23 mars 2012

Spinoza par Deleuze

En ce moment, je lis Spinoza, philosophie pratique, de Deleuze. J’avance pas à pas, comme dans une belle jungle difficile. Il y a de belles surprises, des choses que je trouve, que je trouve belles et que je ne comprends pas tout à fait.

« Pour moi, ces troubles [la 2e guerre anglo-néerlandaise] ne m’incitent ni au rire ni aux pleurs ; plutôt développent-ils en moi le désir de philosopher et de mieux observer la nature humaine. Je ne crois pas qu’il me convienne en effet de tourner la nature en dérision, encore bien moins de me lamenter à son sujet, quand je considère que les hommes, comme les autres êtres, ne sont qu’une partie de la nature et que j’ignore comment chacune de ces parties s’accorde avec le tout, comment elle se rattache aux autres. Et c’est ce défaut seul de connaissance qui est cause que certaines choses, existant dans la nature et dont je n’ai qu’une perception incomplète et mutilée, parce qu’elles s’accordent mal avec les idées d’une âme philosophique, m’ont paru jadis vaines, sans ordres, absurdes. Maintenant je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent, meurent pour ce qu’ils croient être leur bien, pourvu qu’il ne soit permis à moi de vivre pour la vérité. »

Lettre à Oldenburg, 1665.

« Si quelque homme voit qu’il peut vivre plus commodément suspendu au gibet qu’assis à sa table, il agirait en insensé en ne se pendant pas. »

Il y a quelque chose de Tchouang-Tseu chez Spinoza (et je me permets de le dire d’autant plus volontiers que je ne suis qu’à l’aube de leur compréhension :-) ). Deleuze est un très bon guide, Lordon aussi. Dalibor m’a conseillé la collection de courts textes d’Alain (je n’ai pas encore trouvé ce livre, épuisé).

Et je lis le délicieux Vers la poussière de Jean-Louis Bailly (je suis moins sensible à ses Nouvelles impossibles, pourtant illustrées par Quentin), publié aux belles éditions L’Arbre Vengeur. J’en parle bientôt (je préviens : nous nous connaissons).

  • 1. Thierry  |  29 mars 2012 à 13h41

    Cher Martin, Bonne énergie dans ton ascension du pic Spinoza ! A l’occasion je pourrai te photocopier le Alain paru chez Tel, mais qui n’est pas mon préféré. Essaie le « Spinoza » de André Scala aux Belles Lettres (attention, il en a écrit plusieurs, je crois), qui se glisse dans la pensée du philosophe par « La Mort aux trousses » d’Hitchcock. C’est un petit ouvrage très réussi. A bientôt. Amitiés. Thierry.

  • 2. Martin  |  2 avril 2012 à 04h36

    Salut Thierry,
    Je suis curieux de lire ton roman de septembre :-)
    Merci pour le conseil.
    amitiés
    Martin

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