16 juillet 2011

Abandon du livre qui m’occupait et me prenait la tête depuis des mois. Pour tout dire : un livre sur mon père. Je me suis aperçu que j’écrivais un énième livre autobiographique, encore un livre sur un parent. Alors bien sûr l’histoire de mon père est spéciale. Mais j’allais faire un abominable livre digne et sensible. Alors que je désire vraiment c’est du bordel et de la colère. Ne pas lisser mon histoire, l’histoire de ma famille, et celle de mon père. Ne pas en faire un objet digne, assimilable, bienséant, teleramesque, pour les bonnes âmes disons. Je ne suis peut être pas très clair. J’y reviendrai. Le récit autobiographique est un problème. C’est plutôt une bonne nouvelle d’ailleurs. Mais ça pose des questions pas simples, et j’ai rarement trouvé des réponses qui me satisfont dans les autres livres autobiographiques. Se mettre en scène, transformer les siens en personnage. Quel bordel, quel malhonnêteté obligée, quelle corruption. Tout ça m’énerve. Rien ne me satisfait. On verra.

Donc j’ai ce manuscrit, le livre est quasi-fini, mais ça ressemble trop à un truc que je n’aime pas. Alors pause. J’y reviendrai plus tard. Dans six mois ou six ans.

Il y a des abandons qui sauvent. Ce sont des bonnes nouvelles. Réjouissons-nous en :-).

  • 1. Liza  |  6 août 2011 à 15h26

    Hé ben, c’est fou et à la fois génial de dire ça ! J’espère que tu trouveras ta voix, pour cette histoire ou pour une autre… Le problème que tu évoques ici est très interessant (même qd on est pas écrivain, la difficulté de parler de soi et de ses proches, de se fabriquer une mythologie…)

    ps : j’ai changé de blog et suis aussi là :
    http://twitter.com/#!/lizarewind

  • 2. lectrice  |  6 août 2011 à 19h09

    Je suis frustrée, et admirative. C’est une décision belle et courageuse. Je me réjouis pour vous.

  • 3. Francesca Tumicelli  |  19 août 2011 à 15h12

    Ciao Martin,

    Je n’avais jamais entendu parler de toi. Mea culpa.
    Un ami m’a suggéré ce matin le livre « Comment je suis devenu stupide » et en essayant quelques info en plus je suis tombé sur ce blog.
    Je ne sais pas encore si je vais aimer tes livres, mais j’ai bien souris de ton sentiment d’insatisfaction ..

    Je suis vachement curieux de voir avec quel niveau d’ironie aiguë tu va nous présenter ton père (t’aurai besoin d’un bon niveau de radical honesty!)

    J’attends. même 6 ans.

    Francesca

    (J’espère que ce que j’ai écrit est compréhensible. J’ai quitté la France il y a quelques années, et sa grammaire aussi)

  • 4. Martin  |  19 août 2011 à 15h51

    @ Salut Liza,
    Oh la donc je vais mettre à jour feedly et mon reader…
    je n’arrive pas à me faire à twitter par contre :-)
    @ Chère « lectrice »,
    merci pour votre mot.
    @ Cara Francesca,
    Je n’avais pas entendu parler de toi non plus :-) donc tout va bien.
    Certains de mes livres sont traduits en italien (chez Garzanti), mais je ne sais pas si les traductions sont bonnes.
    Pour l’ironie aigue, on verra. Ce qui est sûr c’est que ça sera plus fou, violent, méchant, et j’espère aussi joyeux. Je veux parler de la beauté et de la joie qui continuent à palpiter dans le malheur.
    En attendant je retourne à mon roman.
    Martin
    (ton français est parfait)

  • 5. m*m  |  27 août 2011 à 20h03

    Il faut peut-être laisser seulement reposer ? La position d’inconfort possède sa propre fertilité. Suis très curieux en tout cas de le lire un jour. Baci, m

  • 6. Seb  |  3 septembre 2011 à 18h44

    Tiens Barbara chante son père et Nantes…
    http://youtu.be/qxJYj9bcEsg

  • 7. Martin  |  5 septembre 2011 à 16h42

    @m*m : il repose…
    @ Seb : merci pour le lien !

  • 8. Nora  |  19 septembre 2011 à 00h26

    Je redécouvre votre blog que je n’avais pas lu depuis quelques mois. Je cherchais à penser à autre chose en trouvant à lire quelque chose d’apaisant, mais intelligent tout de même, et en tous cas pas hystérique. Je me suis soudain remémoré votre blog.
    Je raccroche en route donc, et bon emménagement à Nantes!

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