15 juillet 2017

Maryam Mirzakhani


Je ne connaissais pas Maryam Mirzakhani. Elle vient de mourir à 40 ans. Je suis ravagé par le nombre de personnes qui meurent jeunes, d’autant plus ravagé que, c’est le choix de notre société, la recherche scientifique ne bénéficie pas des moyens nécessaires, qu’on ne créé pas assez de postes pour les jeunes chercheurs. D’autant plus que de nombreux scientifiques sont débauchés par les banques et les entreprises du type facebook pour bosser sur des projets stupides et rémunérateurs. Le capitalisme est l’allié de la maladie. Une pensée pour Maryam Mirzakhani, une pensée pour toutes les autres, une pensée pour tous les autres.

12 juillet 2017

La haine des enfants


Je vois passer des articles qui listent les causes du réchauffement climatique, et parmi elles : les enfants. C’est assez déguelasse : parents irresponsables, enfants coupables. Toujours cette même haine des enfants. Déguelasse, parce que ces mêmes personnes ne vont pas remettre en cause le capitalisme, cause numéro 1 de réchauffement climatique, elles ne vont pas remettre en cause leurs saloperies de smartphones, pas plus que les inégalités sociales qui sont cause de pollution. C’est un travers présent même chez des animalistes. Qui annonent qu’il y a trop de monde sur Terre et que c’est ça le problème. En 1940, nous étions 2,3 millards sur Terre et pas franchement une super période. Il y a de la place pour tout le monde sur cette planète, sans destruction, si on décide de changer ce système. Le problème c’est l’oppression mais les petits bourgeois s’en moquent de ça, ils ne sont pas touchés, alors ils disent : il y a trop de monde, vous faites trop d’enfants. Finalement on nous donne à penser un monde où les riches seront innocents, ils consommeront bios, habiteront en centre ville sans voiture, n’auront pas ou peu d’enfants, consommeront équitable et local. Le jour viendra où on dira : Ce sont les pauvres qui polluent, alors pour nous débarrasser de la pollution et sauver la planète débarrassons nous des pauvres (je suis en train d’écrire un petit livre sur le sujet). Avec l’élevage, ce sont les inégalités sociales, ce putain de capitalisme, qui sont principalement responsables du réchauffement climatique.

Et puis : j’espère que de nombreux animalistes, décroissants, vont faire des enfants, car si on laisse le monde aux carnistes, aux compétiteurs et aux productivistes, alors vraiment c’est foutu.

Je trouve ça super problématique de dire aux gens : vous avez fait trois enfants, vous êtes un pollueur. Et de dire ça aux enfants. Hey les enfants : vous êtes une cause de pollution. Oui, toi petit bonhomme. C’est à cause de toi que la planète est détruite. Alors non : ce n’est pas les enfants qui polluent. C’est une organisation sociale et économique. C’est la croissance. C’est la compétition généralisée.

12 juillet 2017

La sixième extinction de masse


La société humaine est en train d’accomplir la disparition de milliers d’espèces animales. Et toujours dans les articles, on parle pollution, on parle diesel, nucléaire, mais toujours aussi peu d’articles (sauf Audrey Garic dans Le Monde) pour parler de la première cause de réchauffement climatique, de déforestation et de gaspillage des ressources d’eau douce : l’élevage. Comme ce monde est doué pour l’absurde, même les écologistes n’en parlent pas, ou peu, après tout ils sont attachés à leur poulet bio fermier, à leur agneau de petit producteur. Mais l’élevage bio, local, de petit producteur, est aussi source d’une pollution considérable. Remplacez les élevages industriels de cochons en Bretagne par des élevages de petits producteurs, alors non seulement vous manquerez de place (et cet espace on le prendra à qui ?), mais la merde de cochon bio ça infiltre aussi les nappes phréatiques. Les boeufs de petits producteurs produisent aussi du méthane et consomment de l’eau.

Je regarde autour de moi et je ne vois pas non plus de journaux ni de journalistes qui posent le problème tel qu’il est : nous devons changer de civilisation. Même ces canards parfois de gauche comme Politis, Mediapart (que je lis) etc. Je regarde autour de moi et je ne vois pas de partis ni d’associations dire les quelques bonnes mauvaises nouvelles qui permettraient d’arrêter le massacre et la destruction de notre planète : fin de l’élevage, développement de la culture des légumineuses (et chanvre et orties pour fibres textiles), fermeture des magasins de vêtements, interdiction des emballages, fin des produits ménagers polluants (le vinaigre blanc et la bicarbonnate font l’affaire). Il s’agit d’être radical, car cette société est radicalement violente à l’égard des humains, des animaux et de la nature.

10 juillet 2017

Atelier d’écriture sonore et musicale en crèche


Très belle expérience.

Je copie-colle l’article de blog de Coline à ce sujet :

Il y a quelques temps, Stéréolux a proposé à Martin Page et moi-même de faire une résidence de quelques jours dans un crèche pour monter un projet autour du livre, de la musique et du numérique. On a donc imaginé la création et l’enregistrement d’une lecture sonore avec les enfants.
Au début du mois de juillet, nous avons passé quelques jours en immersion dans le multi-accueil Chlorophylle à Nantes pour enregistrer les enfants. Ils ont joué de la musique et réalisé des bruitages (avec des instruments et des percussions, mais aussi avec ce qu’on avait sous la main), ils ont chanté, poussé de fantastiques cris d’animaux. Les plus grands ont aussi dit des mots ou des phrases que nous avons ajoutées au montage.
Nous avons démarré la résidence avec seulement une idée vague de ce que nous allions écrire, et nous avons écrit l’histoire en fonction de ce que nous enregistrions. Elle s’est donc enrichie au fur et à mesure des idées et de la spontanéité des enfants.

Comme nous avons réalisé les enregistrements « en situation » (dans les salles communes de la crèche), le son n’est pas parfaitement propre. Il y a forcément des bruits de fond et des parasites. Pour nous, c’était une sacrée expérience, – le marathon était épuisant – mais aussi réjouissante et touchante.

L’histoire est racontée par Martin, co-écrite par nous deux, bruitée par les enfants du multi-accueil Chlorophylle à Nantes, habillée musicalement par moi, et s’appelle donc La disparition des animaux. »