30 septembre 2011

Our man in Vancouver


Le blog de Laurent Sagalovisch est ici : You will never late alone. Un blog qui remue, qui énerve parfois, et c’est bien agréable. Voici comment notre ami de Vancouver se présente : « Avant tout, une mise au point. A priori, je ne vous aime pas et je me contrefous de savoir si vous m’aimez ou si vous allez apprécier ou pas ce que je vais pouvoir radoter à longueur d’article. Ce n’est en aucun cas mon problème, c’est le vôtre. Je rajoute que je suis d’une mauvaise foi crasse, que je n’ai d’avis arrêté sur aucun sujet, que je prends un grand plaisir à manier l’art du contre-pied, que je n’aurai cesse de vous provoquer et de vous titiller afin que vous vous sentiez offusqué au point d’aller pondre un commentaire rageur et furieux auquel je prendrais un malin plaisir à répondre. Toujours. »

Ce matin, Gao Shan Luanze Oolong (Shan Lin Shi, Taïwan, thé récolté le 22 juillet) (plus d’infos, ici).

29 septembre 2011

Gradignan


Je serai vendredi, samedi, dimanche à Grandignan pour le salon du livre de poche. Deux rencontres sont prévues, l’une avec Guy Goffette (javais lu Les derniers planteurs de fumée et je découvre sa poésie), l’autre avec Fanny Salmeron (il faut lire Si peu d’endroit confortable ; et elle vient de sortir un nouveau roman, toujours chez l’impeccable Stéphane Million éditeur). Cela va être un beau week-end.

Un café à Nantes, après l’enregistrement d’une petite émission pour France Bleue Loire Océan. Un petit côté Berlin.café sur l'île de Nantes

28 septembre 2011

cinéma


cinéma

Vu ces derniers temps au Cinématographe, au Katorza, au Concorde : The King of Comedy, Habemus Papam, Super 8, La Fée. Et au cinéma on mange des bonbons, évidemment. C’est une des différences entre lire un livre et voir un film : avec l’un on boit du thé, avec l’autre on mange des choses sucrées (il y a peut-être d’autres différences mais elles ne m’apparaissent pas pour l’instant).

28 septembre 2011

un livre


Je viens de terminer Everything we miss, de Luke Pearson, une bd publiée par Nobrow Press, que C* a acheté il y a quelques semaines. Superbe et glaçante. La fin d’une histoire d’amour, et ces animaux étranges qui observent les hommes vivre et se blesser : les anurid ( The most rarely observed creature on this planet is the omniscient anurid -the great observers of human kind. Barely a moment of your life has passed beyond the anurid’s watchful eye. Incurably fascinted by the actions of human beings, they are ever present).

everything we miss, luke pearson

26 septembre 2011

bonnes manières


j'aime j'aime pas

Je viens de recevoir un email. Quelqu’un me propose un échange de liens : il mettrait un lien vers mon site sur le sien, et en échange je mettrais un lien vers son site sur le mien. Je lui ai expliqué que les seuls liens sur ce blog, sur mon site aussi, venaient de rencontres, d’amitiés. Pas de tractation. Ce garçon ne pensait sans doute pas à mal, mais je ne suis éberlué par cette manière de faire.

Une critique m’envoie un message sur facebook il y a quelques jours. Elle m’informe qu’elle a écrit un article sur De la pluie. Elle me précise qu’elle l’a trouvé « assez faible ». Je lui réponds qu’elle est libre d’écrire ce qu’elle veut, mais que me faire parvenir un message personnel pour m’informer de ses sentiments à l’égard d’un de mes livres, ce n’est pas nécessaire. J’essaye de me tenir à l’écart de la critique, négative comme positive, alors qu’on ne me les expédie pas. La critique répond à ma réponse : elle ne m’a écrit que par pure politesse (je cite « Merci de ce message, le mien n’était que pas pure politesse », au passage c’est un joli lapsus). Je lui réponds que je suis étonné que la pure politesse consiste à informer un auteur qu’on trouve un de ses livres « faible » (bon, et le vocabulaire de la force et de la faiblesse…). Que la critique vive sa vie, je n’ai rien à en dire, mais que l’on me laisse vivre la mienne sans lien avec celle-ci, et si on ne comprend pas mon choix, qu’on le respecte. J’ai enlevé cette femme de mes « amis » facebook. Je ne sais pas si j’ai bien fait. Cela a été un réflexe de protection. Les amis facebook ne sont certes pas de vrais amis, mais au moins que les rapports restent corrects. Je ne connais pas cette dame. J’imagine qu’il y a une part de malentendu dans cette histoire, nos messages ont été très cordiaux, elle est sans doute gentille, ça doit être de la maladresse. Mais depuis des années, je travaille à me construire une vie tranquille. Il y a trop de tremblements de terre en moi, j’essaye de les éviter à l’extérieur. Il faut se protéger.

C’est peu dire que je me sens dépassé et en inadéquation avec beaucoup des rapports humains, le jeu social. Il faut travailler à s’entourer de gens doux et justes (et cela n’empêche pas la critique), bienveillants. Je me souviens d’une interview il y a deux trois ans avec une journaliste. Elle m’avait posé les classiques questions de Proust : qu’elle est votre qualité préférée chez un homme ? chez une femme ? J’avais répondu la gentillesse. Elle avait éclaté de rire et s’était moqué de moi. Symptôme de cette époque ou de toutes, je ne sais pas. Tant pis pour elle. Mon départ de Paris n’est pas sans lien avec la dureté des rapports humains dans cette ville. Le cynisme, le sarcasme généralisé, les rapports de force, se vendre, conquérir, plaire, gagner, l’arrivisme, les amitiés utilisées, les réseaux. On s’en fout de tout ça. Alors partir, et s’inventer une vie ailleurs, plus civilisée. Je pense depuis un moment quitter la France. Pour je ne sais pas où. Le Canada peut être. Pour un pays sans doute pas moins violent socialement, mais où les rapports entre les gens sont empreints de politesse, de bonnes manières, de civilité, de candeur, d’élégance relationnelle. Nantes, c’est déjà un peu ça. On verra. Je crois qu’il faut que je m’invente ma vie à la campagne, même en pleine ville.

25 septembre 2011

passage du marché


passage du marché, paris 10°

Je suis de retour à Nantes. Paris a donné lieu à des rencontres, à des retrouvailles. Déjeuner avec Sandrine Bonini ( trouver une maison à notre Zoo des légumes), ciné avec Manon (pour le film qui sonne le plus faux de l’année : Restless -je n’ai pas aimé, mais M. trouve que je devrais lui donner une deuxième chance, et bon je suis pour les deuxièmes chances). Clément était au festiblog ce week-end, et comme chaque année, je ne suis pas là pour l’occasion. Enfin, on s’est retrouvé au passage du Marché dans le 10°, en terrasse de ce bistrot incroyable et pas cher. Une adresse à l’abri. On s’y sent protégé, et parfois c’est tout ce qu’on désire.

J’ai enfin fait mon pot de départ à l’atelier Les dents de la poule (Alessandro Tota m’a donné sa bd qui vient de sortir chez Cornélius, je la commence à peine j’en reparle prochainement). Les gars et les filles de l’atelier me manquaient, me manquent. Au fait, le nouveau site d’Aurélie est ici !

Comment je suis devenu stupide sera joué à Moscou au théâtre Ramt en novembre 2011. C’est une drôle de nouvelle. Bonne bien sûr. Mais je n’arrive pas à m’habituer à l’étrangeté des bonnes nouvelles.

Comme toujours, le temps à changé mille fois aujourd’hui à Nantes.

19 septembre 2011

un antihistaminique pour Paris


Hier matin, premier cours de zazen. De temps en temps, le prof nous raconte des histoires pendant la méditation (sur tel moine qui quittant son temple se cogne le gros orteil sur un caillou etc), j’aime beaucoup ça cette philosophie en action. Aude m’avait passé Traité de zen et de l’entretien des motocyclettes (Zen and the art of Motorcycle Maintenance :  An Inquiry into Values), de Pirsig, je l’avais lu en partie. Je viens de le commander à la librairie Vents d’Ouest du Lieu Unique, à Fred.

Nous partons pour Paris par le train de 17h30. Retour à Nantes entre vendredi et samedi. Revoir la famille, les amis, prendre un verre avec les amis de l’atelier, déjeuners. Retrouver cette ville sans avoir l’inconfort d’y habiter. Paris ne devrait qu’être fugace.

antihistaminique septembre 2011

En attendant, un antihistaminique.

18 septembre 2011

De la pluie


De la pluie, J'ai Lu, 2011Au fait, De la pluie vient de sortir en poche, aux éditions J’ai Lu. Édition corrigée de quelques détails par rapport à l’originale, avec une postface inédite. Anna Pavlovitch (la fille de Paul P., dont j’avais beaucoup aimé le Tom), alors éditrice chez Ramsay, m’avait demandé d’écrire un « petit traité ». Ainsi est né ce livre étrange, pas vraiment un essai, pas de la poésie. Tiens, j’aimerai bien en proposer une version numérique traduite en anglais. Je vais y réfléchir, et peut-être y travailler. Mon rêve aurait été d’avoir une édition illustrée par un dessinateur dont j’aime le travail. Une nouvelle édition papier, belle et pérenne. Peut-être un jour.

18 septembre 2011

prix de la Femme Renarde


La mauvaise habitude d’être soi a obtenu le prix de la nouvelle la Femme Renarde 2011. Le livre de Franz Bartelt, La mort d’Edgar, a obtenu le même prix. C’est ce qu’on appelle un ex-æquo, et on ne peut regretter qu’une chose, c’est que l’ex-æquo ne soit pas une règle et une contamination : il ne faudrait jamais être seul à affronter les bonnes nouvelles. J’ai rencontré Frédérique Martin, Frédérique Clémençon, Frédéric Monlouis-Félicité, Emmanuelle Urien, Marcus Malte, Catherine Thernaux, Shmuel T. Meyer, Delphine Montalant, l’éditrice d’Atelier In8… lors de ces deux jours, les salons servent aussi à ça, découvrir de nouveaux auteurs, se trouver des alliés. Je suis toujours aussi peu à l’aise dès qu’il y a plus de deux personnes autour de moi, mais il y a aussi eu de belles rencontres avec des lecteurs, un débat, une lecture. J’ai retrouvé Serge Joncour, encore éberlué par une récente affaire. Un prix est une injustice faite de hasards, j’imagine qu’il ne faut donc rien en conclure. Merci à Jacques Griffault, pour sa gentillesse, sa capacité à organiser des complots positifs. Merci à Caroline et Nadège, les libraires de la Femme Renarde, à qui j’ai trop peu parlé, trop embarrassé. Cela se passait à Lauzerte. Quentin n’était pas là, mais des bocaux locaux et des magrets sont arrivés jusqu’à lui. Eric Holder était là lui, et nous avons parlé, pas autant que je l’aurais voulu, et c’était comme toujours un beau moment.

17 septembre 2011

le livre comme phénomène géologique


Avec C*, près de l'île de Versailles, changement de Bicloo (vélib)Ces temps-ci je lis Qu’est-ce que l’hypnose ? de François Roustang.

« Seule l’imagination peut ignorer la séparation et l’isolement des choses, ainsi que leur rejet mutuel, pour les saisir dans leurs échanges et leurs correspondances, c’est à dire comme tonalité. »

« Lorsqu’elle se tourne vers le réel, l’imagination ne repousse rien : elle est l’efflorescence de la veille généralisée. En effet, elle ne s’éteint jamais, éclairant nos nuits par les rêves, plus utiles que les informations de nos yeux et de nos oreilles pour nous révéler ou et ce que nous sommes. Elle éclaire nos jours par son bondissement au-delà ou en-deça des objets déterminés et par le surplomb qu’elle autorise de nos existences. En laissant venir cette note qu’elle inclut dans l’ensemble de la partition, l’imagination est réaliste, elle est même seule à être réaliste, puisqu’elle propose un univers infiniment plus riche que celui présenté par l’attention à ce bras, cette main ou cet archet. Elle est ce qui résiste à la réalité préformée et c’est pour cela qu’elle est capable de la transformer. Quand notre imagination, avec son pouvoir de configurer un monde, sert de résonance à la réalité globale, infiniment plus complexe que la réalité précédemment balisée, notre réalité se modifie. Nous disposons donc en elle de quoi nous mouvoir allégrement dans tous les systèmes de références déjà codifiés. »

« Mais lorsque la mémoire transfère son contenu dans l’imagination, le pouvoir de celle-ci peut y produire de nouvelles combinaisons. Donc, en un sens, le passé est indéfiniment transformable, si bien que notre histoire se renouvelle en permanence et qu’elle peut être renouvelée activement et radicalement si nous laissons agir le pouvoir de l’imagination. »

C’est un essai passionnant, F. R. met des mots sur des choses informulées, le réel en possibilité, tout s’étend et bouge, c’est troublant et stimulant. Les livres sont des phénomènes géologiques.

15 septembre 2011

propaganda


Un petit texte pour Le Monde. Parler d’une écrivaine pas encore assez lue, un de mes auteurs préférés. C’est ici.

15 septembre 2011

l’or s’apprivoise


Nantes, vue sur l'île de Versailles

Arriver dans une nouvelle ville, c’est chercher des tas de nouvelles choses, meubler son appart, et aller en quête de nouvelles personnes, de nouveaux médecins (j’ai déjà un dentiste au nom de compositeur et un psy qui me fait croire à l’existence du dieu des coïncidences) et peut-être si on est chanceux, si on se débrouille bien, de nouveaux amis. Des visages qui n’existaient pas, des tons de voix pas encore connus. C’est un Noël dont on est l’instigateur. Une chasse au trésor, non pas la ruée vers l’or, mais l’apprivoisement de l’or, quelque chose qui ne brille que dans le durée, parce qu’on prend le temps de le connaître. Photo prise à deux pas de chez nous, sur le pont de la Motte Rouge, donnant sur l’île de Versailles.

13 septembre 2011

un café


café, face à l'île de Versailles

L’appartement est grand, mais depuis des années je suis habitué à travailler en atelier, à sortir de chez moi, faire un trajet, et cohabiter avec d’autres artistes dans une grande pièce, ou un appartement divisé en bureaux, toutes portes ouvertes. Je n’ai pas encore trouvé d’atelier à Nantes, pas encore vraiment cherché non plus, on verra. J’aime la collectivité individualiste d’un atelier, l’atmosphère de concentration, les pauses, le déjeuner pris ensemble, les discussions, parler travail, se montrer ce que l’on fait, recevoir des invités le temps d’un café. Pour l’instant, le matin, j’écris à mon bureau de l’appart, je réponds aux emails, je lis les blogs auxquelles je suis abonné via feedly, je m’occupe des trucs administratifs. L’après-midi, surtout quand je n’ai pas besoin de mon ordinateur je m’installe dans un café, près de l’Erdre, face à l’île de Versailles.