30 novembre 2010

Pau


Je serai demain à la librairie Tonnet de Pau, pour parler de Romain Gary, et sans doute un peu de La mauvaise habitude d’être soi. C’est à 18h. Gary a une étrange mauvaise réputation (car solitaire, indépendant, inclassable, il n’appartenait à aucune école, à aucune coterie), il est peu lu par des gens qui pourtant devraient l’aimer. Pour le faire découvrir, j’offre en général Chien blanc, Lady L. ou La nuit sera calme.

30 novembre 2010

les nouveaux décorateurs


Il y a quelques jours des étudiants anglais ont redécoré le siège du parti conservateur. Mais les locataires n’ont semble-t-il pas apprécié cette avant-garde esthétique un peu bordélique, assez chaotique. Je trouve ça très réussi. On peut voir ça .

30 novembre 2010

l’extrêmisme de bonne compagnie


A chaque fois je n’en reviens pas de la dureté de ce monde, et de la trop grande résistance des gens, de leur trop grande capacité à s’adapter, à accepter. Il ne faut pas s’adapter aux conditions terribles que l’on nous fait. A Bamako, comme à Paris. J’en ai assez de ce froid qui seconde trop bien la précarité, les petits appartements mal chauffés, la solitude, l’angoisse. Le froid c’est une belle chose. Cela ne devrait être que positif, cette morsure, qui réveille, et pousse vers la chaleur, ces petites dents, cette main qui donne à la peau des sensations inédites. Je n’aime pas ce froid kidnappé par la dureté. On s’adapte trop bien, il est temps de se rappeler que nous sommes le pays de la révolution, de relire les textes de nos pères fondateurs. Je ne suis pas fier d’être français, ça m’est égal, mais j’ai de plus en plus conscience que j’appartiens à cette histoire, que cette généalogie d’un peuple qui se bat est la mienne. On ne parle pas assez des révolutionnaires, de ceux qui se sont battus. Il y a une sorte de pression silencieuse qui voudrait nous faire honte de citer Robespierre, Baboeuf, Saint-Just… On voudrait les faire passer pour des extrémistes, et nous avec. Alors que l’extrémisme est partout présent, dans les journaux, sous les mots de journalistes, de politiques, les chiens de garde du système, un extrémisme bien habillé, qui a des manières, qui parle bien, oui un extrémisme élégant et de bonne compagnie, un extrémisme qui a fait des études, qui sait manier l’humour et la rhétorique, qui n’élève pas la voix, un extrémisme « gendre idéal », rasé, manucuré, propre sur lui, avec une cravate, qui vide de leur sens les mots de liberté et de justice, pour asseoir la domination d’une minorité privilégiée sur le reste du monde.

30 novembre 2010

retour


Retour de Bamako lundi matin, et c’est le froid qui nous accueille. Cinq jours c’est rapide, et pourtant j’ai encore du mal à comprendre tout ce qui s’est passé, tout ce que j’ai vu. Il y a eu des rencontres avec des lycéens, avec le public du Palais de la Culture, la découverte d’auteurs, une vie de groupe aussi, la chaleur, la ville étendue et plate, le marché aux fétiches (où les marabouts viennent se fournir en matériaux et ingrédients, peaux de caïman, tête de singe, morceaux de divers animaux séchés, découpés, râpés, infusés). L’équipe d’Étonnants Voyageurs a été parfaite, ainsi que mes camarades d’aventure (Nicolas Michel, Jean-Michel Djian, Nafissatou Dia Diouf, Olivier Bleys, Alain Mabankou, Mohammed El-Amraoui, Stéphane Durand, Florent Couao-Zotti, Cheikh-Amidou Kane (dont tout le monde m’a conseillé de lire L’aventure ambiguë), Yvon Le Men, Michel Le Bris, Valérie Marin La Meslée, Jérôme Nouhouaï, Rouda…). Je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire voyager, découvrir un pays, un autre continent. En tout cas, cinq belles journées, qui ont maintenant tout le temps du monde pour se dissiper, rôder, se révéler.

22 novembre 2010

Roald Dahl


Je rentre de trois belles journées à Romans, dans la Drôme. Rencontres avec des élèves, et parfois même des professeurs, des lecteurs, des pognes, et des ravioles, un début d’angine.

J’ai participé à Une vie, une œuvre, de Virginie Bloch-Laîné, consacrée à Roald Dahl (je n’ai pas encore écouté l’émission). On peut l’écouter . Les autres invités sont Emmanuel Guibert, Gérard Guégan et Quentin Blake (autant dire que je suis impressionné de me trouver parmi eux).

17 novembre 2010

chez les sorciers


Je suis enfin passé à l’Herboristerie de la Place Clichy (87 rue d’Amsterdam). Cela fait longtemps que je voulais me fournir en décoctions mystérieuses. Comme mon nouvel ophtalmo est dans le quartier (un médecin qui a le sens de l’humour, et capable de parler littérature ; il a noté que j’avais 35 ans et demi sur la fiche de renseignement), j’en ai profité pour pousser la porte de cette maison de sorciers, que j’imagine errer dans les forêts brumeuses de Bretagne (les nuits de plaine lune) pour ramasser des herbes magiques, préparer des potions dans des chaudrons en fonte, dans les immenses caves sous la boutique (des caves qui communiquent avec les catacombes et des passages secrets). J’ai été servi par une jeune femme classique (pas de hiboux dans les cheveux, pas de balai), mais les sorciers ont du apprendre à se camoufler sous l’apparence de gens normaux pour survivre. J’ai bien vu que j’étais dans un lieu où régnait le surnaturel : bocaux, décoctions, onguents, teinture-mère, herbes étalées sur la comptoir. J’ai parlé de mes maux récurrents (ventre, angoisse), et elle m’a donné deux paquets d’infusion (la première à base d’uncaria, de fucus, de caroube, de ratanhia…, la deuxième à base de lavande, souci, camomille… -je ne révèle pas tous les ingrédients, et puis je suis sûr que certains ne sont pas indiqués, trop secrets, trop puissants pour être portés à la connaissance des profanes). On verra si c’est efficace. Ce qui l’est en tout cas, c’est un tel lieu, un tel savoir, ça poétise la vie, ça ajoute de la fantaisie et du mystère, et c’est donc déjà une pharmacopée qui marche.

16 novembre 2010

au Monte-en-l’air


Demain, mercredi 17 novembre, à partir de 18h, Quentin et moi serons au Monte-en-l’air, 71 rue de Ménilmontant, dans le 20° arrondissement, pour fêter la sortie de La mauvaise habitude d’être soi (autour de quelques cubis). Vous êtes les bienvenus !

16 novembre 2010

à lire


Un article de ma mère à lire ici.

un blog de critiques de l’Adcr ici.

et un blog sur le Japon.

15 novembre 2010

de grandes textes


Réédition (il me semble) d’un beau court texte de Jean Genet, Le funanbule. J’aime les petits textes sous forme de livre, les essais de quelques pages, et néanmoins profonds et riches. Je pense à L’ordre du discours de Foucault (et Le Corps Utopique -et les Hétérotopies), Leçon sur la Leçon de Bourdieu (et Sur la télévision), Vie et mort de Jean Cavaillés, de Georges Canguilhem. La forme brève me plaît, me semble parfaite, quand souvent les auteurs tirent à la ligne, diluent, noient, pour paraître gros (une auteure me disait qu’elle voudrait tellement écrire un « gros roman », pour impressionner je crois, parce qu’il y a une morale d’acteurs pornos dans le monde intellectuel on dirait, il faut que ce soit gros -ou une comparaison possible avec la Bible, mais c’est la même chose).

Bizarre comme certaines écrivaines ne supportent que l’on dise écrivaine, comme si c’était une insulte, elles tiennent à écrivain. Alors allons plus loin, masculinisons toutes les professions : la boulangère deviendra un boulanger etc. Masculinisons aussi les objets (un casserole, un chaise), les parties du corps (ton langue, ton lèvre). Bizarre, bizarre. Je suis en retard, je vais prendre la métro.

15 novembre 2010

belles journées


Mais ce sont aussi de belles journées. Le temps est doux, la pluie se révèle une colocatrice idéale, agréable, qui ne gêne pas, mais rend service. L’automne reste ma saison préférée. Une certaine joie dans l’air, irréductible.

Déjeuner avec Clément à propos de notre livre. Hm il faut accélérer un peu les choses (surtout moi). The other guys (en français : Very bad Cops) est un film intéressant et souvent très drôle. Et puis une comédie américaine grand public qui aurait pu être scénarisée par Frédéric Lordon, c’est rare. Une partie de la matinée au consulat du Mali. Fatigué. Je dois reprendre mon rythme.

15 novembre 2010

nous sommes leur problème


Au niveau du métro Belleville, devant le restaurant Le président, des gens vendent des vêtements, des petites choses, sur le sol. De pauvres à pauvres. La police les fait remballer tout le temps, les vendeurs, les acheteurs, se planquent à quelques mètres et reviennent. Aujourd’hui, en début d’après-midi, la police a balancé des gaz lacrymogène. C’est bien, comme ça on se sent tous concernés, les passants, ceux qui sortent du métro, des restos, les familles qui passent. Tout le monde toussait, pleurait. J’imagine que dans l’esprit de ceux qui ont donné les ordres, être à Belleville, y vivre, y passer, c’est déjà être suspect, sans doute coupable. Alors on ne fait pas dans le détail, on balance les lacrymos sans se soucier des conséquences, des victimes. Je leur conseille de mettre des fontaines, des jets, des lances à gaz, partout dans Paris. Pour inonder la ville. Qu’ils ne s’arrêtent pas là. Le pays entier. Le monde. Les choses sont claires. Leur ennemi c’est le peuple, coupable, forcément. Nous sommes leur problème. Tant mieux.

8 novembre 2010

épreuves


Je corrige les épreuves de La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique, qui sort chez Points Seuil en janvier. Pas grand chose, mais des trucs, comme « ville » écrit avec une majuscule, comme le héros en caleçon qui se retrouve en pyjama la page suivante, comme six adverbes qui ne sont pas nécessaires, etc. Il faut aussi que je corrige la biographie, qui est remplie d’erreurs (cela ne fait que le troisième livre qui sort chez Points, ils ont besoin d’encore un peu d’entraînement). Soyons patients.

Déjeuner avec Alix, mon éditrice. Nous avons parlé des premiers chapitres du livre sur mon père. Demain, je prends un thé avec Christophe Carpentier. Il fait froid et humide et Sarkozy est président et il y a des gens pour sérieusement croire que les socialistes vont mener une politique vraiment différente. (allez jetons un coup d’œil à l’étranger). Mais heureusement tout n’est pas pourri, la troisième saison de In treatment a commencé.

La rencontre à Brest était très sympa. Petit comité, mais cela nous a permis, à Quentin et à moi de nous pencher sur La mauvaise habitude d’être soi, de comprendre ce que nous pensions en énonçons nos pensées, genre de simultanéité magique. C’est la première fois que nous en parlons en public, que nous expliquons cette aventure, et c’est agréable de découvrir des choses sur notre propre travail grâce aux questions que l’on nous a posé, de voir que même dans l’explication de nos intuitions et de nos réalisations, nous sommes en accord, l’éthique est la même.

7 novembre 2010

english & german


Un texte écrit à propos de photos de Roselyne Titaud, mettant en scène des créations de Tobias Bodio, styliste (vêtements, bijoux). Tobias est un des fellows avec qui j »ai passé l’année passée à Solitude. La traduction allemande est ici. La traduction anglaise est .

4 novembre 2010

sortie et Brest


Aujourd’hui sort La mauvaise habitude d’être soi, sept histoires et des dessins de Quentin Faucompré. C’est aux éditions de l’Olivier.

A 18h, pour fêter ça, Quentin et moi serons à la librairie Dialogues de Brest. N’hésitez pas à passer si vous êtes dans le coin.