31 octobre 2011

les monstres sont de notre côté


la citrouille qui veille sur nos âmes

J’ai toujours aimé les films d’horreur (et les livres d’horreur). Pour l’ambiance dans la salle de cinéma, par les commentaires, les cris, les mots, que les images provoquaient. Il y a avait une absence de sérieux, un rapport ludique en même temps que profond à la mort, à notre propre disparition. Aujourd’hui j’ai du mal à voir, et à revoir, des films que je regardais en mangeant de la pizza et en buvant du Coca adolescent avec mes amis bizarros. Mais de temps en temps, j’y reviens, j’achète Mad Movies (le magazine de notre adolescence prolongée à mon frère et à moi). Les monstres nous font peur pour nous prévenir. Je m’y sens chez moi. En novembre auront lieu Les Utopiales, festival international de science-fiction de Nantes, et nul doute que je m’y sentirai plus à l’aise qu’aux Rencontres Littéraires de Manosque (sans doute le meilleur festival littéraire, le mieux organisé, le plus ouvert et accueillant, et pourtant je m’y sens comme un intrus, déplacé). C’est Halloween aujourd’hui. J’aime les fêtes, peu m’importe que ce soit commercial et américain, j’aime ce surnaturel invité le temps d’une soirée. Il n’y a pas assez de fêtes, à une époque je pensais fêter toutes les fêtes de tous les pays. J’ai rencontré une fille qui a dit à son enfant que le père Noël n’existe pas. C’est incompréhensible pour moi. J’aime le père Noël, et cette fête. Ne pas y voir la joie et l’idéalisme de ces nuits-là, c’est triste. Mais si des adultes disent aux enfants que le père Noël n’existe pas, c’est sans doute qu’ils veulent protéger leurs propres père Noël, leurs propres illusions, bien moins joyeuses, bien moins belles. Aujourd’hui j’ai sculpté cette petite citrouille. Bouhhh.

31 octobre 2011

vivre


bords de l'Erdre, à deux pas de chez nous

A deux pas de chez nous. Je ne sais pas si la ville m’est nécessaire, et je n’aime pas m’identifier à l’une d’elle. Mais celle-là me plaît de plus en plus. Nous nous entendons bien. Vous connaissez cet album de Jaymay, Automn Fallin’ ? C’est le moment de l’écouter.

Retrouvailles avec ma bibliothèque donc. J’ouvre Vivre, de Milena Jessenska (la Milena de Kafka) : « Dîtes-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couché dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l’étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu’au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l’horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N’avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu’il vous en faut pour vous libérer de la douleur ? »

« Je crois fermement que le monde vient à notre secours. On ne sait ni quand, ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même. »

30 octobre 2011

le retour de la bibliothèque


Frances Yates

L’arrogance de ceux qui décrient le livre numérique m’énerve tout autant que l’arrogance de ceux qui déclarent le livre papier mort et enterré. Époque bizarre. De fait je m’intéresse au numérique, c’est une occasion de liberté, ça met un joyeux bordel, et de nouvelles maisons d’éditions naissent pour de nouveaux auteurs. Mais c’est aussi plus de pollution, de l’électricité et des machines qui se cassent, que l’on remplace. C’est aussi un danger pour les libraires, passeurs des livres, qu’il faut défendre coûte que coûte, car leur rôle n’est pas accessoire. C’est peut-être aussi un danger pour les éditeurs, et on ne saurait se passer des éditeurs qui font encore un véritable travail d’édition (on en retrouvera sur internet je pense). Et les bibliothécaires ? Qui parlent des bibliothécaires ? C’est dans les bibliothèques que je me suis formé. Quelle va être leur place à l’ère du numérique ? Je ne sais pas, je fais le pari que ça sera pour nous tous l’occasion de réinventions. On verra ce que tout ça va donner. J’écoute de la musique sous forme de mp3 depuis dix quinze ans. Je suis passé par Deezer et Grooveshark, je suis abonné à Spotify. Mais depuis que nous sommes installés, je n’écoute plus que des vinyles. Les cd sont obsolètes pour moi, mais pas ces beaux disques noirs. Et si tout existait ? Sans supériorité, sans le streaming c’est mieux que le vinyles ou le contraire ? Avec des livres numériques, des livres papiers. Ce qu’on veut, ce qui nous convient, suivant le moment. Espérons : les beaux objets, solides, à qui l’on donne le loisir de vieillir, continueront à plaire et à nous accompagner.

Après deux mois, nous avons enfin acheté des bibliothèques (une dizaine, petites, moyennes et grandes). Elles occupent la même pièce. Je retombe sur des livres. Celui-là par exemple : Fragments autobiographiques, de Frances Yates (oui, Yates du L’art de la mémoire). On lit sur la quatrième de couverture : « C’est ainsi que je continuai à échapper à toute éducation régulière, presque par accident. Ce fut une chance merveilleuse. ». Et page 70 : « Cette extériorité au système m’a laissé ma liberté, mais elle a aussi eu l’inconvénient, pendant de nombreuses années, de me rendre peu confiante en moi-même et mal assurée de ma situation ». (pas d’argent veut-elle dire)

Revu pour la cinquième fois l’émission d’Arrêt sur Images avec pour invité Frédéric Lordon à propos de son livre sur Marx et Spinoza. Bonheur :-)

30 octobre 2011

Bobin


Bobin, sur Emily DickinsonTrouvé dans ma boîte aux lettres samedi matin. Merci Izabelle. Pour tous les amoureux d’Emily Dickinson. Premier livre de Bobin que je lis, belle découverte.

L’après-midi file, et nous allons voir Bonnie Prince Billy au Lieu Unique ce soir. Je retourne à mes re-corrections du Beckett.

Vu Submarine, un beau film plein de défauts, très inspiré d’Harold et Maud et de Wes Anderson (lui-même très ami avec le film d’Ashby). Mille idées originales, phrases que l’on envie d’apprendre par cœur, mais film moyen au final. Tiré d’un roman pas encore traduit en français, par Joe Dunthorne. Très envie de le lire.

30 octobre 2011

ce n’est pas mon monde


près de l'Erdre, octobre 2011C’est peu dire que je ne me trouve pas à l’aise dans ce monde de l’édition, même avec ceux qui me soutiennent. Pour être passé à un cocktail il y a quelques mois lors de l’anniversaire d’une maison d’édition, je n’ai eu qu’une envie : mettre du lsd dans leur vin rouge bio. Une météorite qui écraserait tout. Un tremblement de terre. Je me sentirai toujours plus à l’aise avec les freaks & geeks qu’avec les petits bourgeois surdiplômés du monde artistique. La littérature blanche ce n’est pas ma place. C’est trop chic, trop bien élevé. Qu’est-ce que je fous là ? Dans un milieu dont les rapports me déplaisent, dont la violence structurelle m’horrifie, dont les buts de reconnaissance sont dérisoires. Derrière les bonnes manières et les références cultivées, il n’y a que rapports de force et prestige vide de sens. Je n’ai pas ma place ici, m’y trouver est un accident, ce n’est pas mon monde. Il me reste à me l’inventer, ou à continuer à être un contrebandier. Être un contrebandier, c’est chouette, on survit, mais ça fatigue. On rêve parfois d’une île où accoster. Mais peut-être que ça sera partout pareil, et qu’être étranger, aux groupes, aux maisons, aux milieux, c’est ce que je suis, c’est mon identité.

30 octobre 2011

vassalité


droits de De la Pluie, octobre 2011Parfois il y a de bonnes nouvelles : je récupère les droits de De la pluie (qui vient de sortir en poche). Car les droits se perdent ou se cèdent. Une maison d’édition en reste propriétaire toute la vie de l’auteur et soixante-dix ans après sa mort. Ce n’est pas partout comme ça. Dans bien des pays les droits ne sont cédés que pour dix ans. On appelle ça l’exception française. Autre petit plaisir : un éditeur conserve les droits d’un livre même s’il ne paye pas les droits d’auteurs à l’écrivain. Je sais ça paraît bizarre. Un écrivain récupérera ses droits si le livre n’est plus disponible en librairie (alors envoyer lettre recommandé etc ça prend un an, délai légal). Mais avec le print on demand (et les ebooks), tout ça va changer, ça ne sera plus possible, l’auteur va perdre un droit majeur. Il y a des livres prisonniers d’éditeurs qui n’en prennent pas soin, et cette situation va empirer. Là aussi il est possible de changer les choses.

Un éditeur disait dernièrement : « Ce sont les éditeurs qui prennent tous les risques ». Quel cynisme. L’auteur est maltraité, oublié, relégué dans une position subalterne, comme un simple employé (la relation auteur éditeur est un rapport de classes sociales). Un symptôme en est la prédominance de l’image des maisons d’édition sur celle des auteurs. On est un auteur Gallimard, Minuit etc. La maison compte plus que le nom de l’écrivain. Ce sont des aras. Nous avons en France une littérature de maisons d’édition (pas d’éditeurs, car il y en a peu), pas d’écrivains. C’est une littérature institutionnelle qui singe les gloires passées et flatte les esprits de corps. Mon éditrice, Alix Penent, vient de quitter les éditions de l’Olivier pour les éditions Flammarion. Je vois autour de moi, parmi les libraires et certains auteurs la difficulté à envisager la possibilité de quitter une maison chic (l’Olivier, très bon catalogue, très bonne équipe, un plaisir à y être) pour une maison à l’image plus brouillée (pour être poli). Un ami me disait qu’il ne fallait surtout pas que les auteurs de l’Olivier qui travaillaient avec Alix aillent chez Flammarion, car cette maison d’édition n’avait pas l’image de l’Olivier (ni le catalogue, mais who cares?). Je trouve cette remarque hallucinante. Les auteurs s’ils publiaient chez Flammarion devriendraient-ils moins bons ? Non, évidemment. Ils auraient la même éditrice. Je vois aussi que pour certains auteurs il importe plus d’être publié par une certaine maison d’édition à la prestigieuse réputation que de continuer à travailler avec l’éditrice en qui l’on a confiance. Il y a quelque chose de profondément déprimant dans ces réactions. Le flacon compte, on en est encore là. La France est le pays où un livre ne sera pas jugé de la même façon s’il est publié chez Minuit ou chez Albin Michel (Albin Michel s’en sort très bien, je ne m’inquiète pas). On en vient à acheter un livre des éditions de Minuit, un livre Gallimard, un livre POL. Il y a le chic et le manant, les bons élèves et les mauvais. L’auteur devrait revenir au centre de la scène. Même s’il décide de s’abriter d’ombres, c’est sa place. Il y a une vassalité dans les rapports auteurs éditeurs qu’il serait temps de renverser. Les auteurs sont en cause aussi, car ils ne rêvent que de reconnaissance et de respectabilité, ils se conduisent comme des enfants, cherchent les bonnes notes, les points, les articles et les prix. Ils veulent être complimentés et cajolés, flattés. Tant pis pour eux. Ces blessures à notre liberté se payent. Elles sont un choix.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire de ce livre sur la pluie. En faire une édition numérique je pense. Et si un éditeur est intéressé, une nouvelle édition papier. On verra.

30 octobre 2011

peut-être un jour


vagues dessins à la plume et à l'encre de Chine (moi et C*)Une amie vient de se faire virer de son stage, car elle n’était pas assez efficace. Évidemment elle était encore étudiante. Quelle société de merde. Les stagiaires sont pas, ou à peine payés, ils sont censés être formés, mais on attend d’eux qu’ils occupent le poste d’un véritable professionnel. L’édition aussi a recours aux stagiaires, rarement dans des conditions décentes. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas assez d’argent pour payer un salarié en plus, c’est de la connerie, je vois quelques postes budgétaires qui pourraient perdre du gras. On profite de la fragilité économique des gens, jeunes ou pas jeunes peu importe, on se sert d’eux, pourquoi pas ? ils sont là, polis, compétents, rêvant d’un boulot. On profite d’un marché du travail en lambeaux, et on instaure un rapport défavorable aux stagiaires et aux précaires en tout genre. On s’invente des justifications bien sûr, car parfois des patrons s’imaginent de gauche c’est plus chic. Peut-être un jour on en aura assez de se laisser traiter ainsi.

29 octobre 2011

automne


Il n’y a pas d’autres saisons que l’automne. Le monde a été crée pour que les feuilles rougissent, et que la douceur et la fraîcheur de l’air ne se distinguent plus vraiment. Nous sommes enfin installés, le dernier carton a été vidé tout à l’heure, la dernière bibliothèque construite. Enfin, chez nous. Comme l’automne est là, malgré les tentatives de l’été de s’éterniser, nous faisons la cuisine (mes lasagnes hétérodoxes, je fais revenir chaque ingrédient séparément dans l’huile d’olives), et puis c’est le bon moment pour se remettre au pu-erh (vrac 28 de 1998, maison des trois thés), le thé des fantômes. Bien sûr (jeunes artistes urbains de gauche écolos pantalon en velours vélo etc la panoplie complète) nous sommes inscrits à l’AMAP du quartier, et chaque semaine nous avons droit à des légumes surprenants (blettes, betteraves crues, pommes de terre, potimarons) et à une grande variété de fruits (pommes ou pommes, poires parfois). C’est l’aventure telle qu’elle devrait toujours être : douce et civilisée.bords de l'Erdre

lasagnes

compote

pu-erh 28, 1998

17 octobre 2011

Strasbourg


Nantes/StrasbourgCe mardi 18 octobre 2011, je serai à la médiathèque Robertsau à Strasbourg, 19h, pour une rencontre. C’est déjà un peu l’Alsace à la maison (chansons, gastronomie, costumes traditionnels), je ne vais donc pas être dépaysé :-).

17 octobre 2011

décapage


décapage, 2011

Le nouveau numéro de décapage vient de sortir. Cela n’arrive pas souvent, il y a davantage de saisons, raison de plus pour ne pas laisser passer l’automne et l’hiver empaquetés avec art dans ces pages. On est bien loin de l’académisme et du style vieille France, du simili-trash et des héritiers obéissants de maîtres décédés. Cela fait du bien.

17 octobre 2011

Margaret Atwood


mongolfières entre Boulogne et Dunkerque, octobre 2011C* vient de nous offrir Cibles émouvantes un recueil d’articles de Margaret Atwood (écrivain qui a joué un rôle dans notre rencontre). Il y a un portrait de Northrop Frye, dont j’ai lu un livre sur Shakespeare et dont j’aimerais lire son livre sur Emily Dickinson (mais il n’est pas traduit en français et je mets deux fois plus de temps à lire en anglais). Ce texte confirme tout le bien dont j’avais l’intuition à son propos.

Northrop Frye « donnait l’impression de considérer l’écriture comme normale. Il semblait y voir non pas une occupation à laquelle s’adonnaient des êtres à la psyché en lambeaux, mais au contraire une activité humaine essentielle. Il prenait nos ambitions au sérieux ».

16 octobre 2011

rescapés de retour dans la cour d’école


cigarette from Martin Page on Vimeo.

Avec Jakuta, dans la cour de l’école d’un village, Wallers-en-Fagne, près de la frontière belge, on s’est pas mal perdu avant d’y arriver, heureusement le gps était là. Je ne fume pas, mais de temps en temps je crapotte, plaisir de tenir une cigarette, biberon toxique, radiateur portable, étoile qui brille quand on la respire. C’est une chance de parcourir les routes et d’aller dans des endroits auxquelles on ne s’attendait pas. Il n’y a pas grand monde, et ce n’est pas grave. Ce ne sont pas des salons, pas des endroits chics, mais voilà des grand-mères, des gens modestes, quand la simplicité est belle, des gens qui viennent par hasard, pour voir, d’autres car ils aiment lire, pas forcément les livres que je lis, mais encore une fois on s’en fout, c’est la chance des rencontres inespérés, avec des êtres différents, on est loin de Paris, géographiquement, psychologiquement, éthiquement, on discute de notre travail pendant une heure et demie, même s’il y a encore cette satanée table qui fait une idiote séparation. En six jours, nous avons fait une quinzaine de rencontres, alors forcément les questions sont parfois, souvent, les mêmes, mais la voix n’est pas la même, la tonalité, l’intention, et puis nos réponses évoluent aussi, elles s’enrichissent, elles prennent d’autres voies, on comprend ce que l’on pense en s’écoutant répondre à des questions que l’on se serait pas posé, on parle aux autres, mais tout autant à soi-même, on se révèle des choses grâce à ces quelques personnes assises en face, car la rencontre, la présence de l’autre a des effets, on pense mieux, plus justement, des idées viennent, l’inspiration est là. Je suis solitaire et j’ai peur des autres, mais j’aime parler dans ces occasions, sans doute parce que je suis protégé, je suis écrivain alors on me considère avec bienveillance, ce job est un passeport pour moi l’inadapté, le moyen qui m’a permis de rencontrer d’autres gens, de parler, car sans ça cela m’est presque impossible. C’était chouette cette cour d’école, alors qu’on n’est plus un élève, qu’on en a réchappé, le lieu des anciennes batailles. Nous sommes au moins sauvés de ça.

16 octobre 2011

home sweet home


Belle semaine. Merci à l’équipe de L’escale des Lettres, à Shéhérazade, Élodie, Ludovic, Olivier de Solminihac, Carole Fives trop rapidement croisée à la librairie Chapitre d’Arras, Manu, les bibliothécaires, les profs. Mais pas mécontent d’être à la maison. Je m’y sens protégé. Le monde extérieur est trop plein de dangers. M’attendaient deux livres. La nouvelle édition coréenne de « comment je suis devenu stupide » :

nouvelle édition coréenne de "comment je devenu stupide"

et mon petit nouveau, Bienenzucht nach Samuel Beckett, dont seule la traduction allemande est disponible (chez Merz&Solitude), je dois m’occuper de le faire publier en France (donc trouver un éditeur qui aimera cette histoire étrange). Le titre français est « l’apiculture selon samuel beckett » : l'apiculture selon samuel beckett

14 octobre 2011

dans la nuit


dans la nuit from Martin Page on Vimeo.

Retour de Boulogne hier soir, arrivée peu avant minuit, près de deux heures en voiture. Heureusement il y avait de la musique, on se sent comme dans un film alors, les phares écartent la nuit, de vieilles chansons éclairent le silence. Un peu plus tôt, discussion autour du numérique, de la littérature qui va continuer à évoluer, impression de deux mondes qui ne se comprennent pas, comme un schisme. Beaucoup de route ces jours-ci. Plus tôt encore, nous avons rencontré des enfants, CM1 et CM2. Les petits sont doués.

13 octobre 2011

inventer des catastrophes


Je m’essaye aux tsunamis.

L'inondation est une introduction, hôtel des trois ..., Arras

La chambre de l’hôtel d’Arras est gigantesque. Un mini-appartement. Il y a même un lit d’enfant. Impression d’être chez soir, mais avec une vie que l’on ne se connait pas (un enfant, une télé).

Jakuta et moi allons écrire un petit livre pour rendre compte de cette semaine. Il sera publié par nuitmyrtide éditions. Hier soir, nous avons pris notre soirée pour en parler, dresser les plans de la bataille. Nous avons pris un hamburger en bas de l’hôtel, et ça s’est terminé devant la télé à regarder The Mentalist (on a tenu vingt minutes, ce n’était pas très bon) puis un documentaire sur la bombe atomique. Je n’ai jamais mangé hamburgers aussi délicieux en France (pain home made, steak haché sur place, et il y avait des onion rings). L’échoppe s’appelle Me & You.

hamburger de chez Me & you, Arras

13 octobre 2011

opinions panoptiques


librairie Chapitre, ArrasAvec Jakuta, nous passons la semaine dans le Nord. Rencontres avec des collégiens, des lycéens, avec des adultes le soir, et, par deux fois, avec des prisonniers. Je ne sais pas ce que je pense souvent, et il y a une pression pour que nous ayons un avis, on nous éduque à ça, l’opinion c’est la base de la socialisation, si on n’en a pas, on devient un peu invisible, mais c’est pas plus mal l’état de fantôme parfois. Je ne sais pas quoi penser de ces rencontres, surtout en prison bien sûr. En tout cas, dans tous ces lieux, nous nous sommes sentis à notre place, un peu timides bien sûr, mais nous étions bien là. Jakuta l’a remarqué : les prisons ressemblent aux écoles. Ce sont les mêmes couleurs, il y a des similitudes architecturales et hiérarchiques.

3 octobre 2011

parfois les choses se passent bien


Stéphane MillionC’était hier, à Gradignan. Stéphane Million, éditeur attentif, lors de la rencontre/lecture avec Fanny Salmeron. Comme on peut le voir, au début nous étions plus nombreux sur scène que dans la salle. Cela valait bien une photo. Puis une femme est arrivée. Et peu à peu un peu plus de monde. Belle rencontre, légère et marrante, on a parlé académisme littéraire, influences, bons élèves-écrivains, écrivains-professeurs-très respectueux. J’ai retrouvé quelques amis sur ce salon. Et puis Éric Holder m’a offert un de ses livres (je suis tout fier), et je lui ai offert De la pluie. Il y a des écrivains dont j’aime le travail et dont j’aime la personnalité, Éric est de ceux là, même si ma timidité m’empêche de bien l’exprimer. Acheté Journal de la création, de Nancy Huston (en attendant Professeurs de désespoir). Chouette débat aussi avec Guy Goffette. C’est Delphine Montalant qui nous a interrogé (le voyage, Paris, l’enfance). Quelques retrouvailles avec des auteurs, illustrateurs, lecteurs. Comme toujours j’ai fait bande à part, mais quelques moments partagés avec certains, certaines. Les groupes, la foule, le monde, ce sont des incendies.