30 août 2010

poney-express


Je viens de recevoir des livres étasuniens et bon dieu ils sont beaux (les deux essais de Michael Chachon et la compilation de la plupart des textes de Joan Didion), hardcover, jaquette, papier épais.

Il y a quelques jours projection à Solitude de Man on Wire, le film sur le funambule Philippe Petit. Très beau film sur l’artiste, sa capacité à créer de la beauté, à l’imposer à un monde. récalcitrant. J’ai rarement été autant ému et émerveillé par un documentaire. Et puis c’est un portrait de l’artiste en braqueur. L’art comme attaque de banque.

Impression d’habiter un manoir (compacté) dont toutes les pièces sont des cuisines, avec un plat en cours, en train d’être préparé. Le livre sur Beckett est terminé, je le relis cette après-midi, il me reste un texte pour Marc Molk, un texte jeunesse (une commande), mes deux livres en chantier, le livre que je prépare avec Thomas Reverdy, et enfin mon livre de dessins (qui ne verra jamais le jour : on dirait des dessins d’enfant, mais bon c’est agréable et peut-être que dans dix ans à force d’acharnement j’arriverai à quelque chose de montrable). Une maison de cuisines, c’est le paradis, mais ce n’est pas raisonnable, c’est possible pendant un temps, mais d’ici une semaine il n’en restera que trois, respirer un peu.

26 août 2010

sortie


Des livres qui sortent en ce moment j’ai lu L’envers du Monde de Thomas B. Reverdy (Seuil) et Nous étions des êtres vivants, de Nathalie Kuperman (Gallimard). Je vous les conseille en toute partialité (ce sont des amis). Ce sont de très bons livres et puis les titres sont magnifiques.

26 août 2010

contrat


Je viens de recevoir le contrat pour La bataille contre mon lit (album pour les enfants, les dessins sont fabuleux et signés Sandrine Bonini -mon premier album, joie). Le livre sort en janvier, on doit rendre texte et dessins d’ici octobre et bien sûr il faut lire ce contrat. Ce n’est pas la lecture la plus agréable, c’est plutôt un métier. On s’y fait. L’argumentaire a déjà été rédigé et il est bien. J’ai raccourci ma bio (le truc le plus inutile du monde selon moi).

22 août 2010

sortir de ma vivifiante cachette sépulcrale


Depuis quinze jours j’ai reçu quelques visites ici à Solitude. Je suis heureux d’avoir des invités, mais les premières heures sont flottantes, je perds mes repères de solitaire, je suis un brin contrarié de ne pas pouvoir écrire comme d’habitude. Mais rapidement je me trouve bien dans ces vacances accompagnées. Dans ces moments l’enfer ce n’est pas les autres ; les autres c’est les vacances et ça me plaît bien (c’est plus reposant que ces autres vacances que sont la maladie). Vrais repas, discussions, promenades. Je sors de mon cercueil de vampire, je me relève de ma vivifiante cachette sépulcrale.

Achat d’un crayon Staedtler pour les crayonnés de mes dessins. Je me souviens de mon père utilisant ces crayons à rayures jaunes et noires.

Fabrication de boucs émissaires, discours sécuritaires. Je ne sais pas si cette période ressemble plus à 1788 ou aux années 1930. On ne tardera pas à le savoir j’imagine.

15 août 2010

l’apiculture de mes journées


Le titre de travail de mon petit livre mettant en scène Beckett est « L’apiculure selon Samuel Beckett ». On verra si ce titre survit ou si j’en trouve un autre. Je dois rendre le manuscrit fin septembre, mais dans l’idéal il devra être terminé fin août, comme ça je pourrais le donner à relire, et le corriger une dernière fois.

Plein d’envies aujourd’hui, une énergie qui voudrait allonger les jours, et même prendre des jours du futur et les amener ici. Photos et textes avec un ami, petits films (mais ma caméra a un problème donc patience je dois récupérer la garantie à Paris). Et puis me remettre au livre sur mon père et continuer mon projet parallèle fou.

J’ai scanné mon premier dessin. Manière de dire : ok on y va, c’est là et pas seulement dans mes carnets. Ce dessin c’est un personnage qui me ressemble un peu (lunettes). J’ai de petites histoires à lui faire vivre et des choses bizarres à lui faire dire. Il y a un personnage féminin aussi.

Frigo comme un désert, c’est dramatique, je retrouve des paquets de riz et de haricots blanc dans mon placard (mais à faire tremper dans l’eau pendant 12 heures avant d’espérer les faire cuire, pfff quand la cuisine devient un marathon). Surtout drame, plus de dessert, pas de fromage, plus de lait de soja, rien d’un peu amusant. Demain, courses.

9 août 2010

le luxe est communiste


A Lisbonne il y a un palais en plein centre ville qui appartient au parti communiste portugais (donation de je ne sais plus qui). De l’extérieur cela ne ressemble pas à un palais, mais une fois rentré c’est un monde de mosaïques, de fauteuils en cuir (dans une salle aux peintures pas très belles), de grandes fenêtres, il y a une salle de bal, un restaurant et un café. Les prix sont très bas mais tout y est de bonne qualité. Le soir sont organisés des bals pour les personnes âgés et j’imagine aussi, d’autres soirs, pour les plus jeunes (mais je ne sais pas), des activités, des rencontres en journée peut-être. C’était étrange et agréable de se trouver dans un lieu si beau possédé par le parti communiste, ce devrait être la règle : l’élégance, le luxe et la beauté sont pour le peuple.

9 août 2010

l’adolescence est la saison des adoptions


J’ai décidé (une nuit, ce n’est que la nuit que l’on prend ce genre de décision qu’on laissera le soin au soi du jour de réaliser) de traduire un poème de temps en temps, de poètes que j’aime et qui ne sont pas traduits en français (donc cela sera limité aux poètes anglo-saxons). Certains, certaines, poètes sont importants pour moi, ça remonte à l’adolescence, à la solitude, aux tentatives de se battre contre et de peupler mon petit monde. J’avais traduit des poèmes de Byron et de Shelley, d’Emily Dickinson aussi, j’avais trouvé les livres dans une petite librairie d’Oxford lors d’un voyage scolaire et j’avais adopté ces poètes, c’était ma bande, ils étaient morts, donc pas exactement solitaires, mais en tout cas mis à l’écart par les vivants, et cet ostracisme dont ils souffraient m’avait suffi à savoir que nous étions proches. J’espère commencer par Dorothy Parker, ou Edna St Vincent Millay (comme en toutes choses, mes connaissances en poésie sont chaotiques et superficielles, il n’y aura pas de logique dans mes choix, même si ces deux poètes sont parentes).

9 août 2010

de l’influence des greniers dans la transformation de la dépression en une sorte de douce mélancolie


Mon bon vieux grenier en l’occurrence c’est un antique disque dur externe sur lequel j’ai laissé pas mal de chansons, il y a quelques années, oubliant de les transférer dans ma discothèque. Je suis sur une pente dépressive aujourd’hui, alors je me suis dit que c’était le moment de m’y enfoncer pleinement, de tirer ce drap triste et lourd et de m’en faire une sorte de cabane dans laquelle je pourrais ressortir des choses qui immanquablement me serreront davantage le cœur, mais, je croise les doigts je touche du bois, me donneront de la force, cette force distillée par la mélancolie quand on la boit jusqu’au bout, jusqu’à l’impression de se noyer).

Ces mp3 étaient pleins de poussières, mais ce n’est pas de la poussière qui enraye, au contraire elle donne du velouté, une qualité émouvante et magique. J’ai retrouvé Nas, Keny Arkana, Duke Jordan, The Divine Comedy, Django Reinhardt, ce morceau de Little Miss Sunshine, cette chanson de The Man on the Moon (chantée par Jim Carrey), ce premier album solo de Franck Black, ces chansons de France Gall (Pense à moi), The Cure, Luz Casal, la Mano Negra, Ween, The Buzzcocks, The Clash, LKJ, Jeanette et son Porque te vas, Björk, Lhasa.

Comme des trésors négligés, laissés de côtés, injustement, mais qui parce qu’ils ont été oublié ont eu la liberté de continuer à vivre sans être gelés par mon regard. J’ai pensé au temps qui passe, à cette poussière qui se pose sur moi sans doute aussi, aux années à venir, aux rencontres. Je vais rencontrer d’autres gens, certains deviendront des amis, d’autres des connaissances, j’imagine que je tomberai amoureux aussi. Et je suis déjà ému de ces personnes qui sont là quelque part et que je ne connais pas. Je peux presque les toucher déjà, j’ai l’intuition de leur présence. Et puis il y a les amis, ceux qui sont là, et qui se transforment eux aussi (vieillir est un mot inapproprié). Nous vivons au même instant des transformations qui par vagues nous rapprochent, nous éloignent, mais nous sommes dans le même océan, alors peu importe. Je suis sentimental ce soir.

J’ai repris le dessin, et hm ce n’est toujours pas ça.

7 août 2010

retour des accents sur le clavier


Et donc à Paris. Isa, Baltazar et moi avons marché à Lisbonne, marché et mangé, voilà ce que furent nos deux activités. Cela m’a fait prendre conscience que je ne marchais plus dans Paris, je prends le métro, le bus. Je retrouve la marche dans Paris depuis hier, ce sont des pas hérités de Lisbonne. Marcher maintenant, pour moi, c’est convoquer Lisbonne, me rappeler de nos jours là-bas, en même temps que découvrir amoureusement ma ville. Quand je voudrais ralentir mon pas, prendre le temps, ne pas succomber aux injonctions d’urgence et de stress, je penserai désormais à Lisbonne, pas loin d’être la ville où je me sens le mieux, une des villes en tous cas. Parfois une ville nous sert à mieux vivre dans une autre.

Pique-nique sur les bords du canal Saint-Martin, chorizo, radis, ginja et jus de carottes. Je vais acheter des livres cet après-midi et voir un film (ce soir plutôt, peut être le Nolan). Retour en Allemagne demain, la fin de la résidence approche. J’ai commencé Court voyage équinoxial de Sébastien Lapaque, c’est très beau (surtout bien sûr si on aime la Brésil) et Mes voyages avec Hérodote de Ryszard Kapuscinski.

4 août 2010

la fatigue nouvelle


Pour changer, et heureusement changer, de la fatigue intellectuelle, morale, psychologique, je decouvre la fatigue physique. Petites rues qui montent, expeditions urbaines. J avais le souvenir d une chapelle dont les murs etaient charges de poupees, de jolies poupees bien habillees a la mode d il y a quelques siecles, et des ossements des personnes reelles qu elles representaient dans un caisson vitre. Effrayant. Mais je ne retrouve plus l endroit. Peut etre a Belem.

3 août 2010

bien ici et la


Les villes changent, je m y sens a l aise maintenant, plaisir d etre a Lisbonne dans l Alfama, balades, cantina ce midi. Je n ai jamais l impression de voyager, je suis bien ici et la.