17 novembre 2010

Je suis enfin passé à l’Herboristerie de la Place Clichy (87 rue d’Amsterdam). Cela fait longtemps que je voulais me fournir en décoctions mystérieuses. Comme mon nouvel ophtalmo est dans le quartier (un médecin qui a le sens de l’humour, et capable de parler littérature ; il a noté que j’avais 35 ans et demi sur la fiche de renseignement), j’en ai profité pour pousser la porte de cette maison de sorciers, que j’imagine errer dans les forêts brumeuses de Bretagne (les nuits de plaine lune) pour ramasser des herbes magiques, préparer des potions dans des chaudrons en fonte, dans les immenses caves sous la boutique (des caves qui communiquent avec les catacombes et des passages secrets). J’ai été servi par une jeune femme classique (pas de hiboux dans les cheveux, pas de balai), mais les sorciers ont du apprendre à se camoufler sous l’apparence de gens normaux pour survivre. J’ai bien vu que j’étais dans un lieu où régnait le surnaturel : bocaux, décoctions, onguents, teinture-mère, herbes étalées sur la comptoir. J’ai parlé de mes maux récurrents (ventre, angoisse), et elle m’a donné deux paquets d’infusion (la première à base d’uncaria, de fucus, de caroube, de ratanhia…, la deuxième à base de lavande, souci, camomille… -je ne révèle pas tous les ingrédients, et puis je suis sûr que certains ne sont pas indiqués, trop secrets, trop puissants pour être portés à la connaissance des profanes). On verra si c’est efficace. Ce qui l’est en tout cas, c’est un tel lieu, un tel savoir, ça poétise la vie, ça ajoute de la fantaisie et du mystère, et c’est donc déjà une pharmacopée qui marche.

  • 1. gilda  |  17 novembre 2010 à 13h41

    Cette boutique me donne aussi envie d’aller y faire un tour ; pour l’instant m’ont retenue le manque de temps (je passe toujours devant en étant pressée, comme s’il y avait un sortilège) et puis Que pourrais-je bien y demander ? Je doute fort qu’il existe une potion anti-chagrin d’amour ou un elixir pro-compte bancaire créditeur et, en cette période faste de mon existence, le reste va plutôt bien. Et ceux que je connais qui souffrent sont presque tous du genre à refuser les soins, y compris des plus classiques.

    PS : Merci merci pour avoir écrit la préface rêvée des « Petites épiphanies » de Caio Fernando Abreu, je crois qu’il va devenir un de mes livres de chevet. J’y trouve en tout cas une grande fraternité, de celles qui font chaud au cœur.

  • 2. Coline  |  17 novembre 2010 à 14h01

    D’après Roald Dahl, les sorcières se reconnaissent aux gants qu’elles portent pour cacher leurs griffes et à leurs grandes narines (entre-autres), pas à un hibou ou un balai, enfin !

  • 3. Martin  |  17 novembre 2010 à 15h00

    @ gilda : oui il manque des potions, mais peut-être en arrière-boutique…
    le livre de Abreu est génial, je relis une de ses chroniques de temps en temps. C’est un modèle pour moi.

  • 4. Martin  |  17 novembre 2010 à 15h00

    @ Coline :
    Tu as raison ! :-)

  • 5. aymeric P  |  18 novembre 2010 à 18h47

    J’avoue n’avoir jamais entendu parler de Abreu !! Lisant vos commentaires enthousiastes, je vais aller jeter un oeil…

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