26 février 2011

les dents de la poule


Nouvel atelier. Il se trouve rue du Faubourg Saint-Denis, près du métro Château d’eau, et il a un nom : Les dents de la poule. J’y emménage demain ou après-demain. Je quitte donc mon atelier de Belleville, qui était agréable, mais abritait une boîte de prod de cinéma, donc il y avait beaucoup de coups de téléphone (et puis je ne pouvais y aller que l’après-midi). Mes compagnons seront des dessinateurs bd et jeunesse.

22 février 2011

bd


Plus de nouvelles de l’éditeur qui devait publier la bd que Clément et moi achevons ces jours-ci (un comic-strip). Apparemment il va mal, peut-être a-t-il déjà fait faillite, nos emails restent sans réponse. Il va falloir trouver une autre maison d’édition, recommencer à frapper aux portes et présenter notre travail. Tout ça est triste et frustrant. En attendant on peut lire le blog de Clément ici (on n’y trouve pas notre strip, ce sont ses dessins personnels). Et le blog culinaire qu’il fait avec ses amis .

21 février 2011

Station Solitude


Je suis un peu en retard mais Lisbonne (ou plutôt Ostende transformée en Lisbonne) est passée par là. Station Solitude, le documentaire de Marcel Wehn sur quatre fellows (dont moi) de l’Akademie Schloss Solitude, a été diffusé sur la chaîne allemande 3sat le 20 février. Ici le site du film, la page facebook (on peut en voir les dix premières minutes). Alors hm, j’ai fait la voix off (et écrit le texte, sur la solitude), mais lors de l’enregistrement je sortais à peine d’un genre de rhinopharyngite allergique et donc ma voix est voilée et tremblante, on a l’impression que c’est un vieillard dyslexique de 92 ans qui parle ( et il y a des plans de mon ancien atelier, ce n’est malheureusement pas chez moi). Mais surtout on voit Lan Tuazon, Demian Bern, Hamed Taheri. Vous me manquez les amis. Et Silke et Mr Joly et tout le monde.

18 février 2011

Elena Janvier


Il y a des livres à part, parce qu’ils ne ressemblent à rien, ce sont des enfants bizarres dans la cour de récréation. Parmi ceux que je lis en ce moment, il y a « Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime », de Elena Janvier, aux éditions Arléa. C’est un abécédaire sur les différences entre la France et le Japon. Dis comme ça, cela semble sec, alors que c’est tout le contraire : ce livre est poétique et espiègle. Depuis un moment je redécouvre le plaisir de la lecture à voix haute, et ce drôle d’animal se prête très bien à ça. Un extrait :

Amour

Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas « je t’aime » mais « il y a de l’amour », comme on dirait qu’il neige ou qu’il fait jour. On ne dit pas « tu me manques » mais « il y a de la tristesse sans ta présence, de l’abandon ». Une sorte d’impersonnel immense qui déborde de soi. La tristesse est partout, l’amour aussi. Pas de hors-champ du sentiment.

Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. Verlaine, poète japonais né en 1844 et mort en 1896.

8 février 2011

radio


Deux émissions de radio, enregistrées lors de mon passage à Nantes. Avec Quentin Faucompré, et c’est à propos de La mauvaise habitude d’être soi. Ici et .

4 février 2011

changer la police


Je change de police. Il était temps, après des années à utiliser Times new roman (par paresse). Mon choix ne s’est pas encore arrêté. Aujourd’hui je teste Baskerville. Bembo me plaît bien aussi, mais elle n’est pas intégrée dans mon logiciel de traitement de texte (bean), et je ne sais pas s’il est possible de l’ajouter. Je vais essayer aussi Goudy old style. C’est tout un monde, et je crois que je vais mettre du temps à trouver la bonne. A lire un papier passionnant ici. Et bien sûr Garamond (que j’ai utilisé, aimé et laissé tomber je ne sais pas trop pourquoi -sans doute parce que nombre de romans sont imprimés en Garamond).

4 février 2011

un romantisme nécessairement maladroit


Théâtre mercredi soir, mais je ne dirais pas quoi parce que ce n’était vraiment pas très bien. Et puis c’était bruyant. Un peu comme un match de ping-pong avec deux joueurs qui n’arrêtent pas de s’engueuler. En sortant nous nous sommes précipités aux Halles pour voir How do you know (Comment savoir) de James L. Brooks (petit crochet pour acheter des hot-dogs chez Dogs, 3, rue de la Cossonnerie -hot dog choucroute pour moi). Toute la critique a descendu ce film, et peu de spectateurs l’aime. C’est logique : c’est un chef d’œuvre. Je n’ai pas vu de film aussi romantique depuis La Belle et le Clochard. C’est un romantisme assumé, tendre, sans sarcasme, très premier degré, et bon dieu ça fait du bien. On est dans le registre du « mignon », mais les dialogues sont drôles assez souvent, navrants parfois (mais joliment navrants), profonds sous une apparence de légèreté chantillyesque. Je vais certainement aller le revoir. Un tel esprit donne de l’énergie pour des semaines. C’est un romantisme si pur, si innocent, qu’il a quelque chose de fou, de joyeusement dérangé, barjot, délirant. Bien sûr j’ai pensé à Capra, et notre temps de crise qui va en s’accentuant me laisse espérer que va renaître un art de beaux sentiments, où la gentillesse ne sera pas considérée comme mièvre, mais une force, une réaction à une société agressive, qui a tenté de nous transformer en petites machines cyniques sans égards les uns pour les autres. Allez voir ce film maladroit, mais nécessairement maladroit, justement maladroit, vous serez déroutés, et si vous baissez la garde, heureusement déroutés.

Marie Chartres (auteur à L’école des loisirs, et bientôt aux éditions du Chemin de Fer), qui m’a reçu à la médiathèque de Châteaubriant, avait lu une citation de Barthes : « Dans l’art de Calvino et dans ce qui transparaît de l’homme en ce qu’il écrit, il y a – employons le mot ancien, c’est un mot du dix-huitième siècle – une sensibilité. On pourrait dire aussi une humanité, je dirais presque une bonté, si le mot n’était pas trop lourd à porter : c’est-à-dire qu’il y a, à tout instant, dans les notations, une ironie qui n’est jamais blessante, jamais agressive, une distance, un sourire, une sympathie. »

C* m’a dit que sa jauge d’amour pour moi est à 100 % comme dans les Sim’s. Je n’ai jamais eu de plus jolie déclaration :-).

J’ai un rhume, donc emplettes de propolis, thym, jus de grenade, gingembre. Il me semble avoir lu un article sur les gaufres et leur rôle dans la destruction des virus (le titre était « Les gaufres, un antibiotique naturel »).

Déjeuner avec Clément, nous arrivons à la fin du comic-strip ; mais je dois encore écrire des textes. Sur l’amour me dit Clément (les derniers sont tous sur la mort, et il faut varier). Début de soirée avec Sandrine Bonini, achat pull marin, et infusion au café du théâtre du Vieux-Colombier. Nous avons un nouveau livre en préparation. Chouette.

2 février 2011

les producteurs de brume


Belle soirée à Châteaubriant, à l’invitation de Marie Chartres. Nous sommes arrivés de nuit, alors pour l’instant j’ai surtout vu la brume de cette ville, mais c’était bien, je me sens en terrain familier, protégé. Dans le train, j’étais assis à côté d’un prêtre. Fin, barbu, souriant. Je ne connais pas de prêtre, j’étais curieux. Il s’est révélé ouvert et non-prosélyte, joyeux. Nous avons parlé de la mort, et de la manière de conduire une messe (formelle ou personnelle). J’ai pris son email. La rencontre à Châteaubriant a eu lieu dans la médiathèque, j’en ai profité pour traîner dans les rayons, et je suis tombé sur un livre de nouvelles d’Elizabeth Crane, que l’éditeur décrit comme une descendante de Dorothy Parker ; je retiens son nom, on verra. Marie Chartres m’a posé des questions, à propos de La mauvaise habitude d’être soi, à propos de mes précédents livres aussi, j’ai lu des extraits de mon dernier livre et de Conversation avec un gâteau au chocolat, et c’était doux et agréable ces discussions (et digressions), je crois que ça s’est bien passé. En sortant, la brume était encore là, alors peut-être que c’est une spécialité locale, comme le cidre ailleurs ou les calissons : à Châteaubriant on fabrique de la brume, dans les sous-sols, dans des caves gothiques abritant des lacs de sources chaudes, il y a d’ailleurs un corps de métier qui y est attaché, les brumeurs ; puis on exporte la brume produite, on fournit les films d’horreur, les villes qui désirent gagner une aura de mystère.