12 mai 2011

l’amitié est une gémellité sporadique


Soirée à l’atelier de la rue du faubourg Saint-Denis. J’ai fait connaissance avec un dessinateur italien nommé Alessandro Tota. J’aime beaucoup son style de dessins. C’est l’avantage des ateliers collectifs : les rencontres. Même si je suis effrayé par les autres et que je mets une éternité à ne pas fuir, à ne plus éviter.

Deux demi-journées et une nuit dans une cabane dans un arbre en Normandie. Un rêve d’enfant qui se réalise. C’était parfait.

Revu Lionel. On ne s’était pas vu depuis six mois. On a reparlé comme au bon vieux temps. On s’est retrouvé les mêmes problématiques, comme si parfois nous faisions les mêmes gestes, comme si nous avions les mêmes pensées, comme une gémellité sporadique, complexe. Et c’est de ce battement même, comme un phare, de ces différences tout de même, que nous tirons du jeu, que la perspective naît, nous révèle l’un à l’autre, l’un pour l’autre. Les choses s’éclairent. Nous nous voyons mieux. Nous assistons à qui nous sommes, et qui nous sommes en train de devenir par la grâce de cet éclairage amical. Nous venons de très loin, de très profond, et nous nous débrouillons avec ça, si nous y travaillons nous voyons ce magma, ce bordel de rêves de nos parents, de désirs, de renoncement, de violences bien habillées, alors il est bien évident qu’il n’y a pas de liberté, que nous avons été façonné, que notre liberté s’est exprimée par hasard, par chance, parfois. Mais voilà nous sommes de la matière, et ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Au travail maintenant.

6 mai 2011

Oedème de Quincke, un sport


Hier soir c’était la fête pour les dix ans de la revue Décapage. Le temps de saluer Dominique Gaultier, Claude Tarenne, Dominique Noguez et le rédac’ chef, Jean-Baptiste Gendarme. Cela avait l’air très bien comme soirée. J’ai tenu moins de quatre minutes. Il y a des disciplines sportives auxquelles j’échoue toujours.

3 mai 2011

mal de tête


Depuis lundi, Paris c’est mal de tête et fatigue. Il y une phrase que je me répète souvent : être fidèle aux blessés, pas aux blessures. Une autre : les seuls problèmes qui méritent que l’on s’attaque à eux prouvent leur mérite en ripostant (Erdos). Peu à peu on engrange une série de maximes, de petites fioles que l’on porte à nos lèvres quand les idées noires fleurissent. Alors ça va mieux. Je suis toujours étonné comme la joie n’est pas loin des larmes, comme tout un coup elle renverse tout, efface la mélancolie. Heureusement :-). On est surpris par ces forces sombres et ces forces joyeuses qui semblent s’affronter sans fin, qui peut-être se parlent. Il y a de la conversation dans ce jeu, un langage que nous articulons pour être quelque chose qui ressemblerait à ce que nous désirons être.

Ces derniers temps j’ai lu les bd de Lucie Durbiano, qui travaille dans le même atelier que moi. C’est drôle, léger mais pas vraiment finalement. Je conseille Lo en particulier.

J’imprime beaucoup ces temps-ci, le livre sur mon père que je ne finis pas de finir. Un autre projet aussi, et un livre jeunesse. J’aime ce moment, ce bruit de l’imprimante, les feuilles aspirées, entraînées, marquées, et qui sortent, chaudes.

La bd (un comic-strips : Boogaloo) qui nous a occupé Clément et moi ces trois dernières années est quasi terminée, on commence à prendre contact avec des éditeurs. Croisons les doigts.