29 mars 2012

sortie


Annonce de la sortie du livre épistolaire avec Jakuta, ici. Hâte de l’avoir en main !

24 mars 2012

Les enfants terribles


Je suis passé à la librairie Les enfants terribles pour acheter le nouveau livre de Janne Teller, Guerre, et si ça nous arrivait ? (très joliment fait, sous forme d’un passeport). Je découvre tout juste cette auteure jeunesse, et ça me plaît beaucoup.

La semaine prochaine je suis au salon Erdre et Gèvres. Mercredi soir à la bibliothèque, et samedi-dimanche sur le site du salon.

23 mars 2012

Spinoza


Spinoza par Deleuze

En ce moment, je lis Spinoza, philosophie pratique, de Deleuze. J’avance pas à pas, comme dans une belle jungle difficile. Il y a de belles surprises, des choses que je trouve, que je trouve belles et que je ne comprends pas tout à fait.

« Pour moi, ces troubles [la 2e guerre anglo-néerlandaise] ne m’incitent ni au rire ni aux pleurs ; plutôt développent-ils en moi le désir de philosopher et de mieux observer la nature humaine. Je ne crois pas qu’il me convienne en effet de tourner la nature en dérision, encore bien moins de me lamenter à son sujet, quand je considère que les hommes, comme les autres êtres, ne sont qu’une partie de la nature et que j’ignore comment chacune de ces parties s’accorde avec le tout, comment elle se rattache aux autres. Et c’est ce défaut seul de connaissance qui est cause que certaines choses, existant dans la nature et dont je n’ai qu’une perception incomplète et mutilée, parce qu’elles s’accordent mal avec les idées d’une âme philosophique, m’ont paru jadis vaines, sans ordres, absurdes. Maintenant je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent, meurent pour ce qu’ils croient être leur bien, pourvu qu’il ne soit permis à moi de vivre pour la vérité. »

Lettre à Oldenburg, 1665.

« Si quelque homme voit qu’il peut vivre plus commodément suspendu au gibet qu’assis à sa table, il agirait en insensé en ne se pendant pas. »

Il y a quelque chose de Tchouang-Tseu chez Spinoza (et je me permets de le dire d’autant plus volontiers que je ne suis qu’à l’aube de leur compréhension :-) ). Deleuze est un très bon guide, Lordon aussi. Dalibor m’a conseillé la collection de courts textes d’Alain (je n’ai pas encore trouvé ce livre, épuisé).

Et je lis le délicieux Vers la poussière de Jean-Louis Bailly (je suis moins sensible à ses Nouvelles impossibles, pourtant illustrées par Quentin), publié aux belles éditions L’Arbre Vengeur. J’en parle bientôt (je préviens : nous nous connaissons).

23 mars 2012

derniers achats


Derniers livres achetés. J’ai commencé le polar (avec requin, phobies et Wittgenstein dedans) de Steinfest, et c’est génial. Je lis le Haffner depuis quelques semaines déjà, généalogie de la monstruosité qui s’installe dans les esprits, par petits glissements, l’air de rien. Le nazisme a une histoire. Voilà le livre qu’il faudrait donner à lire au collège, au lycée. Dans le veine de Kraus, pour l’esprit, pas le style. Le début du livre est prodigieux d’écriture. Quand la littérature est de la politique.livres

livre

21 mars 2012

refus


Mon éditrice à l’école des loisirs vient de refuser (avec douceur et explications) le roman que j’avais écrit pour la collection medium (ados). Rien de grave en soi, après tout éditeurs et auteurs ne voient pas toujours les choses de la même façon. Je vais le faire lire autour de moi, pour avoir d’autres avis, le retravailler. Et le présenter à d’autres éditeurs. Parfois le destin d’un texte est d’être refusé. Ce n’est pas un arrêt de mort, c’est souvent juste une rencontre qui ne s’est pas faite avec un éditeur.

20 mars 2012

nourriture moderne


Quand j’étais étudiant fauché je me nourrissais presque exclusivement de ces soupes chinoises. Pour à peu près rien, ça faisait un repas.

nouilles

De passage au Mc Donald’s j’ai tenté d’être raisonnable et d’échapper au Mc Flury et cie. J’ai pris un kiwi. Mais un kiwi moderne, à la pointe de la technologie. J’imagine que pour Mc Do et ses ingénieurs, il fallait rendre cool un fruit non transformé. La prochaine étape sera de teindre la salade en bleu et de produire des tomates qui auront de petites mains et de petits pieds et qui sautilleront sur notre plateau. Nous aurons une petite arbalète pour les tuer. Il y a une certaine beauté à la folie du monde.

kiwi

19 mars 2012

La mort le week-end


Mes deux grand-pères sont morts ce week-end, au même âge, de maladies différentes, à plusieurs centaines de kilomètres de distance, ce n’est pas pas lié, quoique. La mère de mon père est morte une semaine après lui, cela m’avait frappé.

Mon grand-père était un sacré personnage (pas toujours évident comme père je crois), dont j’admire l’esprit et un courage malin et intelligent. A lire ici.

Il voulait être enterré sur la marche funèbre de Chopin. Si quelqu’un a une idée, une connaissance, capable de jouer ce morceau (il ne s’agit pas de donner un concert magistral, mais de jouer l’air, au piano, violon, clarinette, peu importe l’instrument, il s’agit de donner à entendre le thème), vous pouvez me contacter à martin.page <at> yahoo.fr. Ce serait payé bien sûr, frais remboursés etc. L’enterrement aura lieu jeudi après-midi à Arpajon (en tout cas la cérémonie aura lieu dans cette, dans le funérarum je crois).

17 mars 2012

salon du livre de Paris


Ce samedi, je participe à un débat sur le stand Place des auteurs, de 15 à 16h, sur le sujet « La littérature à la croisée des âges ». Mon train est à 6h40, j’espère donc que la SGDL et la Charte fournissent des amphétamines aux auteurs. Il faudra penser aussi à éteindre les néons.

16 mars 2012

création


Quelques phrases sur la création qui comptent pour moi.

Somerset Maughan, Et mon fantôme en rit encore, journal 1892-1944 :
“Je me méfie toujours des théories des romanciers ; je n’y ai jamais constaté qu’une justification de leurs limites personnelles.”

GK Chesterton, Orthodoxy :
My first and last philosophy, that which I believe in with unbroken certainty, I learnt in the the nursery. I generally learnt it from a nurse ; that is from the solemn and star-appointed priestess at once of democracy and tradition. The things I believed most then, the things I believe most now, are the things called fairy tales. They seem to me to be the entirely reasonable things. They are not fantasies : compared with them other things are fantastic. Compared with them religion and rationalism are both abnormal (…). Fairytale is nothing but the sunny country of common sense. It is not earth that judges heaven, but heaven that judges earth.
(…) All the terms use in the science books, “law”, “necessity”, “order”, are unintellectual. The only words that ever satisfied me as describing Nature are the terms used in the fairy books, “charm”, “spell”, “enchantment”. A tree grows fruit because it’s a magic tree. Water runs downhill because it’s bewitched. the sun shines because it’s bewitched.”

“Ma première et ma dernière philosophie (en laquelle je crois avec une certitude inébranlable), je l’ai apprise dans mon enfance. Les choses que je croyais alors, les choses auxquelles je crois aujourd’hui, sont ce que l’on appelle des contes de fées. Ce sont des choses parfaitement raisonnables. Ce ne sont pas des fantaisies (…) L’arbre donne des fruits car il est magique. La rivière coule de la montagne car elle est magique”.

Gustave Flaubert, Journal :
“Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder suffisamment longtemps.”

Norman Mailer, The Spooky Art :
“What I find most interesting is to keep making a new attack on the nature of reality. It’s as if reality has some subtle desire to protect itself. If we keep pushing forward in the same direction, reality is able to handle us or evade us and may even do it in the way organisms become resistant to various antibiotics and pesticides.
We tell ourselves stories in order to make sense of life. Narrative is reassuring. There are days when life is so absurd, it’s crippling -nothing makes sense, but stories bring order to the absurdity. Relief is provided by the narrative’s beginning, middle, and end. Without and end, you have an obsession, a constant circling around a fact or situation that cannot be put in place.”

“La réalité semble avoir le subtil désir de se protéger. Si nous l’attaquons toujours du même côté, la réalité devient capable de nous manipuler ou de nous échapper à la manière dont les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques.”

Sylvia Plath, Journal (le 25 février 1956) :
“Ce que je redoute le plus, je crois, c’est la mort de l’imagination. Quand dehors le ciel est tout simplement rose et les toits tout simplement noirs : cette disposition photographique de l’esprit, qui paradoxalement dit la vérité sur le monde, mais une vérité sans valeur. Ce que je désire, c’est une pensée synthétique, une force « constructive », qui pousse avec fertilité et fabrique ses propres mondes avec plus d’inventivité que Dieu. Si je ne bouge pas et si je ne fais rien, le monde continue de batte comme un tambour mal tendu, dépourvu de sens. Il faut bouger, travailler, fabriquer des rêves vers lesquels aller. La pauvreté d’un monde sans rêves est inimaginable tant elle est affreuse. C’est cette folie-là qui est la pire. L’autre, celle avec des visions et des hallucinations, serait un soulagement, dans la manière de Jérôme Bosch.”

Ray Bradbury, Zen in the art of writing :
“Let the world burn through you.”

11 mars 2012

stop-motion


Je viens de recevoir le livre d’Oscar Coop-Phane, avec qui je correspondais il y a une dizaine d’années. C’est une belle chose ce que la vie réserve parfois. Le roman s’appelle Zenith-hôtel, aux éditions Finitude (papier superbe, belle photo, plaisir d’avoir un si bel objet, beau travail).

Petit film en stop-motion à propos de mon De la pluie (oui je sais il y a une image floue à 06 secondes, et Marc me suggère de rajouter un petit générique -on verra la semaine prochaine). Lors de ma semaine à ECV (très belle semaine, les participants à l’atelier ont écrit des textes surprenants, cela motive, cela pousse à être plus exigeant envers soi-même), des élèves ont participé à un atelier d’animation, et cela a été une petite révélation. J’aurais tellement aimé faire une école d’art. Mais je ne savais pas que ça existait, et que je pouvais y prétendre. Alors l’école d’art, ça sera ma vie.

de la pluie from Martin Page on Vimeo.

5 mars 2012

Lille


Je suis à Lille pour la semaine. Dîner hier avec Jean-Baptiste Bourgois, un dessinateur avec qui je viens de faire un livre pour enfants. Trois heures par jour, jusqu’à vendredi, j’anime un atelier d’écriture à l’ECV, une école d’art.

Jeudi dernier, belle journée à Lorient avec des 5°, pour une rencontre et un mini-atelier. Les enfants sont étonnants d’inventivité. On gagnerait à les avoir comme professeurs parfois.