9 heures à minuit tous les jours de la semaine, le week-end. Sortir de chez soi pour écrire c’est vraiment pas mal. Et puis comme c’était un atelier collectif, j’ai eu des collègues variés, des graphistes, une metteur en scène, une auteur, une scénariste, et bien sûr des photographes (l’atelier Myop). Déménagement avec Laurent. Nes, Balthazar et l’Anonyme nous attendaient devant chez moi pour décharger la camionnette louée pour l’occasion. Deux voyages ont été suffisants. Puis j’ai invité tout le monde au Terminus Nord, brasserie typique, on se serait crut dans un morceau d’histoire. Le soir émission de radio pendant laquelle j’ai brillé par mon silence. En fait c’était une émission consacrée à Benoît Duteurtre et je ne le savais pas, je n’avais rien préparé. Et comme les deux autres invités (Dominique Noguez et Sébastien Lapaque -nous avions été choisi par B. D.) sont des rhéteurs hors pair, et comme je ne comprenais pas quel était mon rôle j’ai joué le rôle du fantôme (ce qui me va bien). Enfin Benoît Duteurtre a parlé de mes livres, c’était très gentil et j’ai parlé de Evelyn Waugh et Chesterton. Mes interventions n’ont pas eu grand intérêt et ça devait s’entendre que j’étais mal à l’aise et dépassé. Mais c’était très sympa. Et puis l’animateur Ali est mon voisin dans la rue Doudeauville (tiens un nouvel immeuble a poussé à l’angle de la rue des Poissonniers c’est gris et terrifiant, ça doit être une prison ou un centre de retraitement des déchets nucléaires). Pour en revenir à cette histoire d’atelier, Jakuta et moi avons en tête d’en ouvrir un, de créer notre propre atelier auquel on donnerait un nom super cool. On verra ça en octobre.

Ah enfin découverte de ces fameux thés au lait et aux perles (de tapioca) chez Zen Zoo C’était bien bon. Dès que je rentre à Paris je vais recommencer à m’approvisionner chez Tang dans le 13°. Ce jour là j’ai acheté (j’étais guidé dans ce quartier) des pâtes coréennes en sachet (sans glucamate/MSG, quelle découverte), un porte-plume, deux plumes, un nouveau carnet de dessin adapté à l’encre (mais pas de lay out comme me le conseillait Sandrine B., on verra plus tard, là je m’entraîne), et un flacon d’encre de Chine Sennelier. Je découvre que dessiner à la plume est tout simplement génial (mais non dénué de risques!).

Rendez-vous etc, une tonne de courrier, des chèques à encaisser, le nouveau roman de Thomas B. Reverdy (L’envers du monde, éditions du Seuil). Librairie : j’ai acheté les deux Leonard Michaels sortis cette année chez Bourgois, le dernier roman de Lola Lafon (dont j’avais adoré Une fièvre impossible à négocier) De ça je me console, ainsi que James Grady. Cinéma : Toy Story 3 à l’UGC (séance amputée du court métrage qui accompagne traditionnellement les pixar, et après les exploitants vont se plaindre du piratage des films sur internet), puis Les moissons du ciel (Days of heaven). Alors bien sûr le Malick est génial, et brasse beaucoup de choses, amour, classes sociales et surtout il y a ce personnage de petite fille narratrice, (Linda) ses monologues sont magnifiques et déchirants.

I’ve been thinking what to do wit’ my future. I could be a mud doctor. Checkin’ out the eart’. Underneat’.

Wasn’t no harm in him. You’d give him a flower, he’d keep it forever.

Ce sont des moments comme ça qu’on cherche, qu’on poursuit et qu’on chérie. Tout bon film, tout livre qui me touche, toute musique que j’aime me donnent une énergie folle, ils nourrissent ma faim, l’aiguisent. J’ai faim, mon dieu et je cherche une proie qui pourra apaiser mon appétit. La proie on se la fabrique, on la dessine devant soi, c’est une ébauche qui peu à peu gagne en précision, en beauté à mesure qu’elle prend son indépendance. C’est une étrange condition, créer quelque chose qui doit me rassasier et qui au final m’échappe. Je m’entraîne à la faim, car c’est cela que j’aime, je veux persévérer dans cet art et avoir des appétits étonnants, excitants, aventureux.

En marge (disons c’est un chemin de promenade) de mes deux livres actuels j’écris un  petit livre qui devrait être publié par Merz & Solitude (la maison d’édition associée à la résidence d’artistes). C’est un livre qui met en scène Beckett. Pas sûr qu’il sortira en France (mais peut être des éditeurs français seront intéressés, ne désespérons pas).

10 juillet 2010

samba


Je reçois quelques amis à Solitude pour le week-end, l’occasion pour moi de lâcher mon stylo et de faire d’autres trajets que mes habituels aller-retour « mon appart/bibliothèque ». Ce soir l’équipe allemande de football joue pour la troisième place de la coupe du monde, nous allons passer la soirée en ville pour le spectacle de l’effervescence (on aimerait que les gens puissent se motiver aussi pour d’autres raisons). Demain, thermes (Stuttgart est un coin célèbre pour ses thermes) ce qui vu la chaleur sera un bain de foule autant qu’un bain d’eau minérale (j’ai cru comprendre qu’il y avait plusieurs parfums, souffre, pétillante etc).

Je rentre à Paris lundi pour quelques jours. Quentin et moi avons rendez-vous à l’Olivier avec Alix, mon éditrice, pour discuter de la maquette de notre livre, où placer les dessins dans le texte, rajouter un peu de couleur à la couv peut-être.

Un mot à défendre.

Un ami vient d’avoir une note éliminatoire à un concours (cela arrive d’une manière très étrange -l’Etat est doué pour éliminer des candidats qui seront plus tard recrutés comme simples vacataires ou contractuels, avec des droits diminués, précaires), mon frère cherche un appart (et les cdd sont une saloperie), scandales pour la majorité et pour le Ps (en Paca), un déséquilibré et un pompier tombent de la verrière de la Gare de l’Est, on continue à tout permettre aux banques et aux financiers et on promet des souffrances aux simples citoyens (qui votent pour plus de souffrance encore). Il fait chaud mais ça m’est bien égal. Liste de livres à acheter. Caro m’a apporté un disque de Casuarina, samba !

5 juillet 2010

à l’intérieur de moi-même


Je réponds à quelques questions ici (mise en scène Thomas Vinau), cela s’appelle Réponses sauvées du vent (petit signe à Brautigan). Je vous invite à lire les réponses des auteurs des précédents trios, il y a de très belles choses. Surtout c’est l »occasion de découvrir des poètes, des romanciers, en dehors des sentiers battus.

Lecture à l’akademie à l’occasion de la Sommerfest. J’ai lu une histoire du livre de novembre. Elle s’intitule A l’intérieur de moi-même. Puis un acteur en a lu la traduction en allemand (en octobre je mettrais dans la rubrique Meze (partie anglaise du site), les traductions anglaises et allemandes de ce texte, ainsi que d’autres traductions de textes courts et des comic-strips, très bientôt). Je ne fétichise pas la lecture à voix haute, mais cela a l’avantage de faire apparaître des défauts que l’on avait pas vu en lisant et relisant le texte dans sa tête. Quand un de mes textes est prêt, je le lis toujours (presque) à voix haute. Alors inévitablement je m’aperçois qu’il n’est pas tout à fait terminé.

Belle journée d’écriture. Pour une des rares fois de mon existence j’écris deux livres, un de narrative nonfiction et un roman très personnel, très proche de ma vie de tous les jours à Paris. Trois livres en fait, puisque une amie et moi avons commencé un roman commun très rock. Ce sont trois livres apparemment différents mais en fait pas du tout (hm je sais que je ne suis pas très clair ici), alors je n’ai pas de mal à les mener en parallèle. Disons que c’est la même énergie. Excitation, plaisir, mal de dos (c’est une des gageure de l’écrivain, trouver la bonne chaise, la bonne table, la position adaptée).

J’ai réécouté Tom Waits ces derniers jours. Le passé tombe comme une pluie qui ne s’arrête pas. (clip à la fin du billet)

Dans mon grand combat pour que les livres bénéficient de belles couvertures, (pas simplement belles mais aussi brillantes, intelligentes, des œuvres d’art bon dieu !) voilà un article de l’excellent Kill Me Sarah. Et puis on peut aller faire un tour sur le blog de Sad old punk pour quelques autres exemples. La couverture est un art, un art qui n’est pas assez pris au sérieux. Je viens de recevoir ce beau livre édité par Penguin justement sur ce sujet, les couvs de mes livres traduits en anglais y sont présentées, parmi des dizaines d’autres (hé préface de Chris Ware !). C’est magnifique. Un tel livre serait difficile à faire en France tellement le niveau est bas. Il faut toujours se battre pour avoir de belles couvertures et au final ce n’est pas toujours le cas. C’est rageant d’autant plus que des illustrateurs de talent, géniaux, il y en a en France, pleins.

1 juillet 2010

envahir la nature


Une guêpe s’est introduite dans mon appartement. A quoi bon rester enfermé chez soi si la nature ne reste pas à sa place et vient me trouver jusque chez moi ? Pour me venger je suis allé envahir la nature. Une promenade, les feuilles de mon prochain livre à la main. C’était bien agréable. Il y a avait du soleil et il me fermait les yeux.

A la radio Riad Sattouf parle de son adolescence et cela me rappelle des souvenirs.

Un texte sur Dostoïevski et un sur Pulp.