3 février 2017

Quand Coline et moi habitions Nantes, nous cherchions des amis. Pas des copains, des amis. Nous sommes très peu doués pour ça, ça ne colle jamais. C’est comme si nous habitions une autre dimension et qu’on n’arrivait pas entrer en relation avec la dimension des gens qu’on rencontre. Donc on avait imprimé des autocollants et on les avait collé en ville. Résultat : rien. L’échec amical habituel.

amis

26 janvier 2017

Relecture de mon manuscrit après passage de la correctrice. Elle a repéré des fautes de français, des oublis de mot, des erreurs factuelles (j’ai confondu le nom de deux associations, par exemple). Elle a suggéré de remplacer certains mots en cas de répétition. C’est un travail, fin, respectueux et rigoureux. Les correcteurs sont nécessaires, penser économiser sur ce poste, en payant moins, ou pas, en engageant n’importe qui, c’est une erreur tragique. En tout cas c’est un signe de manque de professionnalisme, qui n’est pas rare au sein de cette industrie (et je pourrais dire la même chose au peu d’espace, de temps, d’argent donné aux graphistes indépendants pour créer des couvertures originales, dire l’horreur que sont les banques d’image).

Je pense avec amitié à André Schiffrin et à la manière dont son Édition sans éditeurs a été reçu lors de sa sortie, avec une certaine condescendance par le milieu littéraire français sur le ton de « Ça n’arrivera pas ici, c’est un truc d’américains ». J’avais déjeuné avec Schiffrin à New York en 2004 dans un petit resto chinois. C’était un homme charmant, élégant d’un point de vue humain, et passionnant. Il manque.

Je pense aussi Éric Hazan qui dans un livre récent sur la manière dont l’édition fonctionne ne parle pas de la rémunération des auteurs, et cite un éditeur qui se plaint d’un auteur (Balzac), tiens donc comme c’est original : une plainte d’éditeur à l’égard d’un auteur dans le livre d’un éditeur. Comme quoi les idées politiques sont toujours redevables d’une position. Il ne suffit pas de dire qu’on aime la littérature, les livres, les écrivains, il faudrait reconnaitre que les auteurs ont un corps et une vie matérielle, et qu’il y a souvent un rapport social complexe dans leur position au sein de ce système.

22 janvier 2017

J’ai réactivé mon feedly (il apparaît désormais en page d’accueil de mon navigateur) et je mets à jour la listes des blogs que je suis et vais suivre. Si vous avez des conseils de blogs extras, ou si vous-même avez un blog n’hésitez pas à me le signaler.

16 janvier 2017

Avec Coline, nous prenons des vacances de Facebook. L’occasion de relire des blogs et de réécrire nos blogs.

9 janvier 2017

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Vins bus ces derniers temps (avec grand plaisir, je ne cite pas la déception) : parler des artistes qu’on aime.
Gué du Murier, de Bruno Rochard
Un vin « sec à demi », doux et fantastique, Herbes douces, de Clément Baraut
Primera Vez, de l’équipe de La Grande aux Belles (nos voisins) : Marc Houtin, Julien Bresteau,Gérald Peau. Dont j’avais bu et aimé le Brise d’Aunis. Primera Vez est plus léger, très agréable (et pas cher).
Le Morgon de Jean-Paul Thévenet.
Vins naturels (donc sans produits animaux, sans colle de poisson, sans blanc d’oeuf, etc, et oui les vins conventionnels et bios contiennent pas mal de choses autres que le raison dont oeufs, poisson…), peu ou pas souffrés, et abordables.
J’en profite pour partager cet extrait d’un beau texte de Jérôme Leroy consacré à Marcel Lapierre (et aux vins naturels, donc).
Avec Coline, on a découvert une super cave à Angers WINE NOT vins & spiritueux), ces gens ont l’air d’être des passionnés (par les vins naturels, entre autre), et ils ne poussent pas à acheter des vins chers, ils entendent quand on leur dit que nos moyens sont limités.

26 décembre 2016

« cette prière toute mêlée de conjurations que, chaque année et de plus en plus, nous adressons aux petits enfants – incarnation traditionnelle des morts – pour qu’ils consentent, en croyant au Père Noël, à nous aider à croire en la vie. »

« l’Église n’a certainement pas tort quand elle dénonce, dans la croyance au Père Noël, le bastion le plus solide, et l’un des foyers les plus actifs du paganisme chez l’homme moderne. Reste à savoir si l’homme moderne ne peut pas défendre lui aussi ses droits d’être païen. »

19 décembre 2016

Sortie de mon nouvel album jeunesse, avec des dessins de Quentin Faucompré : La recette des parents, éditions du Rouergue.

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11 décembre 2016

C’est quand je suis seul à la maison avec Cyrus (Coline est au Touquet pour un prix pour Flora et Max mais je crois qu’elle y fait surtout du surf) que je me demande comment font les mères/pères célibataires qui élèvent un jeune enfant. Ils mériteraient une statue, une avenue à leur nom (l’avenue du parent célibataire à la place de l’avenue René Coty, tiens) ou un sous-marin nucléaire (ou rebaptiser le Queen Mary 2 en Parent Célibataire 2). Et des aides, financières, des structures, des lieux. Ce sont des héroïnes.

11 décembre 2016

Mon premier roman, Comment je suis devenu stupide, vient d’être réédité il y a quelques jours (la couverture ne change pas en revanche, J’ai Lu a juste ajouté « nouvelle édition »). J’ai profité d’un nouveau tirage pour demander des épreuves et relire, réviser, corriger, changer, mon texte original. Je n’ai pas fait de changements majeurs (même si l’envie ne manquait pas), mais coupé pas mal de petites choses. On l’a oublié, et l’industrialisation aide, mais il était jadis courant pour les écrivains de reprendre leur roman, des mois, des années après, à la faveur d’un nouveau tirage. Balzac faisait ça, plus proche de nous Romain Gary procédait ainsi. L’oeuvre n’est pas fixe, et il faut parfois quelques mois passés, quelques années, pour apporter quelques corrections bienvenues.
C’est mon premier roman (écrit il y a 16 ans, j’avais 23 ou 24 ans). Je ne l’écrirai pas de la même façon aujourd’hui, c’est certain, mais j’en suis proche, je n’ai pas vraiment changé, je l’aime, même si des petites choses m’irritent, même si, même si, même si, mais tant mieux, c’était moi, c’est moi.
J’ai ajouté une courte postface pour dire en quelques mots la genèse de ce livre, l’époque de ma vie qui l’a vu naître.
Cette nouvelle édition est la version définitive et la plus proche du livre tel que je l’imaginais (c’est bien indiqué sur la couvertue « nouvelle édition »).
C’est un droit pour les auteurs que de relire leurs textes et de les corriger à nouveau. C’est important. Ce n’est pas renier le passé, c’est prendre acte que le passé est toujours là et que c’est depuis notre temps présent qu’on peut le rendre plus juste.
Merci aux équipes de Editions J’ai Lu d’avoir permis cette nouvelle édition (et merci aux Éditions Le Dilettante, et à Dominique en particulier).

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11 décembre 2016

nuitdevoremonde

11 décembre 2016

cyr

11 décembre 2016

De retour de Clisson, passage par la cave L’endroit et le verre, et achat de trois vins naturels (les vins naturels sont les seuls vins sans produits animaux, sans caséine, sans blanc d’oeuf, sans gélatine, contrairement aux vins conventionnels, biologiques et biodynamiques). On a commencé par le Brise d’Aunis, un vin d’Anjou.

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6 décembre 2016

Vivre à la campagne c’est découvrir le fioul.
Avant, quand on vivait en ville, le chauffage c’était ce truc magique qui sortait des radiateurs.
Pendant longtemps, tant que j’ai été célibataire à Paris, je ne mettais pas de chauffage chez moi en hiver, je bossais en atelier, j’étais peu dans mon studio, donc dormir avec 12 degrés n’était pas un problème. L’amour a changé tout ça et j’ai commencé à chauffer.
À Nantes, on habitait un immeuble surchauffé (23 degrés en hiver), pour une raison que j’ignore (nous faire mijoter). C’était absurde. Mais bon le chauffage était collectif et les boutons des radiateurs ne fonctionnaient plus. Hey, dîtes donc les législateurs, si on régulait la température des immeubles, on ferait de sacrées économies.
Depuis que nous vivons à la campagne, nous avons fait connaissance avec la chaudière au fioul. C’est un gros machin carré rouge passé qui donne des allures de bateau à la maison, ça a un côté antique, industriel, j’aime bien ça, ça fait Jules Verne. Elle marchait bien, ronflait comme un tororo bienveillant, et bam, dimanche elle nous a lâché. J’ai regardé les prix des chaudières et j’ai prié prié de ne pas avoir besoin de la changer (on passera au gaz quand on changera je pense). Lundi matin, Coline et moi sommes allés acheter un radiateur bain d’huile pour mettre dans la chambre de Cyrus (dimanche nuit on a dormi dans sa chambre pour lui faire de la chaleur humaine, et Coline avait mis cinq pulls).
Finalement, un réparateur est passé, très rapidement, ce matin, diagnostic : pas assez de fioul dans la cuve à fioul sous le garage. Pourtant le niveau indiquait qu’il en restait. Mais, expliqua-t-il : le truc qui aspire le fioul ne va pas au fond de la cuve pour ne pas attraper des impuretés. Il faut donc remplir la cuve même si elle n’est pas vide, c’est la loi de la nature des cuves à fioul. On a signé un contrat d’entretien (gling gling 150 euros par an). Quelques heures plus tard, une autre société envoyait un camion citerne pour mettre un tuyau dans la cuve (gling gling 700 euros). Tout est rentré dans l’ordre. Ça sent un peu le fioul dans le garage, ce qui donne un air d’aventure à toute la maison. On est en voyage. Ah autre bonne nouvelle : le réparateur pense que notre chaudière de 20 ans d’âge pourra durer encore autant.
Une pensée pour toutes celles et tout ceux qui ne peuvent pas chauffer chez eux, et il y en a pleins avec des enfants. Il y a des enfants, dans notre riche pays, qui ont froid, et je ne comprends pas que ça ne provoque pas une révolte, qu’on accepte, qu’on accepte des partis politiques qui acceptent ça et que certains votent pour eux. Que le chauffage ne soit pas un droit humain est scandaleux. Non ce n’est pas scandaleux, c’est juste déguelasse.
Et je me dis qu’avec nos vies précaires pas salariées, Coline, Cyrus et moi ne sommes pas à l’abri d’hiver passés sous cinq pulls et sans chauffage.

2 décembre 2016

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Je serai ce samedi à Lille à 16h30 (festival Escales Hivernales) pour une lecture un peu musicale autour de La folle rencontre de Flora et Max, avec Coline Pierré.

Je serai dimanche au salon du livre jeunesse de Montreuil de 11h30 à 13h30 pour dédicacer l’album créé avec Quentin Faucompré aux éditions du Rouergue : La recette des parents.

24 novembre 2016

Je suis à Morlaix ce week end pour le festival du livre jeunesse.

24 novembre 2016

Époque des rhumes et gastro : être parent, sport olympique. Être enfant aussi.

16 novembre 2016

La vie littéraire :
Encore des discussions orageuses avec un éditeur qui n’aime pas le titre de mon prochain livre mais qui est incapable de me proposer autre chose.
Je déteste cette partie du boulot.

Une seule fois on m’a imposé un titre. Un titre qui n’est pas de moi. C’est Le banc de touche, ma bd co-créée avec Clément C. Fabre. Je déteste ce titre.

14 novembre 2016

Image du tournage de l’adaptation de mon roman (enfin celui de Pit Agarmen).

pit - tournage

 

30 octobre 2016

Sur le chemin de retour de la crèche. Trélazé, ça ressemble au Québec (et d’ailleurs, dans le nouveau numéro de Versus, magazine végane québécois, j’ai écrit un texte : Ne pas manger d’animaux ni laisser les humains se manger entre eux- on peut acheter le magazine sur la boutique en ligne de la L214).

La nouvelle vie s’organise, déjà les premières récoltes du jardin, salades, radis, pommes, et bientôt : choux.

trelaze automne page pierré

 

23 septembre 2016

Véganisme

Un texte signé par quelques artistes, philosophes et politiques, et moi donc. Publié dans Le Monde de mercredi dernier.

A la suite d’enquêtes menées dans plusieurs abattoirs français et diffusées par l’association L214, la question de l’abattage des animaux a suscité un débat d’ordre national. Devant l’implacable réalité des images, les Françaises et Français commencent à prendre conscience des souffrances endurées par les animaux d’élevage. Après la tenue de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat portant sur la sensibilité animale, une commission d’enquête parlementaire a même été créée au printemps dernier afin d’étudier les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français. 

Nous avons été profondément bouleversés par ces images d’êtres vivants et sensibles luttant pour leur vie dans les abattoirs. Quelles que soient la méthode d’abattage et la taille de l’abattoir, toutes les enquêtes montrent des animaux en détresse et en grande souffrance, conscients du sort qui leur est réservé. Certains tentent de fuir, de se débattre, de résister à une mise à mort programmée. En vain.

Les lapins, vaches, cochons, moutons, poules, poissons et autres animaux sont des êtres sentients, doués de sensibilité et qui ressentent des émotions telles que la peur ou la joie. En 2012, lors d’une déclaration signée à Cambridge (Royaume-Uni), un groupe d’experts internationaux en neuroscience et cognition animale a affirmé que ses recherches démontraient la réalité de la conscience animale.

La viande n’est pas un simple produit de consommation, mais provient d’un animal qui a été mis au monde et élevé, souvent dans d’épouvantables conditions carcérales, dans le seul but d’être vendu et tué. Ainsi, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs terrestres, sans oublier les dizaines de millions d’animaux marins victimes de la pêche. 

Au-delà de cette incommensurable souffrance destinée à nous nourrir, les conséquences environnementales de l’élevage sont dramatiques. L’élevage est en effet responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre (soit davantage que l’ensemble des transports, aériens compris) et de 50% des émissions de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, nous ne pouvons ignorer plus longtemps que l’élevage est la cause de 70% de la déforestation mondiale. Ainsi, à l’heure où plus d’un milliard de personnes dans le monde n’a pas d’accès à l’eau potable, il faut en moyenne 15 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de viande de bœuf.

Pour ces raisons, nous décidons de prendre parti et d’être solidaires des animaux. Nous ne pouvons être complices plus longtemps d’un massacre quotidien et institutionnalisé. Les techniques en elles-mêmes d’abattage rendent impossible toute amélioration concrète du sort des animaux d’élevage ; l’industrialisation de la mort est une condition de la survie économique de la filière de l’élevage, soumise aux lois du marché et de la concurrence, et elle se paye au prix de la grande souffrance des animaux. Les solutions proposées par la commission d’enquête parlementaire n’y changeront rien et ne rendront pas moins nécessaire un changement profond de nos modes de consommation et à une transition vers un modèle agricole durable et respectueux de la vie des animaux et de notre environnement.

Les connaissances actuelles en nutrition ne laissent planer aucun doute. Une alimentation végétale équilibrée peut en effet parfaitement se substituer à une alimentation omnivore, comme l’ont démontré de grands spécialistes de la nutrition. L’Association Américaine de Diététique, par exemple, stipule qu’elle est appropriée à tous les âges de la vie et même souvent bénéfique pour la santé. De plus en plus répandues et faciles d’accès, les solutions alternatives végétales aux produits carnés offrent la possibilité d’une cuisine diversifiée, riche et savoureuse. 

Certains d’entre nous ont déjà franchi le pas et refusent depuis plusieurs années de consommer des produits issus de l’exploitation des animaux. Pour d’autres, cette décision est plus récente. D’autres encore ont fait le choix de réduire leur consommation de viande. Mais nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme.