22 avril 2016

Rencontre ce soir


Ce soir, librairie Durance à Nantes, 18h30, rencontre autour de L’art de revenir à la vie.

19 avril 2016

Sortie de mon nouveau roman : L’art de revenir à la vie


Les amies, les amis,

Aujourd’hui sort mon nouveau roman, L’art de revenir à la vie, aux éditions du Seuil. Un livre dans lequel je me mets en scène, entre autofiction et science-fiction.

artreveniralaviemartinpage

Présentation de l’éditeur :

Martin, le narrateur, vient d’avoir quarante ans. Il se rend à Paris pour rencontrer une productrice qui souhaite adapter un de ses romans au cinéma. Il loge chez un ami artiste qui lui prête son appartement. Il y découvre la dernière oeuvre de celui-ci : un sarcophage de métal curieusement titré :  » Machine à remonter le temps « . Il s’y glisse et s’y endort. Le voilà revenu, 29 ans plus tôt, dans la ville de sa jeunesse, face à un double de lui-même alors âgé de 12 ans. Le lendemain, il retrouve la productrice pour discuter de l’adaptation de son roman. Mais très vite, tout déraille. Le projet de film est annulé et les exigences de la cinéaste deviennent pour le moins surprenantes. Chaque nuit que compte ce séjour parisien où rien ne se passe comme prévu, Martin et son jeune moi poursuivent l’échange. Le quadragénaire cherche à donner des conseils au jeune ado, en échange de nouvelles sur son propre avenir. Mais la relation se complique : décidément, ce double-là a l’esprit de contradiction, au point de mettre Martin, qui ne désire que l’aider, en difficulté, dans sa vie réelle comme dans l’autre, la vie rêvée. Que faire du passé ? Comment être fidèle à l’enfant que l’on a été ? Sous des dehors volontiers humoristiques et fantasques, L’art de revenir à la vie met en scène les concessions, les négociations et le bricolage qui président à notre existence.

Je serai à la Librairie Durance le vendredi 22 avril à 18h30 pour présenter mon livre.

15 avril 2016

De passage à Paris


parisnuitdebout

De passage à Paris, donc place de la République.
Et je me rappelle que si je déteste la foule, j’aime les rassemblements politiques, joyeusement militants. Il y avait même un coin pour les enfants. C’était sérieux, désordonné, musical, beau. Nuit Debout

15 avril 2016

Les défenseurs de la mort des animaux


Quand je prends le train, j’achète des magazines au Relay, parfois c’est Modes et Travaux ou Tondeuse à gazons Hebdo ou Karaté Bushido. Ce matin c’était un magazine cool (Les Inrockuptibles), si cool que la kiosquière a d’abord refusé de me le vendre. J’ai insisté et, en essayant de prendre un ton sarcastique/cynique/désabusé/nonchalant, je l’ai convaincue en disant que je connaissais quelqu’un qui a des Stan Smith dans une vitrine chez lui. Dans ce numéro, il y a une interview de Katerine, un chanteur que j’aime beaucoup, un très bon éditorial critique sur les propos de Laurence Rossignol, et un beau portrait de Garry Shandling.
Et surtout, sur quelques pages, un journaliste s’insurge contre les abattoirs. Ce qui est bien. Mais la suite est triste : il nous raconte que la solution c’est l’abattage à la ferme. Parce qu’une action violente devient moins violente dès lors qu’on la pratique chez soi, c’est bien connu.
Cet article est à conserver pour les générations futures, pour montrer la perversité habillée d’humanisme de ceux qui pensent qu’on peut tuer avec respect.
Extraits de phrases qui donnent envie de crier et de pleurer :
« Pour Stéphane, cette mort sans stress, sans transport, cette mort que l’animal n’aura pas vu venir est plus qu’impérative, c’est une question d’humanité. (…)
Il est 8 heures quand arrive celui qui va tuer, Pierrot. Boucher reconverti dans le service à la personne, l’air un peu rustre, la dignité en plus. Tuer des animaux comme ça, à la ferme, il l’a presque toujours fait. La première fois, c’était un agneau. Pierrot tremblait, il avait 11 ans. Depuis, il a pris de l’assurance et ne tardera pas à le montrer. (…)
Stéphane résume sa cause en quelques mots « Qu’on respecte enfin nos animaux. »
Pierrot a armé son pistolet, il pointe le canon sur la tête de l’animal à bout portant. Détonation sèche.
Etait-ce violent ? C’était silencieux et rapide.
Il faut évacuer rapidement le condamné pour le saigner dehors.
Que s’est-il est passé dans la tête de Pierrot au moment de tirer ?
« Je lui ai demandé pardon. Je l’ai remercié pour la viande qu’il va nous donner. »
C’est respectueux, tout à son honneur.
« C’était le premier, dit Stéphane. Les prochains, ils tourneront la tête lorsqu’ils verront Pierrot arriver, ils sont pas cons. »
La viande sera bonne. »

L’intention qui absout l’acte. Notre civilisation est battie sur cette conception. Ça donne mal au coeur.

15 avril 2016

À la maison avec Cyrus


Je suis seul avec Cyrus toute la semaine, Coline est invité à un salon dans le sud dans un endroit qui a l’air paradisiaque (sauf quand il s’agit de manger végé, « Quoi vous ne mangez pas de poisson ? mais les végétariens mangent du poisson. » Argh. Petit rappel : les poissons sont des animaux).
Les journées sont donc bien remplies.
Cyrus a une passion pour l’ouverture des tiroirs, par le vidage des tiroirs, il part en quête des fils électriques aussi (super mauvaise idée). Ah et méthodiquement il arrache toutes les protections posées sur le meuble pour ne pas qu’il se fasse mal. Il déchiquète les magazines. Les écrans l’intéressent aussi, mon téléphone, l’ordi, il tente sa chance, essaye de les attraper, sans succès. Pour Cyrus ça sera pas d’écrans avant bien bien longtemps (nous sommes des parents antismartphones, antitablettes, antiordi).
Je peux donc écrire par tranche de quinze secondes (sauf pendant ses deux siestes de la journée, où j’avance un peu plus).
Cyrus joue seul (grande capacité de concentration sur un objet qu’il étudie sous toutes les coutures), on joue aussi ensemble, il vient vers moi, me tape sur le genoux et dit Gagagagaga et là c’est course poursuite, affrontement des Godzillas, frappage dans les mains et chatouilles, on joue du ukulélé. Lecture de livres (enfin tentatives car très vite Cyrus joue avec le livre). C’est trop bien. C’est le paradis.
Parfois il tombe (on a couvert le salon de tapis de yoga épais), pleure, et donc gros calin dans mes bras. Cet enfant est téméraire et aventureux.
On sort prendre des cafés (enfin lui a sa gourde avec de l’eau), il fait beau, ça nous permet de respirer, et Cyrus est fasciné par les feuilles des arbres.
Il nous ressemble par bien des aspects : il est très actif et émotionnel, mais bizarrement il ne semble pas asocial (hier c’était la deuxième demi heure à la halte garderie, période d’acclimatation, et ça lui plaît, il est tout souriant et va vers les autres, mais quand un enfant pleure : ça le fait pleurer automatiquement).
Ces quelques jours me permettent de me rendre compte que les mères célibataires (ou pères, plus rares) méritent tous les égards et encouragements (et un financement massif). S’occuper d’un enfant à deux c’est du boulot, seul c’est… une attention constance puissance 10, ça demande une énergie et une agilité colossale. Et bien sûr, il y a les trucs relous à faire en même temps : prendre des rendez-vous, faire des lessives, étendre le linge, préparer les repas. J’ai renoncé à ranger, on a l’impression que le salon a été cambriolé. C’est un beau bazar émoticône smile

15 avril 2016

Devenir parents


Avoir un enfant, c’est découvrir que le monde entier est là pour vous faire la leçon. Avoir un enfant, c’est découvrir qu’en tant que parent, pas mal de gens cherchent à vous infantiliser. C’est très très très irritant et je n’ai pas l’intention de garder mon calme. Entre les vieilles dames dans la rue qui disent « la tétine c’est pas bien » ou « il va prendre froid  » ou « il est habillé en fille », entre les autres parents qui ont des enfants un peu plus âgés qui font des remarques sur absolument tout sur un ton sentencieux, au final on trouve peu de bienveillance, mais des personnes imbues d’elles-mêmes, de leurs expériences, de leurs échecs, de leurs renoncements, de leurs incapacités, de leurs névroses, de leur méchanceté, de leur morale, de leur choix, et qui tentent de vous faire incorporer que leur parcours est la règle, et que « vous verrez quand il aura 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 18 ans ». Ça me fait penser à ceux qui nous disaient qu’on n’aurait plus un instant pour écrire après la naissance de Cyrus, qu’on renoncerait à tout activité personnelle, que notre couple serait entre paranthèse, qu’on n’aurait plus le temps pour rien, qu’on serait tout le temps fatigué… Que les gens nous lâchent avec leurs conseils dépressifs et avec la projection de leurs problèmes, bordel, on découvre la vie de jeunes parents, c’est magnifiquement chaotique, on s’en sort, ce n’est pas toujours simple, ce n’est pas parfait, mais ça va, ça va très bien même. On veut bien des conseils bienveillants, encourageants, des idées de recettes, des informations nutritionnelles, on veut de la douceur et de la joie :-)