31 octobre 2010

les livres sont des personnes


Le site de Sandrine Bonini est ici.

J’ai revu Manhattan hier soir avec une copine, à la Filmothèque, rue Champollion, et maintenant j’ai des vitamines pour la semaine. Parmi les belles choses, j’ai reçu le nouveau recueil de poèmes de Jean-Claude Pirotte, Autres séjours.

Après-midi à l’atelier de Belleville. J’écris le livre sur mon père (et le reste). Quand j’ai un moment, quand je veux faire une pause, j’avance un essai et mon roman « défouloir/série B », et quelques petits textes.

Vendredi, journée d’angoisse : j’ai fait du shopping. Achat d’un aspirateur (hepa 13, of course), d’un fait-tout et d’une cocotte en fonte (je me demande comment j’ai pu vivre sans cocotte en fonte jusqu’à maintenant).

Je poursuis la lecture de L’image survivante, de Georges Didi-Huberman, dont je souligne des phrases à chaque page. Dernièrement : « Le modèle du Nachleben ne concerne donc pas seulement une quête des disparitions : il cherche plutôt l’élément fécond des disparitions, ce qui en elle fait trace et, dès lors, se rend capable d’une mémoire, d’un retour, voir d’une renaissance. »
Il y a des livres qui sont des amis, qui sont la famille. Je crois que j’écris aussi pour ça : que des lecteurs ne se contentent pas d’aimer mes livres, mais qu’ils les adoptent. Qu’ils en prennent soin, qu’ils comptent vraiment pour eux. Simplement, comme de vrais personnes. Je crois.

28 octobre 2010

ondes amicales


Sortie ces jours-ci du deuxième tome du Rire de résistance, sous la direction de Jean-Michel Ribes, édité par Beaux-Arts et le théâtre du Rond-Point. Le livre est beau ; ma participation consiste en des textes sur l’humour anglais, Mark Twain, Thomas de Quincey, Chesterton et Shaw.

J’étais parti pour participer à la manifestation, mais après une matinée passée à l’institut Pasteur à attendre de me faire vacciner contre la fièvre jaune (pff le vaccin contre le grippe c’est pour les petits joueurs), je suis allé coller mon front contre le clavier de mon ordinateur. Je dois terminer un certain nombre de trucs.

Nouvel atelier. Cette fois, je m’installe rue Bisson, à Belleville. Ce n’est pas vraiment un atelier, et je n’y ai une place que l’après-midi (Clément y est le matin -on est un peu en retard pour notre bd -tiens, son dernier strip se passe à la Belle vie Saint Martin). Mais c’est plutôt pas mal. En attendant autre chose. Et puis j’aime le trajet de La Chapelle à Belleville, il y a le métro aérien.

On m’a refusé un autre texte pour enfants. Décidément, c’est la période. La raison : pas assez drôle. Ah ah. Bon, c’était pour un magazine.

Dîner chez moi avec mon frère et une de ses copines. Je ne fais pas de dîner chez moi, et en fait c’est super (Art Tatum s’occupait de la musique). Je recommencerai.

Reçu ce matin Tenir tête à l’orage, de Thomas Vinau. Heureusement il y a les ondes amicales. Ce soir, gâteau de la semaine.

22 octobre 2010

service de presse


Aujourd’hui journée passée aux éditions de l’Olivier : service de presse pour le livre que j’ai fait avec Quentin Faucompré : La mauvais habitude d’être soi. Sortie le 4 novembre. Alors je suis de parti pris, mais, au moins esthétiquement, le livre est très joli. Sinon mon écriture manuscrite devient de plus en plus illisible, mais comme je n’ai pas d’idées fulgurantes à écrire pour ce genre de dédicaces mécaniques, c’est plutôt un avantage.

Je pars demain matin pour un mariage. C’est le deuxième mariage dans mon entourage amical (je bats Toxica, je ne sais pas quoi en conclure).

Belle découverte : Le parti de la jeunesse, de Christophe Carpentier (chez Denoël). Impossible de lâcher ce roman.

19 octobre 2010

se mettre en colère joyeusement


Je reviens à l’instant de la manifestation. Chaleureuse, belle, espiègle. Il y a eu un moment dramatique : nous nous sommes retrouvés au milieu du cortège des socialistes. Terreur, épouvante. Mais nous avons réussi à leur fausser compagnie. Sinon le prix du slogan le plus lamentable est attribué à (je ne vais pas dénoncer), pour : « On veut plus de pouvoir d’achat! » Navrant. Heureusement, cela ne reflétait pas la tonalité générale. En tout cas, c’est un plaisir de voir que les gens peuvent se mettre en colère si joyeusement. Justine arrive de Lisbonne, et elle nous a dit que là-bas les gens ne manifestent pas. J’espère qu’ils vont apprendre. Que le monde entier va apprendre.

Sébastien Ortiz a désormais un site internet, ici.

14 octobre 2010

sorties


Mon nouveau livre à l’école des loisirs sort aujourd’hui : Le club des inadaptés. C’est une sorte de suite au Traité sur les miroirs pour faire apparaître les dragons. Nouveau numéro de la terrific revue Décapage. Belle journée, donc.

12 octobre 2010

Rennes


Je ne pourrai pas manifester aujourd’hui, je pars à Rennes dans l’après-midi, en voiture, pour une rencontre avec des lycéens dans le cadre du prix Étonnants Voyageurs-Ouest France. C’est la première fois que je vais à Rennes depuis que ma mère y est prof. J’espère que la voiture aura un auto-radio, et une bande blanche comme dans Starsky & Hutch. Déjeuner avec Jakuta avant mon départ. Chouette. Question boulot : ce matin trois textes terminés. Je me remets enfin au livre sur mon père. Ah, un petit texte à lire ici.

11 octobre 2010

Paris préfère l’automne


gare de l'Est, octobre 2010

L’automne est la saison qui va le mieux à Paris (je change d’avis à chaque saison, donc ça doit être l’oxygène qui va bien à Paris). Cinéma : Les amours imaginaires, de Xavier Dolan. Beau, charmant, alors oui il y a des choses que je n’ai pas aimé, mais rien que pour les couleurs et le jeu des acteurs ce film vaut la peine. En sortant, nous (une partie de la bonne vieille bande, Nes, Manon et moi) sommes allés à la Pointe Lafayette (à deux pas du Point éphémère), où Nes a invité à notre table un vieux Guinéen du nom de Sacco. Discussion sur les câbles électriques, la culture des ananas, Nantes. Nous avons ensuite marché, il était pas loin de 23h, il faisait doux. Très belle soirée. Surtout nous sommes passés sur le pont Lafayette (grosso modo entre Jaurès et gare du Nord). La nuit c’est un endroit magnifique (la photo n’est pas prise de ce pont mais de la partie en haut des escaliers de la rue d’Alsace). Une dernière tisane à La belle vie saint-martin, notre café fétiche. Le dimanche soir, Philippe Bogé chanté. Bogé est un ancien de la Chance aux chansons. Il chante Serge Lama, Jean Ferrat, Barbara, Brel, Joe Dassin… et ses propres compositions. Pas vraiment ce que j’écoute en général. Mais des chansons que j’aime écouter, parfois, comme de vieux amis d’enfance sur qui on tombe par hasard. Mélancoliques. C’est un peu kitsch dans cette ambiance, mais c’est un beau kitsch, touchant, émouvant. Et Bogé a une belle voix. On était avec quelques asociaux du dimanche soir, groupes d’amis, bizarros de tous âges. Ce n’est pas un endroit à la mode, personne n’y est cool ou branché, et c’est tant mieux.

Aujourd’hui : Alice, de Woody Allen (cet homme est un génie, il nous offre un film par an, et pour cette raison, à cause de cette régularité, beaucoup l’ignore ; il n’y a pas de plus grand artiste vivant que Woody Allen). Cela me fait penser qu’une amie vient de se faire hypnotiser. Ensuite Coline et moi (ma camarade de cinéma aujourd’hui) sommes passés chez Arléa pour saluer Anne B. Enfin passage chez Gibert pour des livres d’occasion (dont La sorcière, de Michelet, qui a l’air super rock).

Philippe Bogé, un petit extrait filmé avec mon vieux téléphone portable (ok c’est mal cadré, mais je tentais de rester discret, comme un espion en mission) :

9 octobre 2010

baking soda


Je suis en route vers des poignées d’amour : je me suis remis à cuisiner. J’ai consacré la fin d’après-midi et le début de soirée de ce vendredi d’été indien à la préparation de cookies. Après quelques tâtonnements (au niveau de la cuisson, de la taille, de la quantité de farine, de cannelle), je suis satisfait du résultat (c’est à tomber -merci à l’inventeur lointain, et à ceux dont j’ai suivi les conseils, gloire à marmiton). Et mes cobayes ont apprécié. La suite, semaine prochaine.

Petite interview (mais pas à propos de cookies), .

8 octobre 2010

chocolate fireflies


Je suis de retour à Paris depuis une semaine. Solitude me manque, un peu, Silke, l’équipe, les fellows, mais beaucoup étaient déjà partis. Paris, donc. Qui a tendance à prendre de la place. C’est un dragon, Paris. Je n’ai pas un instant à moi. Mais ça se calme, ça se dompte, et j’ai retrouvé les inadaptés magnifiques, et Sandrine B. m’a montré La bataille contre mon lit terminé, et cinéma, théâtre, Métropolis, réunion de travail avec Clément pour le livre de comic-strips. Ciné ce soir avec ma cousine (qui lit en ce moment La ballade du café triste, de Carson Mccullers, elle a bon goût !), nous avons ensuite passé un certain temps à nous perdre aux Halles, à ne pas choisir un café, une terrasse, à hésiter, à discuter. Ce vendredi, je retrouve mon frère, quelques amis, autour d’un plat, des gâteaux. Cela va être chouette et doux. Il est tard, j’ai dépassé ma date de péremption journalière, demain je dois me lever tôt, pour reprendre un texte qui m’a été refusé. Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé, que l’on me refuse un texte. Je comprends les raisons : c’est un livre collectif pour les enfants, et mon texte est dur et autobiographique. Il me semblait que la fin était ouverte et donnait des armes. Mais sans doute pour les enfants, c’est un peu dur. Enfin, voilà, ça arrive. Et je repars sur un autre texte, de fiction. Le refusé sera publié sur ce blog, je crois, mais j’ai peur que ce soit trop personnel. Je ne sais pas bien, il y a des heures où on ne sait plus. On verra. Cartola, O Sol Nascera :

7 octobre 2010

théâtre


Hier soir je suis allé au théâtre. Cela ne m’était pas arrivé depuis un moment, je n’arrivais pas à trouver des pièces contemporaines qui me plaisaient (ou des mises en scène de texte classique). Beaucoup de déceptions. La malédiction a pris fin hier soir. Corps de police est la nouvelle pièce de Thierry Illouz, un des auteurs que j’admire le plus. J’ai retrouvé cette pièce ce que j’aime dans le théâtre de Shakespeare : des dialogues écrits, brillants, profonds, des phrases que l’on a envie de retenir en soi, d’apprendre par cœur, la tragédie, l’histoire des personnages qui dit quelque chose de notre propre histoire, de notre condition impossible. Le sujet en deux mots : un flic est enlevé par Samia et Jean, pendant les émeutes de banlieue (plus d’infos,). La pièce se joue jusqu’au 10 octobre au théâtre de l’Opprimé (le métro n’est pas proche du théâtre donc prévoyez dix minutes de marche). C’est la première fois que je prends un tel plaisir à une pièce contemporaine. Le sentiment d’assister à une œuvre importante (Thierry Illouz est un ami mais je ne pense pas -évidemment- que cela joue dans mon appréciation). Cela n’arrive pas souvent.