22 février 2018

« Si on écrit pour les enfants, la moindre des choses c’est de les écouter et de les défendre »


Pour l’excellent site consacré à la littérature jeunesse La mare aux mots (abonnez-vous !), j’ai écrit un coup de coeur et un coup de gueule.

Coup de cœur.
Mon coup de cœur d’écrivain de littérature jeunesse va aux adultes qui ont fait le choix de travailler pour et avec les enfants. Je peux être assez critique à l’égard de l’éducation nationale et du monde de l’édition, mais j’ai la preuve tous les jours que dans ces milieux souvent hostiles, des adultes considèrent les enfants sans paternalisme ni condescendance. Ils sont leurs alliés et ils se donnent, entre autres, pour mission de favoriser leur rencontre avec des livres originaux.
Donc gros coup de cœur pour ceux qui sont du côté des enfants et des adolescents, et qui voient en eux les êtres passionnants et profonds qu’ils sont.

Mon coup de gueule.
Je crois qu’il faut être juste et cohérent : si on écrit pour les enfants, alors la moindre des choses c’est de les écouter, de les défendre, de se battre pour qu’ils soient traités comme des individus libres. Malheureusement je trouve que c’est rarement le cas.
Par exemple, nous sommes à une époque et dans un pays où les châtiments corporels sont encore la règle, c’est-à-dire que des enfants sont frappés dans le cadre de leur famille. Frappés. Aujourd’hui, il y a réprobation sociale si un homme frappe une femme. Mais pas si un parent frappe son enfant. Pourquoi ? Et pourquoi les autrices et auteurs jeunesse se taisent sur ce sujet ? Pourquoi ne pas prendre la parole collectivement pour défendre les enfants qui reçoivent fessées et gifles ?
Deuxième chose. Des enfants auront tout et d’autres rien. Là encore, silence sidérant de ceux qui consacrent leur vie aux enfants.
Cet hiver des enfants ont froid. Ils ont froid parce que leurs parents n’ont pas les moyens de payer le chauffage. Des enfants vont mal manger. Des enfants ne vont pas avoir accès à des villes dotées d’équipements culturels. Des enfants seront logés dans des appartements insalubres.
Et qu’est-ce que nous disons en tant qu’écrivains et écrivaines jeunesse ? Pourquoi ne prenons-nous pas position publiquement pour défendre celles et ceux qui nous lisent et sans qui nous ne ferions pas ce métier ? Sommes-nous vraiment attachés à eux, les respectons-nous vraiment si nous nous taisons alors qu’ils souffrent ?
Notre passivité à l’égard du mépris et de l’oppression subies par les enfants et les adolescents me révolte. Bien sûr nous parlons de sujets graves dans nos livres et nous aidons des enfants et des adolescents. Je crois que certains d’entre nous leur donnons des armes ou des moyens de s’en forger eux-mêmes. C’est bien. Mais ça ne suffit pas. J’aimerais que nous nous engagions davantage.
Ce n’est pas simple. Ça veut dire nous faire remarquer. Ça veut dire nous opposer. Ça demande du courage. Et je sais bien : il est très difficile de porter socialement une voix critique. Le contrôle social est là, la censure et la réprobation.
Mais est-ce que défendre les enfants ne devrait pas être le minimum pour des gens qui écrivent et dessinent pour eux ?

http://lamareauxmots.com/blog/les-invite·e·s-du-mercredi-marianne-zuzula-et-martin-page/

17 février 2018

gâteau aux pois cassés


Gâteau aux pois cassés (et amandes) inspiré de celui du blog cuisine & cigares mais en version végane (donc fécule, graines de lins moulues et trempées et un peu de crème végétale à la place des œufs) : délice ! (et un bon moyen de faire manger des légumineuses aux enfants et adultes). Il y a aussi du sucre, un peu de vanille et une cuillère à soupe de rhum.

poiscasséscake

17 février 2018

il était une fois


Il était une fois un petit garçon charmant qui s’endormait tous les soirs à 20h30, mais un jour, sans doute en raison du passage d’une comète, il décida que 21h30 ou 22h serait une heure d’endormissement beaucoup plus chouette. Ses parents ne partageaient pas sa vision des choses. Leurs arguments, néanmoins, ne réussirent pas à le convaincre. Les parents prièrent donc pour le passage d’une nouvelle comète, plus clémente.
Ils se demandèrent aussi comment les autres parents trouvaient l’énergie pour faire un deuxième enfant.

6 février 2018

Suite à une video


Dans une video pour imavegan.tv, j’explique pourquoi Coline et moi avons fait le choix de nourrir notre fils en végétarien et non avec un régime purement végétal.

Dans une précédente vidéo, j’avais dit qu’une alimentation végane n’était pas si simple que ça à mettre en oeuvre, que ça demandait à être pensé et qu’il ne suffisait pas de manger des fruits et des légumes un peu au hasard (et de se supplémenter).
Ce n’était pas très bien passé auprès de certains véganes pour qui tout est simple.
Alors pourquoi ne pas continuer à montrer quel mauvais végane je suis ? :-)
Ici j’explique, en partie, pourquoi Coline et moi élevons notre fils envégétarien, et non avec un régime entièrement végétal (et supplémenté), même si je sais bien que c’est techniquement possible (les sociétés savantes pédiatriques et de nutrition canadiennes et américaines se sont exprimées sur le sujet -les données scientifiques sur la question ne manquent pas).
En résumé, deux raisons principales :
– nous ne nous sentions pas à la hauteur, nous trouvions ça trop complexe, et la vie de jeunes parents est déjà suffisement compliquée en soi. De plus, les enfants ont tendance (c’est le cas du notre) à, par période, refuser de manger tous les délicieux plats équilibrés que nous préparons. Donc : on a joué la simplicié et le sécurité. Il est végétarien, et végane pour tout ce qui ne concerne pas l’alimentation. Nous lui transmettons des valeurs animalistes. Ça ne remet pas en cause le fait que certains parents véganes élèvent leurs enfants avec une alimentation uniquement végétale (et supplémentée) parfaitement équilibrée. Les exemples ne manquent pas. Bravo à eux.
– la deuxième raison est exposée dans la vidéo

On peut lire les commentaires sous la vidéo (pas les comm sous mon post mais sous celui de iamvegan.tv) : ils montrent bien que même au sein d’un mouvement qui parle sans cesse d’empathie, celle-ci reste peu présente. Alors que le talent pour l’agressivité et le jugement se portent bien. La police végane, encore et toujours, est la police la plus bête du monde.
(et d’ailleurs, la présentation faite par Iamvegan.tv me semble erronnée : ce n’est pas « pour s’éviter de nombreux problèmes » que nous élevons notre fils en végétarien et animaliste : c’est parce que c’est trop compliqué pour nous).

Depuis que cette vidéo a été partagée, j’ai eu droit à des messages insultants et agressifs. En quelques jours, j’ai reçu plus d’agressivité de la part de véganes que de la part de carnistes en quatre ans. Ça devrait interroger je pense. La réaction de ton ami qui parle d’empathie et qui est dans le jugement et l’agressivité est malheureusement typique. Ça me fatigue.
Ensuite, je l’ai dit (sous mon post de profil) : on peut élever un enfant avec un régime végétal et supplémenté. Bien sûr que j’aurais aimé le faire, mais j’interdis à quiconque de juger mon choix. Un choix qui n’est pas rien, le végétarisme n’est pas rien, et mon fils est élevé en végane dans tous les autres domaines excepté l’alimentation. Vous ne connaissez pas ma vie, la moindre des choses est d’être modeste, d’encourager et de soutenir. Parce qu’on est du même côté.
Dernière point : la violence des véganes à l’égard des végétariens (et véganes imparfaits) est la chose la plus stupide qui soit et c’est dommageable au mouvement. Tu parles de végéphobie : ça serait déjà bien que la végéphobie ne soit pas portée par des militants animalistes. Il serait temps que des animalistes arrêtent d’attaquer d’autres animalistes parce qu’ils n’ont pas réussi quelque chose, parce qu’ils font des concessions, parce qu’ils sont faillibles. Cette attitude est grave. Enfin : pour changer le monde les véganes ne suffiront pas, il faut compter sur les végétariens, mais aussi sur les omnivores qui soutiennent la cause (même si ça peut vous sembler paradoxal).