29 février 2012

boire peut-être


essayer de boire un mercredi matinJe fais pas mal de choses ce matin, à tel point que je n’ai pas eu un moment pour boire ces deux mugs préparés à une heure d’intervalle. Je crois que je vais aspirer les molécules d’eau présentes dans l’air.

Et sinon j’ai téléchargé L’art, entretiens de Rodin avec Paul Gsell. Un livre qui m’avait marqué quand je l’ai lu pour la première fois il y a une quinzaine d’années (mon exemplaire, publié par Grasset, a disparu, donc là ça sera epub). J’ai commencé à le relire, joie et inspiration.

28 février 2012

travail nocturne


Au lit, en train de relire les épreuves de Nous avons des armes et nous ne savons pas nous en servir, le livre épistolaire avec Jakuta. Grosse journée demain. Tentative de rangement de la bibliothèque ce soir, et départ d’un certain nombre de livres. Pas de classement alphabétique. Mais les étagères du milieu, à hauteur de regard, pour mes livres préférés.

27 février 2012

Caroline


Ce week end on a aussi passé du temps avec Caroline, une amie photographe, qui vient d’ouvrir son site/blog, c’est ici. Allez-y ! Il y a eu Shining aussi (au Cinématographe) et une après-midi à Pornic. Ce matin, retour au travail, mettre un peu d’ordre dans mes idées, et y aller.

27 février 2012

on ne part en vacances que chez soi


Manon est venue passer trois jours à Nantes. J’ai l’impression qu’on ne découvre une ville qu’en y recevant des amis. Y habiter ne suffit pas. Trois belles journées, sans travail, des sortes de vacances. On a assisté à une rencontre avec Miguel Benasayag (viré de France Culture il y a quelques années, philosophe) et Angélique Del Rey, et c’était passionnant, sur la résistance et le conflit, l’absence de « grand soir » et « d’homme nouveau » (ouf), et l’importance de toutes les petites choses, à contre-courant. Puis fin de soirée à La maison, le plus chouette café de la Terre (je ne bois pas de bière habituellement, mais là il y en a une super). Découverte d’une « cantine » chaleureuse et pas chère près de la rue du Calvaire, le Badérioc,. Aujourd’hui on a dévalisé Bossard, expo de la photographe Corinne Mercadier à l’Atelier, petit passage par un restaurant bio et idéal, le café Grimault, (déco, gentilesse du patron, cuisine inventive de la fille, et prix modestes), et enfin Les Machines de l’île pour une ballade à dos d’éléphant. Il n’y a que dans sa propre ville qu’on devrait partir en vacances.

Café Grimault

27 février 2012

lecture 4


Et non je ne lis pas que les livres de mes amis. Je termine Quoi ?, bd sur l’histoire de l’Association par ses créateurs (et invités) (mais sans Menu évidemment). Un livre à neuf voix, une aventure collective, amicale, bordélique et triste. Superbe livre.

Quoi ?Le titre de ce livre a une drôle d’histoire, je vous laisse la découvrir.

En ce moment, Clément et moi nous arrachons un peu les cheveux pour trouver un titre à notre bd (un titre qui nous plaise et qui plaise à Wandrille -là est la difficulté). Les titres, pour moi, cela n’a jamais été facile, mais il suffisait que je m’y mette et je trouvais (et sinon la discussion permettait de débloquer la situation en un clin d’œil). Là, on rame pas mal, c’est très bizarre. Mais ça arrive, c’est juste une nouvelle expérience à ajouter à la liste des expériences.

27 février 2012

lectures 3


Clarence Flûte et le secret de Sybille, une histoire écrite et dessinée par Sandrine Bonini, qui vient de sortir aux éditions Autrement. Son dessin est expressif et beau, et l’aventure de ce jeune scientifique plein d’imagination et un peu à côté de la plaque (et de Sybille) est très bien écrite (je pense être objectif quant au talent fou de Sandrine, mais je me dois de préciser que c’est une amie).

Clarence Flûte (Sandrine Bonini)

27 février 2012

lectures 2


Je viens de lire deux bd de Merwan. Pistouvi (dessiné par Bertrand Gatignol), une belle histoire fantastique (sous forme de manga) entre une petite fille et un renard (qui n’aime pas la forêt). Et Le bel âge, une histoire contemporaine sur les saloperies que les êtres humains se font subir sous prétexte de sentiment et de sexe. Amitiés, amours, études, chez des jeunes gens, blessés et blessants. Bd sensible, fine, pas très optimiste. Mon seul regret est la brièveté du livre (c’est le premier tome) (précision : je connais Merwan).

Pistouvi (Merwan)Le bel âge (Merwan)

22 février 2012

lectures


Hier, déjeuner avec Dalibor Frioux (auteur de Brut, que je conseille, enfin de la politique fiction, intéressante, complexe, parfois un peu trop pour moi -je préviens, c’est un ami- mon voisin et collègue Nantais. On a parlé travail, pâtes, auteurs. Il m’a passé ce livre et Bergounioux, m’a parlé du Carnet d’or de Doris Lessing (et du Cinquième enfant). Je crois que j’ai essentiellement parlé de littérature de genre comme on dit (je suis un mauvais élève).

B-17 G

J’essaye de convaincre mes amis de venir habiter Nantes, quelques uns y pensent, mais ce n’est pas facile, le travail est à Paris.

Et puis, je viens de recevoir le premier roman d’Eloïse Lièvre, La biche ne se montre pas au chasseur. Je le lis ce week-end, dès que j’aurai fini le premier tome des aventures de Sally Lockart.

Eloïse Lièvre

20 février 2012

frontière


La frontière n’est pas entre les éditeurs papier et les éditeurs numériques, mais entre les éditeurs qui se soucient des auteurs, des lecteurs, qui sont civilisés, avec qui les rapports sont honnêtes, dénués d’arrogance et d’agressivité, et les autres. Même chose pour les auteurs, les critiques, les libraires. Il n’y a pas de paradis.

18 février 2012

le droit contre la morale


Dans l’affaire opposant Gallimard à François Bon, le droit est peut-être du côté du premier. Je ne connais pas la traduction du Vieil Homme et la Mer, par Jean Dutourd, mais si effectivement elle est mauvaise, alors c’est être du côté d’Hemingway que d’en proposer une nouvelle. Défendre un auteur cela peut impliquer une désobéissance à l’égard de la loi. Je connais la traduction de The Long Goodbye (dont le titre français est Sur un air de navaja) et je découvre la traduction de Pop. 1280 de Jim Thompson (ça donne en français, 1275 âmes, oui oui sans rire, et quelques pages coupées par Duhamel), et je suis effaré. Que de telles traductions perdurent est scandaleux. Des éditeurs qui ont les moyens de refaire des traductions datées, pleines de formules argotiques d’il y a cinquante ans, approximatives, mauvaises, et qui ne le font pas, sont en faute. Pas devant la loi. Mais devant les auteurs dont ils se déclarent les défenseurs et les gardiens. On nous embête avec la peur du piratage, ce faux-problème, les drm etc (bon, la fermeture de megaupload et des sites pirates de livres en Ireland, on ne va pas s’en plaindre, ces sites faisaient de l’argent, on est très loin du partage et de l’échange) sous prétexte de défendre le droit d’auteur. Défendre le droit d’auteur, cela devrait être avant tout défendre le droit des auteurs (à être correctement rémunérés, traduits, diffusés, traités). Et parfois, de plus en plus souvent, la loi n’est pas du côté des auteurs, ni des lecteurs.

16 février 2012

Nous avons des armes et nous ne savons pas nous en servir


Le livre que Jakuta Alikavazovic et moi avons écris ensemble est terminé. Enfin plutôt : nous l’avons terminé, il est maintenant entre les mains de l’éditeur, Nuit myrtide. C’est un livre épistolaire (titre : « Nous avons des armes et nous ne savons pas nous en servir »), assez court, mais riche j’espère. On y parle d’armes, de hamburger, de fantômes, de chat noir et de corneille égorgée, de prison, de petit déjeuner, de cheveux qui font des tableaux, de l’école, des ruses à mettre en œuvre pour survivre. Et de tous un tas d’autres choses. Il devrait sortir en avril. Je vous tiens au courant. C* a fait un dessin pour le livre, représentant Jakuta et moi, dans notre pose habituelle, prêts à affronter le monde.

Jakuta et moi, prêts à affronter le monde

15 février 2012

la musique des amis


Certains de mes amis font de la musique, et ils sont très talentueux.

Le groupe de Lau : Belladone (vous pouvez écoutez des morceaux en cliquant sur le lien, et acheter l’album).

Le groupe de Clément (avec qui je fais un album bd qui sort chez Warum en septembre) : hoochie koochie baby (vous pouvez écoutez en cliquant sur le lien ; pour acheter l’album, Cool cool cool, c’est ici) (et le blog culinaire de Clément est ).

14 février 2012

Timisoara


Si vous êtes dans le coin : le 24 février, première de l’adaptation de Comment je suis devenu stupide au Théâtre National de Timisoara, Roumanie. Plus d’infos ici.

13 février 2012

Portrait of a Young Girl Raped at a Suburban Party (Brian Patten)


And after this quick bash in the dark

You will rise and go

Thinking of how empty you have grown

And of whether all the evening’s care in front of mirrors

And the younger boys disowned

Led simply to this.

Confined to what you are expected to be

By what you are

Out in the frozen garden

You shiver and vomit –

Frightened, drunk among trees,

You wonder at how those acts that called for tenderness

Were far from tender.

Now you have left your titterings about love

And your childishness behind you

Yet still far from being old

You spew up among flowers

And in the warm stale rooms

The party continues.

It seems you saw some use in moving away

From that group of drunken lives

Yet already ten minutes pregnant

In twenty thousand you might remember

This party

This dull Saturday night

When planets rolled out of your eyes

And splashed down in suburban grasses.

12 février 2012

ACTA ne défend pas les auteurs


Ok les amis, on peut se renseigner, et se dire que ça nous concerne : sous couvert de défense des droits d’auteur, l’industrie est en train de tenter de contrôler le net.

On le savait, les DRMs sont une saloperie, ils ne protègent rien, mais brisent très bien le rapport de confiance qui doit exister entre auteurs et lecteurs. Mon prochain livre aux éditions de l’Olivier n’aura pas de DRMs (tous les auteurs n’ont pas le choix pourtant, certaines maisons d’édition ne sont pas ouvertes au dialogue et imposent ces verrous). Les auteurs ne devraient pas s’associer à la répression, mais au contraire la dénoncer fermement. En notre nom, on essaye de porter atteinte à la liberté. Ce n’est pas anodin. C’est très bien ce que font les Anonymous, mais il nous appartient à nous aussi de faire circuler l’info, de parler autour de nous et de convaincre de l’importance de s’opposer à Acta, comme à Hadopi. Ce n’est pas le monde que nous voulons. On malmène la démocratie sous prétexte de nous protéger, il est temps de nous réveiller.

Dans les lettres de Virginia Woolf (Points Seuil, sous le titre Ce que je suis en réalité demeure inconnu) : « La vérité, cependant, comme nous ne cessons de le dire, c’est que nous ne sommes que des ratées. Nous n’arrivons pas à briller en société. J’en ignore la raison, mais le fait est que nous n’avons guère de succès -nous faisons tapisserie dans un coin et nous avons tout de sourdes-muettes qui aspirent après un enterrement. Peu importe il y a des choses plus importantes dans la vie. »

11 février 2012

retour de Corée


Séoul la nuit

j'ai l'air sorti des années 70 (et quelque part sur cette table, il y a de la méduse)

Rosa (éditrice) et Eun Jeong (Institut Français) et Anna (traductrice)

séance de photos bizarre pour Vogue

après une rencontre avec les lecteurs

photo d'un photographe

vue de Séoul

Le patron de Yolimwon et mon éditrice, Rosa

5 février 2012

Coo coo ca choo


Rythme un peu fou, mais joyeux. Rencontres, dédicaces, interviews, et deux représentations de l’adaptation de Peut-être une histoire d’amour par deux acteurs (la première partie de l’histoire). Je découvre le karaoké (alors : décidément je ne suis pas un chanteur, j’ai massacré Hungry Heart), une activité aussi populaire et inter-classe sociale et âge que disons… que disons les manifestations en France (les slogans ne sont pas les mêmes néanmoins). Grande première, j’ai fait une dédicace sur le dos d’un smartphone. Toute cette gentillesse, ces attentions, me font plaisir, et en même temps je ne peux pas m’empêcher de ne pas me sentir à ma place, décalé. Tout accepter avec évidence, comme étant mérité, cela demande un esprit que je n’ai pas. C’est un peu de la science-fiction, mais joyeuse et douce. Je m’apprivoise à ces situations. Crevé en tout cas, et nuit blanche.

Bon sinon je dois arrêter d’écrire des emails la nuit, ils finissent par ressembler à des rêves. Algues ce matin au petit déj, et kimshi et œuf et riz et yaourt.

Leçons sur T-S, de Billeter : Tchouang-Tseu invente une conversation entre Confucius et Yen Houei, sur la violence, le pouvoir et l’influence des conseilleurs. J’aime l’idée de faire parler dans la fiction des êtres qui ont réellement existé. Cela me fait penser qu’Olivier Cohen me parlait de Conversations avec Kafka de Gustav Janouch à propos de mon Apiculture selon Samuel Beckett. Un peu plus tôt Billeter écrit : « Nul ne peut succiter chez autrui une transformation s’il n’accepte d’être transformé lui aussi ». Mes idées sont en désordre ce matin. Le Tchouang-Tseu est toujours aussi génial, et inspirant.

Jakuta m’a fait découvrir La disparition de Majorana, de Leonardo Sciassia. Et c’est superbe. L’histoire vraie d’un scientifique de génie qui disparaît, et puis l’ironie politique de Sciassia.

Bon il est temps de sortir dans Séoul, partir à l’aventure, c’est à dire trouver un café, s’y poser, lire et écrire, regarder les gens.

2 février 2012

Séoul


Séoul

Comme Isa avait la grippe, c’est Sandrine et Merwan qui m’ont gentiment accueilli chez eux, c’était très chouette (sauf un resto, bof, et le Sherlock Holmes atroce comme sait si bien faire Guy Ritchie, le metteur en scène qui a peur du vide, du silence, des personnages féminins intéressants, et qui doit souffrir d’un syndrome de manque d’attention aiguë à moins que ce soit un Parkinson avancé). Voir un film de Guy Ritchie cela élimine autant de calorie qu’un marathon (par contre l’encéphalogramme reste plat). Mardi j’étais à Mantes, et les élèves étaient pleins de caféine ou d’enthousiasme (je penche sur cette deuxième hypothèse). Super après-midi, d’autant plus qu’ils avaient apporté des gâteaux pour après la rencontre.

Séoul. Vol tranquille contre toute attente. Je suis tellement habitué à avoir peur en avion que lorsque je n’ai pas peur alors j’imagine tout de suite que quelque chose ne va pas. Car si tout allait bien : j’aurais peur, évidemment. Étant donné qu’à chaque fois que j’ai pris l’avion j’ai été terrifié, et que le vol s’est déroulé sans problème, alors je pense qu’avoir peur doit avoir un effet protecteur. Si j’abandonne ma peur, le danger peut survenir. Je me suis donc entraîné à la frayeur. Ce fut assez simple. Resto coréen avec mon éditrice, le directeur de l’institut français et une jeune femme de l’ambassade. Froid démentiel. Impression qu’il donne pleins de petits coups de couteau. Épuisé. Demain matin interview avec le magazine Vogue.