21 décembre 2011

Beckett


Un article sur mon Bienenzucht nach Samuel Beckett ici. Jean-Baptiste Joly (de Solitude) et Gernot Krämer (traducteur) viennent de m’écrire pour me dire qu’Erika Tophoven, la traductrice allemande (avec son mari Elmar) (et amie) de Beckett s’est beaucoup amusée en lisant le livre. Je me demandais comment les spécialistes prendraient mon acte de piraterie. Pour l’instant avec bienveillance et humour, c’est rassurant.

Caroline a apporté des cookies au beurre de cacahouètes à l’atelier. Heureusement que je viens à vélo.

21 décembre 2011

nous sommes des prétextes


Lewis Carroll par Karoline LeachJe viens de recevoir un email d’une jeune philosphe rencontrée à Solitude il y a un mois et demi. Nous avions échangé quelques mots sur le pas d’une porte, et cela avait très agréable. Elle me joint un texte qu’elle a écrit, en anglais : Intervals, possibilities, and encounters: The trigger of a ruptured history in Bachelard. Mon esprit paresseux passe son temps à être mis à rude épreuve. J’aime lire de la philosophie, même si je pense que je n’en saisi que la surface, il y a quelque chose d’inspirant dans les miettes que j’arrive à attraper. Monika a deux blogs, ici et .

Je suis toujours dans la lecture (j’avance lentement, d’autres livres m’occupent aussi) du Lewis Carroll, une réalité retrouvée, de Karoline Leach (Arléa).
“Dans le fossé qui sépare ce qui existait et ce que les biographes, les mémorialistes, les critiques littéraires et les psychanalystes sont parvenus à “voir”, se trouve l’histoire de nos véritables rapports avec Carroll et Alice.
Donc si vous voulez bien le lui pardonner, cette exploration ne concerne pas principalement Charles Lutwidge Dodgson <le vrai nom de Lexis Carroll> ; elle vise à essayer de comprendre comment nous en sommes venus à le perdre.”

Pour la société, nous ne sommes que des prétextes.

Ce matin, Yong De Min Feng organic 2006.

16 décembre 2011

Larmor-Plage


Je suis samedi et dimanche au salon du livre de Larmor-Plage, plus d’infos ici !

Sinon je réécoute aujourd”hui Neutral Milk Hotel, et bon dieu quel groupe (là une instru) :

Sur ma table de chevet, Why I write, d’Orwell. Et j’ai lu il y a déjà quelques semaines le nouveau livre jeunesse de Nathalie Kuperman (je préviens, c’est une amie), La liberté est une poussière d’étoiles. C’est un conte sur le libre arbitre, et c’est magnifique.

10 décembre 2011

Lille


Je suis samedi à Lille, dans le cadre d’Escale des Lettres, pour deux (?) débats/rencontres.

Sur ma table de chevet, Chine trois fois muette, de Billeter. Encore un livre passionnant du spécialiste de Tchouang-Tseu, géopolitique cette fois. Belle attaque contre ce qu’on nous vend comme l’objectivité économique. J’en reparle bientôt.

Dalibor et moi sommes voisins, à Nantes. Je lis son Brut (Seuil) et pour l’instant c’est extra. Il est venu nous rendre visite à l’atelier (bientôt les présentations de toute la petite équipe). Forcément on a parlé boulot. Il y a deux choses dont j’aime beaucoup parler : amour et écriture. Je suis passé à une soirée vendredi dernier, c’était très sympa, chaleureux (on a parlé de livres et de la mort, donc c’était vraiment dans mes cordes), mais dès qu’il y a plus de quatre personnes dans une pièce je ressens une brutale dépressurisation et je n’ai qu’une envie, fuir pour sauver ma peau.

2 décembre 2011

Montreuil


Sandrine Bonini et moi sommes au salon du livre de Montreuil ce soir à 19 h sur le stand des éditions du baron perché. Nous y serons également dimanche à 15h30 ou 16h30.

29 novembre 2011

Jewish jockey murdered at Iroquois Hotel


L’automne c’est la période de la dépression saisonnière, des châtaignes et de Bored to Death. On se demande à quoi peuvent bien servir les autres saisons.

26 novembre 2011

atelier menuiserie


Clément vient de terminer notre bar d’atelier !

le bar

26 novembre 2011

the galettes nazi


soir, à l'atelier

Tout est beau dans la brume. Et il y en avait pas mal ce matin. Café avec Sarah. Puis quelques courses. Envie d’une galette au beurre salé. Je me dirige vers un marchand, Sarah m’arrête et me dit qu’elle l’a entendu dire des choses xénophobes. Évidemment il était alors hors de question de lui acheter des galettes. J’aurais tellement voulu ne pas savoir que ce type était un nazi, je voulais ma galette. J’ai demandé à Sarah de ne plus rien me dire sur les opinions politiques des commerçants sinon je risquais de m’interdire d’autres endroits. Finalement nous avons trouvé un autre vendeur de galettes, qui ne semblait pas nazi (mais nous ne l’avons pas questionné, et nous ne le ferons pas). Voir le soup nazi (qui lui n’est pas vraiment un nazi).

Après-midi à l’atelier. Sarah était là donc, et Clément qui nous construit un meuble en bois, un bar avec des tas de rangements, qui fera une séparation entre la plus grande pièce et le coin cuisine. Les boissons du jour : café, Winter Kraüter Tee et Wu Yi.

Frances Yates : “(…) le mage de la Renaissance , incarnation de cette attitude nouvelle de l’homme par rapport au cosmos (réseau de forces magiques dans lequel l’homme peut opérer), qui fut à mon sens le préalable nécessaire à l’essor de la science”. (in Science et tradition hermétique, éditions Allia).

Enfin j’ai reçu le moyen-métrage de Benjamin : La Barque. Je ne l’ai pas encore vu, je n’ai plus de lecteur dvd à la maison, et quand je suis à l’atelier j’écris (mais lors d’une pose ça doit être négociable avec mon surmoi). Heureusement une projection est prévue bientôt à Paris.

la barque, dvd

Il est 19h30 et je suis encore à l’atelier. L’endroit est hanté, bien entendu. Il y a un combat de dessinateurs à moustaches ce soir, mais Quentin, blessé, n’y participe pas. Bon, aller dans un bar plein de monde, de bruit, d’épanchements alcoolisés même pour voir un chouette spectacle, hm non mon coefficient de sociabilité est décidément très bas. Je me demande comment j’ai réussi à me faire des amis. Cela a pris du temps et je n’ai fait aucun effort. Nous nous sommes juste rencontrés. J’imagine que ce sont mes années de solitude minutieusement ciselées qui m’ont permis au final d’avoir des amis. La solitude comme préalable à l’amitié. Je crois que ceux qui commencent par avoir des amis, je veux dire quand ils sont enfants, adolescents, étudiants, qui sont sociables etc, finissent par être seuls (ou pire : en couple avec leur équivalent fromageblancisé) et composés à 99% d’ennui et de rancœur. Une jeunesse de merde est souvent le prélude à une vie adulte pas trop mal (hypothèse hautement contestable, mais hey on est samedi soir). Je plains ceux qui ont été heureux quand ils étaient jeunes. Ils vont morfler comme jamais. Ils n’ont pas de moelle épinière. Nous, nous avons déjà tout subi. Tout ce qui peut nous arriver ne pourra jamais être pire. La perte ne nous tuera pas, car nous avons déjà tant perdu. Le bonheur n’est pas la norme pour nous, c’est un accident, une bizarrerie, un papillon rare, on a peine à y croire, on cherche les fils invisibles, on s’attend à ce que quelqu’une surgisse avec une caméra et dise “surprise, surprise”. Nous sommes étonnés par ce bonheur et un peu sceptique quant à sa réalité. Nous sommes persuadés qu’il ne va durer qu’un instant, et bien on en profite, cet instant est fragile, alors on le vit, on le respire, on en prend soin, on le remercie d’être là. Qu’il soit fugitif ce n’est pas un reproche qu’on peut lui faire, nous n’avons aucun droit sur lui. Le bénéfice d’un instant est comme une onde de choc, il dépasse le temps qui lui était donné et contamine tout autour de lui. Comme on n’a pas essayé de saisir le bonheur à la gorge, de l’emprisonner, comme on ne s’est pas cru son propriétaire, mais son hôte, alors il est en confiance, et il reste.

23 novembre 2011

détour


dans le XX° arrondissement, près de GambettaAvant de rentrer, je suis passé par Paris, pour voir amis (Marc, les inadaptés) et famille. Ballade dans le XX° arrondissement, surtout dans le quartier Saint-Blaise, découverte de la confortable médiathèque Marguerite Duras, ouverte le dimanche, bonheur d’être dans une bibliothèque ce jour-là, un endroit où se réfugier. J’ai acheté Professeurs de désespoir de Nancy Houston, un essai sur le goût du néant et du sérieux (souvent misogyne) dans la littérature, un goût qu’elle interroge et critique. J’en ai lu quarante pages, je n’ai qu’une hâte : le retrouver ; enfin un essai féministe, drôle et inventif, dont les positions à contre-courant sur la littérature me correspondent. Huston cite Göran Tunström : “J’ai longtemps adhéré au poncif selon lequel un homme qui souhaite sérieusement écrire ne devrait pas avoir d’enfants. Eh bien c’est faux. La naissance de mon fils a métamorphosé ma langue. Et maintenant je décrète : chaque écrivain doit avoir trois enfants !” De la même, j’ai commencé Journal de la création, comment devient-on écrivain quand on est une femme, quand on est une mère ou qu’on se refuse de l’être, sur des couples d’écrivains (Plath-Hughes, Leonard Woolf/ Virginia W. …), et la manière dont ils se soutiennent (les Browning) ou se font du mal. Une esthétique est une éthique.

23 novembre 2011

en revenant de déjeuner


Aménagement de l’atelier, en revenant de la pause déjeuner Chez Jules, sur la butte saint-Anne.

escalier vers l'atelier

Somerset Maughan : “Mais je me méfie toujours des théories des romanciers ; je n’y ai jamais constaté qu’une justification de ses limites personnelles.” (Et mon fantôme en rit encore, journal 1892-1944)

19 novembre 2011

retour à Solitude


programme de la litteraturhausJ’ai été invité par l’Akademie Schloss Solitude à faire une lecture de L’apiculture selon Samuel Beckett dans le cadre des dix ans de la Litteraturhaus de Stuttgart. Etaient également invités la romancière roumaine Liliana Corobca et le poète hongrois Dénes Krusovszky. Le roman de Liliana, Ein Jahr im Paradies, porte sur la prostitution forcée dans un bordel nommé le Paradis. C’était émouvant de retrouver l’équipe de la résidence, les lieux, de croiser d’anciens fellows de passage. Semaine studieuse et tranquille.

l'apiculture selon Samuel Beckett

dédicaces

Herr Joly

dans l'akademie

l'ancien jardin du château devenu forêt

vue sur la cour

Hausse de la tva sur le livre, voilà le communiqué que nous avons rédigé à la Charte, ici.

12 novembre 2011

stranger


Utopiales, 2011Fin d’après-midi et début de soirée aux Utopiales, le festival de la science fiction de Nantes. Jodorovwky sur scène nous raconte des histoires morales et des blagues spirituelles, c’est souvent beau et inspirant, même si la succession ne nous laisse que peu de temps pour les assimiler. Je suis heureux de l’avoir vu, je connais à peine son travail, ses livres, ses films, c’est un artiste vers qui je vais aller, un jour ou l’autre. Et puis, envie de lire Solaris, le roman de Stanislas Lem. J’aime les salons de la science-fiction, ils me rappellent le club science-fiction du collège, le lieu de refuge pour les élèves bizarres, pas à leur place en classe ni dans la cour de récréation. Nous avons acheté cet album, dessiné par Sarah Debove (et Serge Lehman, auteur dont j’avais aimé un livre jeunesse), dessinatrice et peintre talentueuse, notre voisine, et bientôt notre voisine d’atelier.

album de Sarah Debove et Serge Lehman

Michael Chabon écrit dans Maps & Legends : “And yet here I am -here I have always been, for as long as I can remember knowing anything about myself- feeling like a stranger. (…) I failed to notice what now seems clear, namely that there was really only one investigation all along. One search, with a sole objective: a home, a world to come call my own.”

Earl Hines, Boogie Woogie on St Louis Blues.

earl hines

11 novembre 2011

lacunes


dans ma bibliothèque“Les lacunes pouvaient être des espaces potentiels pour l’imagination”. Adam Philips, Winicott.

9 novembre 2011

si tous les objets étaient faits comme de beaux livres


à mon bureau

Une pétition circule pour protester contre la hausse de la tva sur le livre (celle-ci passant de 5,5% à 7). Rappel : le taux normal de tva est de 19,6 %, la tva sur le livre reste réduite. Pas assez réduite : en Angleterre, elle est à 0%. Mais cela ne devrait pas concerner que le livre : il faut que tous les produits de nécessité ne soient pas du tout taxés par la tva, c’est-à-dire l’eau, le gaz, la nourriture, les livres les disques, les films… Le combat à mener est contre l’existence même de la tva, car c’est l’impôt le plus injuste. Le reste est un combat à court terme (note du 10 novembre : j’ai supprimé les mots “corporatistes” et “égoïstes”, inappropriés et qui font perdre de vue le sens de mon propos, et que j’adressais aux auteurs, chers amis libraires, cf. suite du texte). Les auteurs sont des précaires, alors rejoignons le combat des précaires, d’une société entièrement en voie de précarisation (et quand je dis “rejoignons” je ne parle pas de choses éclatantes, mais déjà ayons un discours clair sur ces sujets-là, un propos qui englobe toute la société). Je viens de lire le texte de la pétition (ici). Le discours sur “le livre n’est pas un objet comme les autres” me gêne profondément. Une table fabriquée par un ébéniste non plus n’est pas un objet comme un autre, un violon non plus. Plus que l’objet, c’est la manière de le faire qui compte. Battons-nous pour que tout le monde soit traité et payé convenablement (ajout du 10 novembre : ce qui veut dire : pour que les libraires, les éditeurs et les auteurs, parmi les autres, puissent faire leur métier dans de bonnes conditions). L’inaction sous la bannière “moi je ne fais pas de politique” me pose problème. Les auteurs qui ne défendent que leurs droits me posent problème. Tant que chacun restera dans son coin, rien ne changera. Profitons de cette hausse de la tva pour défendre les autres aussi, pour parler d’une même voix.

Pour me calmer, j’ai fouillé dans mes boîtes de thé et j’ai redécouvert un si ji chun de Zhu Shan (Taïwan), récolté fin décembre 2008. Trois ans ! et il est parfait. Frais et confit. Waou, c’est bon.

Et bordel : je veux que les livres restent des objets comme les autres, si les autres objets sont bien faits : des objets extraordinaires. Qu’ils soient familiers, doux, tendres, pleins de surprises et de chaos. Qu’ils ne fassent pas peur. Qu’ils soient accessibles. La sacralisation de l’art est une blessure faite à l’art. Que tous les objets “comme les autres” soient le fruit d’un artisanat, le résultat d’une passion ça me semble une belle ambition.

9 novembre 2011

naturel


Homy's, Nantes

On découvre des lieux à Nantes, comme Homy’s, mini resto à bagels (c’est très bon, pas trop cher, pas tout à fait assez copieux pour moi mais C* et Cl* avaient assez). Un vin naturel (pire que le bio donc :-), ça me plaît le vin naturel car les gens qui le font ont l’air exigeant et amoureux ; là c’est un muscadet rouge, on est obligé de secouer le vin et d’enlever le gaz carbonique avant de boire) d’une cave écolo rue Paul Bellamy. On rencontre des gens aussi. Doucement. Il m’a fallu six ans avant de me faire des amis à Paris, ça prendra du temps ici aussi. Hier soir nous sommes allés au Lieu Unique voir l’adaptation de Quartier Lointain, une bd japonaise (que j’aperçois dans notre bibliothèque). Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris plaisir au théâtre. La malédiction est peut-être levée. Dimanche nous devions assister à une lecture de Patti Smith dimanche mais il nous manque une place (pour Isa qui est notre invitée à partir de demain soir), si quelqu’un a un plan…

muscadet rouge (vin naturel)

3 novembre 2011

rencontre


Sandrine Bonini et moi serons à la librairie Le Pain de 4 Livres, à Yerres, le samedi 5 novembre à 16h30 pour présenter La bataille contre mon lit !

31 octobre 2011

les monstres sont de notre côté


la citrouille qui veille sur nos âmes

J’ai toujours aimé les films d’horreur (et les livres d’horreur). Pour l’ambiance dans la salle de cinéma, par les commentaires, les cris, les mots, que les images provoquaient. Il y a avait une absence de sérieux, un rapport ludique en même temps que profond à la mort, à notre propre disparition. Aujourd’hui j’ai du mal à voir, et à revoir, des films que je regardais en mangeant de la pizza et en buvant du Coca adolescent avec mes amis bizarros. Mais de temps en temps, j’y reviens, j’achète Mad Movies (le magazine de notre adolescence prolongée à mon frère et à moi). Les monstres nous font peur pour nous prévenir. Je m’y sens chez moi. En novembre auront lieu Les Utopiales, festival international de science-fiction de Nantes, et nul doute que je m’y sentirai plus à l’aise qu’aux Rencontres Littéraires de Manosque (sans doute le meilleur festival littéraire, le mieux organisé, le plus ouvert et accueillant, et pourtant je m’y sens comme un intrus, déplacé). C’est Halloween aujourd’hui. J’aime les fêtes, peu m’importe que ce soit commercial et américain, j’aime ce surnaturel invité le temps d’une soirée. Il n’y a pas assez de fêtes, à une époque je pensais fêter toutes les fêtes de tous les pays. J’ai rencontré une fille qui a dit à son enfant que le père Noël n’existe pas. C’est incompréhensible pour moi. J’aime le père Noël, et cette fête. Ne pas y voir la joie et l’idéalisme de ces nuits-là, c’est triste. Mais si des adultes disent aux enfants que le père Noël n’existe pas, c’est sans doute qu’ils veulent protéger leurs propres père Noël, leurs propres illusions, bien moins joyeuses, bien moins belles. Aujourd’hui j’ai sculpté cette petite citrouille. Bouhhh.

31 octobre 2011

vivre


bords de l'Erdre, à deux pas de chez nous

A deux pas de chez nous. Je ne sais pas si la ville m’est nécessaire, et je n’aime pas m’identifier à l’une d’elle. Mais celle-là me plaît de plus en plus. Nous nous entendons bien. Vous connaissez cet album de Jaymay, Automn Fallin’ ? C’est le moment de l’écouter.

Retrouvailles avec ma bibliothèque donc. J’ouvre Vivre, de Milena Jessenska (la Milena de Kafka) : “Dîtes-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couché dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l’étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu’au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l’horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N’avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu’il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?”

“Je crois fermement que le monde vient à notre secours. On ne sait ni quand, ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.”

30 octobre 2011

le retour de la bibliothèque


Frances Yates

L’arrogance de ceux qui décrient le livre numérique m’énerve tout autant que l’arrogance de ceux qui déclarent le livre papier mort et enterré. Époque bizarre. De fait je m’intéresse au numérique, c’est une occasion de liberté, ça met un joyeux bordel, et de nouvelles maisons d’éditions naissent pour de nouveaux auteurs. Mais c’est aussi plus de pollution, de l’électricité et des machines qui se cassent, que l’on remplace. C’est aussi un danger pour les libraires, passeurs des livres, qu’il faut défendre coûte que coûte, car leur rôle n’est pas accessoire. C’est peut-être aussi un danger pour les éditeurs, et on ne saurait se passer des éditeurs qui font encore un véritable travail d’édition (on en retrouvera sur internet je pense). Et les bibliothécaires ? Qui parlent des bibliothécaires ? C’est dans les bibliothèques que je me suis formé. Quelle va être leur place à l’ère du numérique ? Je ne sais pas, je fais le pari que ça sera pour nous tous l’occasion de réinventions. On verra ce que tout ça va donner. J’écoute de la musique sous forme de mp3 depuis dix quinze ans. Je suis passé par Deezer et Grooveshark, je suis abonné à Spotify. Mais depuis que nous sommes installés, je n’écoute plus que des vinyles. Les cd sont obsolètes pour moi, mais pas ces beaux disques noirs. Et si tout existait ? Sans supériorité, sans le streaming c’est mieux que le vinyles ou le contraire ? Avec des livres numériques, des livres papiers. Ce qu’on veut, ce qui nous convient, suivant le moment. Espérons : les beaux objets, solides, à qui l’on donne le loisir de vieillir, continueront à plaire et à nous accompagner.

Après deux mois, nous avons enfin acheté des bibliothèques (une dizaine, petites, moyennes et grandes). Elles occupent la même pièce. Je retombe sur des livres. Celui-là par exemple : Fragments autobiographiques, de Frances Yates (oui, Yates du L’art de la mémoire). On lit sur la quatrième de couverture : “C’est ainsi que je continuai à échapper à toute éducation régulière, presque par accident. Ce fut une chance merveilleuse.”. Et page 70 : “Cette extériorité au système m’a laissé ma liberté, mais elle a aussi eu l’inconvénient, pendant de nombreuses années, de me rendre peu confiante en moi-même et mal assurée de ma situation”. (pas d’argent veut-elle dire)

Revu pour la cinquième fois l’émission d’Arrêt sur Images avec pour invité Frédéric Lordon à propos de son livre sur Marx et Spinoza. Bonheur :-)

30 octobre 2011

Bobin


Bobin, sur Emily DickinsonTrouvé dans ma boîte aux lettres samedi matin. Merci Izabelle. Pour tous les amoureux d’Emily Dickinson. Premier livre de Bobin que je lis, belle découverte.

L’après-midi file, et nous allons voir Bonnie Prince Billy au Lieu Unique ce soir. Je retourne à mes re-corrections du Beckett.

Vu Submarine, un beau film plein de défauts, très inspiré d’Harold et Maud et de Wes Anderson (lui-même très ami avec le film d’Ashby). Mille idées originales, phrases que l’on envie d’apprendre par cœur, mais film moyen au final. Tiré d’un roman pas encore traduit en français, par Joe Dunthorne. Très envie de le lire.