18 février 2011

Il y a des livres à part, parce qu’ils ne ressemblent à rien, ce sont des enfants bizarres dans la cour de récréation. Parmi ceux que je lis en ce moment, il y a « Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime », de Elena Janvier, aux éditions Arléa. C’est un abécédaire sur les différences entre la France et le Japon. Dis comme ça, cela semble sec, alors que c’est tout le contraire : ce livre est poétique et espiègle. Depuis un moment je redécouvre le plaisir de la lecture à voix haute, et ce drôle d’animal se prête très bien à ça. Un extrait :

Amour

Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas « je t’aime » mais « il y a de l’amour », comme on dirait qu’il neige ou qu’il fait jour. On ne dit pas « tu me manques » mais « il y a de la tristesse sans ta présence, de l’abandon ». Une sorte d’impersonnel immense qui déborde de soi. La tristesse est partout, l’amour aussi. Pas de hors-champ du sentiment.

Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. Verlaine, poète japonais né en 1844 et mort en 1896.

  • 1. Ardalia  |  19 février 2011 à 12h03

    Si je viens à Paris, bientôt, tu me le prêtes ? Plus sérieusement, cela paraît en effet alléchant, comme lecture. La lecture à voix haute est une appropriation incroyable du texte, il nous pénètre, nous traverse avec une acuité dont la lecture silencieuse n’est pas toujours capable.

  • 2. gilda  |  19 février 2011 à 12h50

    J’aime beaucoup Verlaine en Japonais.

    L’italien et ses formes idiomatiques impersonnelles tient aussi un peu de ça. Mais peut-être que l’Italie d’avant l’aculturation massive de ces derniers 20 ans tenait un peu du Japon.

    Merci pour l’envie de lecture donnée.

  • 3. thoams  |  19 février 2011 à 13h36

    salut Martin,
    en Espagne les amoureux s’appellent Mi vida, ma vie… M’évoque aussi ce texte de Henry Miller,grabataire amoureux d’une jeune japonaise, il apprend sa langue pour l’appeler bojo no hito (de mémoire), celle pour qui je languis…
    bizatoi

  • 4. Martin  |  22 février 2011 à 19h08

    @Ardalia : Hm prêter les livres cela revient à les donner, et celui-là j’y tiens ! Je rêve d’être riche pour ça : acheter en nombre des exemplaires des livres que j’aime et les donner.
    @ gilda : je ne savais pas :-)
    ça ne m’étonnerait pas que l’Italie d’il y a vingt puisse tenir du Japon, car l’amie qui m’a donné ce livre m’a aussi offert Les lettres du Sahara de Moravia (chez le même éditeur) (que j’ai hâte de commencer)

  • 5. Martin  |  22 février 2011 à 19h10

    @ thoams :
    Ma vie c’est très beau
    en même temps le français je t’aime est intéressant, c’est quelque chose que l’on donne, il y a un choix quelque chose de déterminé et fort
    je ne connais pas le livre de Miller dont tu parles…

  • 6. pivoinerose  |  2 mars 2011 à 15h01

    je cours l’acheter!
    (premier voyage au japon prévu en avril…!)
    merci!!!!

  • 7. weissmann  |  27 janvier 2012 à 22h59

    J’ai adoré ce livre… Je suis triste d’apprendre qu’il est le résultat d’une oeuvre collective… Pourquoi cette déception?

  • 8. Martin  |  9 février 2012 à 18h42

    @ weissmann : oh non ne soyez pas triste :-)
    c’est une belle chose qu’une collaboration et la création d’un monstre de Frankenstein auteur !

  • 9. Anna  |  22 février 2012 à 18h11

    Je ne comprend pas pourquoi il est dit que Verlaine est un poète Japonais. C’est une blague ? Quelqu’un peut m’expliquer, je suis perdue…

  • 10. Yumi  |  2 juin 2012 à 14h20

    Verlaine est un poète français… C’est une (Très grosse) erreur c’est tout ^^

  • 11. Martin  |  2 juin 2012 à 15h43

    @ Anna et Yumi :
    C’est une figure de style. Bien sûr les auteurs savent que Verlaine est un poète français.
    Mais en le disant japonais, c’est une manière de le rapprocher des poètes japonais, de le rapprocher d’un esprit et d’une tradition.
    C’est un peu comme si je disais que Van Gogh est un peintre provençal, ou que Jean-Pierre Melville est un metteur en scène américain.
    Ce n’est pas vrai, mais ça dit quelque chose de leurs influences, de leur, de leur style.

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