21 août 2013

Japon


Sortie de Peut-être une histoire d’amour au Japon. Superbement fait, le papier est de grande qualité. Quand le livre est un bel objet.

Japon Roman

20 août 2013

Ryoko Sekiguchi : Manger fantôme


Sekiguchi

 

C’est un libraire qui m’a offert ce livre. Damien B., du Thé des écrivains, dans le Marais à Paris. Publié aux éditions Argol.

Avant de l’ouvrir, j’ai passé une semaine avec le titre. Je l’ai lu et relu, des dizaines des fois. Le livre était dans mon sac, je le sortais dans le bus, dans le train, au café, à mon atelier, et je lisais le titre. Ça me comblait, alors je rangeais le livre dans mon sac, j’avais de l’énergie pour mille ans, la vie était belle et tout était magique.

Avec un si beau titre, on a peur que la lecture s’avère décevante. Ce n’est pas le cas. J’ai enfin commencé le livre et le sol s’est dérobé sous mes pieds. Je suis tombé, tombé, tombé. C’était une chute heureuse.

Manger fantôme est court, moins de cent pages, mais on va le lire mille fois, il sera toujours là, accessible et inépuisable. On va beaucoup l’offrir aussi.

Je sais désormais comment manger de la transparence, une description, un lieu ou un symbole. Mon regard s’est modifié. Je mange autrement, et des choses différentes. Je sais qu’un jour je mangerai un nuage, par exemple, et que je boirai un reflet.

Ryoko Sekiguchi nous dit qu’il y a une communication entre ce que nous mangeons et nous-même. Manger est un acte poétique et existentiel : “On consomme des choses que l’on n’a pas conscience de manger”.

Elle nous révèle aussi une chose inquiétante : nous mangeons des fantômes. “Quand par erreur vous avez avalé un ectoplasme, vous ne le sentez pas. vous ne pouvez pas savoir si c’est bon ou pas, puisque vous ne savez même pas que vous l’avez mangé.”

De nos jours, c’est inévitable. Des aliments sans provenance certifiée, hantés, nous transforment en fantômes. Il y a quelques lignes sur l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, de cette zone devenue fantôme, et l’on comprend que c’est aussi un livre sur la mort, sur la fragilité de nos corps et de nos aliments.

Manger fantôme est un livre sur le monde caché des aliments, sa part inquiétante, mais sa part lumineuse et poétique reste la plus forte. C’est un livre qui change la vie. On ne devrait pas s’étonner quand ça arrive : tous les livres devraient être ainsi.

15 août 2013

La meilleure série du monde depuis longtemps et pour longtemps


Si vous êtes comme moi et que vous avez du mal à vous passionner pour les séries policières dans des petites villes froides, les aventures heroicofantasiennes, les comédies attendues, les histoires de rédemption et de voisinage, alors il vous reste à voir The booth at the end. Cela faisait des années qu’une série n’avait pas retenu mon attention à ce point (excepté The Newsroom). C’est minimale, brillant, profond. Réjouissant d’intelligence, et original. La première saison est visible ici gratuitement et légalement (oui, oui). Un choc comme je n’en avais pas connu depuis la première saison de In treatment. La créateur de la série s’appelle Christopher Kubasik. Cette série va figurer au rang des classiques au même titre que The Prisoner.

15 août 2013

un jeudi 15 août à l’atelier dans une ville qui semble prise dans la gelée


Des nouvelles de Grèce : on se bat toujours à Thessalonique et ailleurs. Septembre va être intense.

Avec C* et quelques amis nous avons écrit et composé une chanson en anglais intitulée Depression (chant, ukulele, guitare, bidon en guise de batterie). En écoute bientôt sur ce site. Là C*, Manon et moi cherchons un nom de groupe.

Tout est calme ici. Un 15 août. Alors on s’active. Un peu de musique au levé, puis café en terrasse, et écriture à l’atelier toute la journée.

Très beau livre jeunesse : Le chien à plumes, de Jean-Baptiste Bourgois (attention : c’est un ami). Chez Hélium.

Les commentaires sont à nouveau actif sur le blog.

En ce moment, je lis Hérétiques et Orthodoxie de Chesterton (chez Climats, superbes éditions). Décidément j’aime Chesterton, son esprit, son intelligence aiguisée, généreuse, dévastatrice et paradoxale. J’ai bien entamé Dôme de Stephen King (excellente idée, brillant, mais King aurait besoin d’un éditeur pour couper des passages). J’ai bientôt terminé Le vase où se meurt la verveine de Frédérique Martin (Belfond) : c’est poignant, beau et assez traumatisant. J’ai lu dernièrement : Le grand plongeon, de Jean-Basile Boutak. Très beau texte, violent, personnel. Je suis toujours plongé dans : Shakespeare et le désordre du monde, de Richard Marienstras (une pensée pour lui). Je le corne, je souligne des phrases. Pour ceux qui se passionnent pour Shakespeare, l’art, la vie et la mort, c’est un indispensable.

Dans le Marianne de cette semaine, je parle des vacances des écrivains.

Nouvelle version de mon manuscrit rendu à mon éditrice. Il sort en janvier aux éditions de l’Olivier. Un essai autofictif sur l’écriture.

15 août 2013

Les livres des amis


Trois livres d’amis reçus et qui sortent dans quelques jours. Je ne vais pas en faire la critique : nos liens font que je ne peux pas être objectif.

Thomas B. Reverdy sort Les évaporés aux éditions Flammarion.

« Peut-être que pour être heureux il faut être étranger. »

Jean-Louis Bailly sort Un divertissement aux éditions Louise Bottu.

 » (…) il la trompa donc durant des années avec elle-même, l’abandonnant sans remords pour une autre face de sa personnalité. »

Véronique Ovaldé sort La grâce des brigands aux éditions de l’Olivier.

« Parfois elle redevient une enfant. »

Eric Pessan sort Muette, que je n’ai pas encore lu. Des nouvelles bientôt. Delphine Brétesché sort courant septembre « Perséphone aux jardins de Sainte Radegonde ».

2 août 2013

photographing fairies


photofairies

 

Bien sûr je suis méfiant à l’égard des psychotropes. Je ne prends plus d’anxiolytiques depuis des années (excepté quand je prends l’avion, mais qui peut prendre l’avion sans être chargé à bloc ? Personne de raisonnable). Bien sûr je suis pour des contre-pouvoirs à l’égard des labos pharmaceutiques, un contrôle, une recherche publique etc. Et bien sûr je trouve ça fou la manière dont beaucoup de gens sont gavés de psychotropes, antidépresseurs et calmants. Mais parfois, heureusement qu’ils sont là. Parfois. Comme des pompiers de l’âme.

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1 août 2013

NRF


Ce matin, relecture et correction des épreuves d’un texte écrit pour la NRF. Le numéro de cet automne a pour thème le musée imaginaire. Mon texte s’intitule : Un musée pour survivre et pour sauver.

Ces jours-ci je lis Just Kids, de Patti Smith, et un roman sur Gödel (et sa femme) : La déesse des petites victoires, de Yannick Grannec. Deux belles lectures. Je termine le Paradigme de Billeter.

Dernières retouches à mon essai sur la création littéraire (depuis mars c’est la huitième version). J’ai écrit un petit essai sur la pauvreté (dans la lignée de Modeste Proposition, de Swift), très court, peut-être trop court pour être publié (mais je vais tenter). J’ai bien avancé un nouveau Pit Agarmen.

Vendredi dernier, nous avons organisé une soirée Cabinet de curiosités à la maison. Chacun présentait quelque chose de particulier, d’étrange ou intime, précieux ou bizarre. Il y fut question de lévitation, de Yi King, de lame sonore, de livres pour enfants hors normes. Très belle soirée (Marc Molk avait initié ce type de soirées à Paris, sous le nom de Verdurinades, merci à lui pour la découverte).

Sarah Debove quitte Nantes, nous l’avons aidée à déménager, donc courbatures effroyables depuis deux jours. Notre nombre d’amis dans notre petite ville baisse dangereusement. Nous cherchons des amis (car les relations par téléphone, skype et email avec les amis à Paris, dans d’autres villes ou à l’étranger ne suffisent pas). Ça ne se dit pas, on n’avoue pas, c’est comme dévoiler une faiblesse, ce n’est pas très chic, en général les gens idiots ont un petit sourire moqueur « Vous cherchez des amis ? » Oui nous cherchons des amis asociaux, des freaks, des misfits, hors normes, doux et passionnés, qui envisagent l’amitié comme un pacte éternel. La difficulté n’est pas de rencontrer des gens, mais de trouver ceux avec qui ça va coller.

Notre chat acrobate maladroit se remet de ses blessures.

Si les saisons étaient des gâteaux, cet été serait un gâteau à la meringue et au citron parsemé de framboises. Très réussi mais un peu lourd.

Nous avons vu Frances Ha, de Noah Baumbach et ce film est une source d’énergie, de fantaisie et de plaisir.

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