30 octobre 2011

ce n’est pas mon monde


près de l'Erdre, octobre 2011C’est peu dire que je ne me trouve pas à l’aise dans ce monde de l’édition, même avec ceux qui me soutiennent. Pour être passé à un cocktail il y a quelques mois lors de l’anniversaire d’une maison d’édition, je n’ai eu qu’une envie : mettre du lsd dans leur vin rouge bio. Une météorite qui écraserait tout. Un tremblement de terre. Je me sentirai toujours plus à l’aise avec les freaks & geeks qu’avec les petits bourgeois surdiplômés du monde artistique. La littérature blanche ce n’est pas ma place. C’est trop chic, trop bien élevé. Qu’est-ce que je fous là ? Dans un milieu dont les rapports me déplaisent, dont la violence structurelle m’horrifie, dont les buts de reconnaissance sont dérisoires. Derrière les bonnes manières et les références cultivées, il n’y a que rapports de force et prestige vide de sens. Je n’ai pas ma place ici, m’y trouver est un accident, ce n’est pas mon monde. Il me reste à me l’inventer, ou à continuer à être un contrebandier. Être un contrebandier, c’est chouette, on survit, mais ça fatigue. On rêve parfois d’une île où accoster. Mais peut-être que ça sera partout pareil, et qu’être étranger, aux groupes, aux maisons, aux milieux, c’est ce que je suis, c’est mon identité.

30 octobre 2011

vassalité


droits de De la Pluie, octobre 2011Parfois il y a de bonnes nouvelles : je récupère les droits de De la pluie (qui vient de sortir en poche). Car les droits se perdent ou se cèdent. Une maison d’édition en reste propriétaire toute la vie de l’auteur et soixante-dix ans après sa mort. Ce n’est pas partout comme ça. Dans bien des pays les droits ne sont cédés que pour dix ans. On appelle ça l’exception française. Autre petit plaisir : un éditeur conserve les droits d’un livre même s’il ne paye pas les droits d’auteurs à l’écrivain. Je sais ça paraît bizarre. Un écrivain récupérera ses droits si le livre n’est plus disponible en librairie (alors envoyer lettre recommandé etc ça prend un an, délai légal). Mais avec le print on demand (et les ebooks), tout ça va changer, ça ne sera plus possible, l’auteur va perdre un droit majeur. Il y a des livres prisonniers d’éditeurs qui n’en prennent pas soin, et cette situation va empirer. Là aussi il est possible de changer les choses.

Un éditeur disait dernièrement : “Ce sont les éditeurs qui prennent tous les risques”. Quel cynisme. L’auteur est maltraité, oublié, relégué dans une position subalterne, comme un simple employé (la relation auteur éditeur est un rapport de classes sociales). Un symptôme en est la prédominance de l’image des maisons d’édition sur celle des auteurs. On est un auteur Gallimard, Minuit etc. La maison compte plus que le nom de l’écrivain. Ce sont des aras. Nous avons en France une littérature de maisons d’édition (pas d’éditeurs, car il y en a peu), pas d’écrivains. C’est une littérature institutionnelle qui singe les gloires passées et flatte les esprits de corps. Mon éditrice, Alix Penent, vient de quitter les éditions de l’Olivier pour les éditions Flammarion. Je vois autour de moi, parmi les libraires et certains auteurs la difficulté à envisager la possibilité de quitter une maison chic (l’Olivier, très bon catalogue, très bonne équipe, un plaisir à y être) pour une maison à l’image plus brouillée (pour être poli). Un ami me disait qu’il ne fallait surtout pas que les auteurs de l’Olivier qui travaillaient avec Alix aillent chez Flammarion, car cette maison d’édition n’avait pas l’image de l’Olivier (ni le catalogue, mais who cares?). Je trouve cette remarque hallucinante. Les auteurs s’ils publiaient chez Flammarion devriendraient-ils moins bons ? Non, évidemment. Ils auraient la même éditrice. Je vois aussi que pour certains auteurs il importe plus d’être publié par une certaine maison d’édition à la prestigieuse réputation que de continuer à travailler avec l’éditrice en qui l’on a confiance. Il y a quelque chose de profondément déprimant dans ces réactions. Le flacon compte, on en est encore là. La France est le pays où un livre ne sera pas jugé de la même façon s’il est publié chez Minuit ou chez Albin Michel (Albin Michel s’en sort très bien, je ne m’inquiète pas). On en vient à acheter un livre des éditions de Minuit, un livre Gallimard, un livre POL. Il y a le chic et le manant, les bons élèves et les mauvais. L’auteur devrait revenir au centre de la scène. Même s’il décide de s’abriter d’ombres, c’est sa place. Il y a une vassalité dans les rapports auteurs éditeurs qu’il serait temps de renverser. Les auteurs sont en cause aussi, car ils ne rêvent que de reconnaissance et de respectabilité, ils se conduisent comme des enfants, cherchent les bonnes notes, les points, les articles et les prix. Ils veulent être complimentés et cajolés, flattés. Tant pis pour eux. Ces blessures à notre liberté se payent. Elles sont un choix.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire de ce livre sur la pluie. En faire une édition numérique je pense. Et si un éditeur est intéressé, une nouvelle édition papier. On verra.

30 octobre 2011

peut-être un jour


vagues dessins à la plume et à l'encre de Chine (moi et C*)Une amie vient de se faire virer de son stage, car elle n’était pas assez efficace. Évidemment elle était encore étudiante. Quelle société de merde. Les stagiaires sont pas, ou à peine payés, ils sont censés être formés, mais on attend d’eux qu’ils occupent le poste d’un véritable professionnel. L’édition aussi a recours aux stagiaires, rarement dans des conditions décentes. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas assez d’argent pour payer un salarié en plus, c’est de la connerie, je vois quelques postes budgétaires qui pourraient perdre du gras. On profite de la fragilité économique des gens, jeunes ou pas jeunes peu importe, on se sert d’eux, pourquoi pas ? ils sont là, polis, compétents, rêvant d’un boulot. On profite d’un marché du travail en lambeaux, et on instaure un rapport défavorable aux stagiaires et aux précaires en tout genre. On s’invente des justifications bien sûr, car parfois des patrons s’imaginent de gauche c’est plus chic. Peut-être un jour on en aura assez de se laisser traiter ainsi.

29 octobre 2011

automne


Il n’y a pas d’autres saisons que l’automne. Le monde a été crée pour que les feuilles rougissent, et que la douceur et la fraîcheur de l’air ne se distinguent plus vraiment. Nous sommes enfin installés, le dernier carton a été vidé tout à l’heure, la dernière bibliothèque construite. Enfin, chez nous. Comme l’automne est là, malgré les tentatives de l’été de s’éterniser, nous faisons la cuisine (mes lasagnes hétérodoxes, je fais revenir chaque ingrédient séparément dans l’huile d’olives), et puis c’est le bon moment pour se remettre au pu-erh (vrac 28 de 1998, maison des trois thés), le thé des fantômes. Bien sûr (jeunes artistes urbains de gauche écolos pantalon en velours vélo etc la panoplie complète) nous sommes inscrits à l’AMAP du quartier, et chaque semaine nous avons droit à des légumes surprenants (blettes, betteraves crues, pommes de terre, potimarons) et à une grande variété de fruits (pommes ou pommes, poires parfois). C’est l’aventure telle qu’elle devrait toujours être : douce et civilisée.bords de l'Erdre

lasagnes

compote

pu-erh 28, 1998

17 octobre 2011

Strasbourg


Nantes/StrasbourgCe mardi 18 octobre 2011, je serai à la médiathèque Robertsau à Strasbourg, 19h, pour une rencontre. C’est déjà un peu l’Alsace à la maison (chansons, gastronomie, costumes traditionnels), je ne vais donc pas être dépaysé :-).

17 octobre 2011

décapage


décapage, 2011

Le nouveau numéro de décapage vient de sortir. Cela n’arrive pas souvent, il y a davantage de saisons, raison de plus pour ne pas laisser passer l’automne et l’hiver empaquetés avec art dans ces pages. On est bien loin de l’académisme et du style vieille France, du simili-trash et des héritiers obéissants de maîtres décédés. Cela fait du bien.

17 octobre 2011

Margaret Atwood


mongolfières entre Boulogne et Dunkerque, octobre 2011C* vient de nous offrir Cibles émouvantes un recueil d’articles de Margaret Atwood (écrivain qui a joué un rôle dans notre rencontre). Il y a un portrait de Northrop Frye, dont j’ai lu un livre sur Shakespeare et dont j’aimerais lire son livre sur Emily Dickinson (mais il n’est pas traduit en français et je mets deux fois plus de temps à lire en anglais). Ce texte confirme tout le bien dont j’avais l’intuition à son propos.

Northrop Frye “donnait l’impression de considérer l’écriture comme normale. Il semblait y voir non pas une occupation à laquelle s’adonnaient des êtres à la psyché en lambeaux, mais au contraire une activité humaine essentielle. Il prenait nos ambitions au sérieux”.

16 octobre 2011

rescapés de retour dans la cour d’école


cigarette from Martin Page on Vimeo.

Avec Jakuta, dans la cour de l’école d’un village, Wallers-en-Fagne, près de la frontière belge, on s’est pas mal perdu avant d’y arriver, heureusement le gps était là. Je ne fume pas, mais de temps en temps je crapotte, plaisir de tenir une cigarette, biberon toxique, radiateur portable, étoile qui brille quand on la respire. C’est une chance de parcourir les routes et d’aller dans des endroits auxquelles on ne s’attendait pas. Il n’y a pas grand monde, et ce n’est pas grave. Ce ne sont pas des salons, pas des endroits chics, mais voilà des grand-mères, des gens modestes, quand la simplicité est belle, des gens qui viennent par hasard, pour voir, d’autres car ils aiment lire, pas forcément les livres que je lis, mais encore une fois on s’en fout, c’est la chance des rencontres inespérés, avec des êtres différents, on est loin de Paris, géographiquement, psychologiquement, éthiquement, on discute de notre travail pendant une heure et demie, même s’il y a encore cette satanée table qui fait une idiote séparation. En six jours, nous avons fait une quinzaine de rencontres, alors forcément les questions sont parfois, souvent, les mêmes, mais la voix n’est pas la même, la tonalité, l’intention, et puis nos réponses évoluent aussi, elles s’enrichissent, elles prennent d’autres voies, on comprend ce que l’on pense en s’écoutant répondre à des questions que l’on se serait pas posé, on parle aux autres, mais tout autant à soi-même, on se révèle des choses grâce à ces quelques personnes assises en face, car la rencontre, la présence de l’autre a des effets, on pense mieux, plus justement, des idées viennent, l’inspiration est là. Je suis solitaire et j’ai peur des autres, mais j’aime parler dans ces occasions, sans doute parce que je suis protégé, je suis écrivain alors on me considère avec bienveillance, ce job est un passeport pour moi l’inadapté, le moyen qui m’a permis de rencontrer d’autres gens, de parler, car sans ça cela m’est presque impossible. C’était chouette cette cour d’école, alors qu’on n’est plus un élève, qu’on en a réchappé, le lieu des anciennes batailles. Nous sommes au moins sauvés de ça.

16 octobre 2011

home sweet home


Belle semaine. Merci à l’équipe de L’escale des Lettres, à Shéhérazade, Élodie, Ludovic, Olivier de Solminihac, Carole Fives trop rapidement croisée à la librairie Chapitre d’Arras, Manu, les bibliothécaires, les profs. Mais pas mécontent d’être à la maison. Je m’y sens protégé. Le monde extérieur est trop plein de dangers. M’attendaient deux livres. La nouvelle édition coréenne de “comment je suis devenu stupide” :

nouvelle édition coréenne de "comment je devenu stupide"

et mon petit nouveau, Bienenzucht nach Samuel Beckett, dont seule la traduction allemande est disponible (chez Merz&Solitude), je dois m’occuper de le faire publier en France (donc trouver un éditeur qui aimera cette histoire étrange). Le titre français est “l’apiculture selon samuel beckett” : l'apiculture selon samuel beckett

14 octobre 2011

dans la nuit


dans la nuit from Martin Page on Vimeo.

Retour de Boulogne hier soir, arrivée peu avant minuit, près de deux heures en voiture. Heureusement il y avait de la musique, on se sent comme dans un film alors, les phares écartent la nuit, de vieilles chansons éclairent le silence. Un peu plus tôt, discussion autour du numérique, de la littérature qui va continuer à évoluer, impression de deux mondes qui ne se comprennent pas, comme un schisme. Beaucoup de route ces jours-ci. Plus tôt encore, nous avons rencontré des enfants, CM1 et CM2. Les petits sont doués.

13 octobre 2011

inventer des catastrophes


Je m’essaye aux tsunamis.

L'inondation est une introduction, hôtel des trois ..., Arras

La chambre de l’hôtel d’Arras est gigantesque. Un mini-appartement. Il y a même un lit d’enfant. Impression d’être chez soir, mais avec une vie que l’on ne se connait pas (un enfant, une télé).

Jakuta et moi allons écrire un petit livre pour rendre compte de cette semaine. Il sera publié par nuitmyrtide éditions. Hier soir, nous avons pris notre soirée pour en parler, dresser les plans de la bataille. Nous avons pris un hamburger en bas de l’hôtel, et ça s’est terminé devant la télé à regarder The Mentalist (on a tenu vingt minutes, ce n’était pas très bon) puis un documentaire sur la bombe atomique. Je n’ai jamais mangé hamburgers aussi délicieux en France (pain home made, steak haché sur place, et il y avait des onion rings). L’échoppe s’appelle Me & You.

hamburger de chez Me & you, Arras

13 octobre 2011

opinions panoptiques


librairie Chapitre, ArrasAvec Jakuta, nous passons la semaine dans le Nord. Rencontres avec des collégiens, des lycéens, avec des adultes le soir, et, par deux fois, avec des prisonniers. Je ne sais pas ce que je pense souvent, et il y a une pression pour que nous ayons un avis, on nous éduque à ça, l’opinion c’est la base de la socialisation, si on n’en a pas, on devient un peu invisible, mais c’est pas plus mal l’état de fantôme parfois. Je ne sais pas quoi penser de ces rencontres, surtout en prison bien sûr. En tout cas, dans tous ces lieux, nous nous sommes sentis à notre place, un peu timides bien sûr, mais nous étions bien là. Jakuta l’a remarqué : les prisons ressemblent aux écoles. Ce sont les mêmes couleurs, il y a des similitudes architecturales et hiérarchiques.

3 octobre 2011

parfois les choses se passent bien


Stéphane MillionC’était hier, à Gradignan. Stéphane Million, éditeur attentif, lors de la rencontre/lecture avec Fanny Salmeron. Comme on peut le voir, au début nous étions plus nombreux sur scène que dans la salle. Cela valait bien une photo. Puis une femme est arrivée. Et peu à peu un peu plus de monde. Belle rencontre, légère et marrante, on a parlé académisme littéraire, influences, bons élèves-écrivains, écrivains-professeurs-très respectueux. J’ai retrouvé quelques amis sur ce salon. Et puis Éric Holder m’a offert un de ses livres (je suis tout fier), et je lui ai offert De la pluie. Il y a des écrivains dont j’aime le travail et dont j’aime la personnalité, Éric est de ceux là, même si ma timidité m’empêche de bien l’exprimer. Acheté Journal de la création, de Nancy Huston (en attendant Professeurs de désespoir). Chouette débat aussi avec Guy Goffette. C’est Delphine Montalant qui nous a interrogé (le voyage, Paris, l’enfance). Quelques retrouvailles avec des auteurs, illustrateurs, lecteurs. Comme toujours j’ai fait bande à part, mais quelques moments partagés avec certains, certaines. Les groupes, la foule, le monde, ce sont des incendies.

30 septembre 2011

Our man in Vancouver


Le blog de Laurent Sagalovisch est ici : You will never late alone. Un blog qui remue, qui énerve parfois, et c’est bien agréable. Voici comment notre ami de Vancouver se présente : “Avant tout, une mise au point. A priori, je ne vous aime pas et je me contrefous de savoir si vous m’aimez ou si vous allez apprécier ou pas ce que je vais pouvoir radoter à longueur d’article. Ce n’est en aucun cas mon problème, c’est le vôtre. Je rajoute que je suis d’une mauvaise foi crasse, que je n’ai d’avis arrêté sur aucun sujet, que je prends un grand plaisir à manier l’art du contre-pied, que je n’aurai cesse de vous provoquer et de vous titiller afin que vous vous sentiez offusqué au point d’aller pondre un commentaire rageur et furieux auquel je prendrais un malin plaisir à répondre. Toujours.”

Ce matin, Gao Shan Luanze Oolong (Shan Lin Shi, Taïwan, thé récolté le 22 juillet) (plus d’infos, ici).

29 septembre 2011

Gradignan


Je serai vendredi, samedi, dimanche à Grandignan pour le salon du livre de poche. Deux rencontres sont prévues, l’une avec Guy Goffette (javais lu Les derniers planteurs de fumée et je découvre sa poésie), l’autre avec Fanny Salmeron (il faut lire Si peu d’endroit confortable ; et elle vient de sortir un nouveau roman, toujours chez l’impeccable Stéphane Million éditeur). Cela va être un beau week-end.

Un café à Nantes, après l’enregistrement d’une petite émission pour France Bleue Loire Océan. Un petit côté Berlin.café sur l'île de Nantes

28 septembre 2011

cinéma


cinéma

Vu ces derniers temps au Cinématographe, au Katorza, au Concorde : The King of Comedy, Habemus Papam, Super 8, La Fée. Et au cinéma on mange des bonbons, évidemment. C’est une des différences entre lire un livre et voir un film : avec l’un on boit du thé, avec l’autre on mange des choses sucrées (il y a peut-être d’autres différences mais elles ne m’apparaissent pas pour l’instant).

28 septembre 2011

un livre


Je viens de terminer Everything we miss, de Luke Pearson, une bd publiée par Nobrow Press, que C* a acheté il y a quelques semaines. Superbe et glaçante. La fin d’une histoire d’amour, et ces animaux étranges qui observent les hommes vivre et se blesser : les anurid ( The most rarely observed creature on this planet is the omniscient anurid -the great observers of human kind. Barely a moment of your life has passed beyond the anurid’s watchful eye. Incurably fascinted by the actions of human beings, they are ever present).

everything we miss, luke pearson

26 septembre 2011

bonnes manières


j'aime j'aime pas

Je viens de recevoir un email. Quelqu’un me propose un échange de liens : il mettrait un lien vers mon site sur le sien, et en échange je mettrais un lien vers son site sur le mien. Je lui ai expliqué que les seuls liens sur ce blog, sur mon site aussi, venaient de rencontres, d’amitiés. Pas de tractation. Ce garçon ne pensait sans doute pas à mal, mais je ne suis éberlué par cette manière de faire.

Une critique m’envoie un message sur facebook il y a quelques jours. Elle m’informe qu’elle a écrit un article sur De la pluie. Elle me précise qu’elle l’a trouvé “assez faible”. Je lui réponds qu’elle est libre d’écrire ce qu’elle veut, mais que me faire parvenir un message personnel pour m’informer de ses sentiments à l’égard d’un de mes livres, ce n’est pas nécessaire. J’essaye de me tenir à l’écart de la critique, négative comme positive, alors qu’on ne me les expédie pas. La critique répond à ma réponse : elle ne m’a écrit que par pure politesse (je cite “Merci de ce message, le mien n’était que pas pure politesse”, au passage c’est un joli lapsus). Je lui réponds que je suis étonné que la pure politesse consiste à informer un auteur qu’on trouve un de ses livres “faible” (bon, et le vocabulaire de la force et de la faiblesse…). Que la critique vive sa vie, je n’ai rien à en dire, mais que l’on me laisse vivre la mienne sans lien avec celle-ci, et si on ne comprend pas mon choix, qu’on le respecte. J’ai enlevé cette femme de mes “amis” facebook. Je ne sais pas si j’ai bien fait. Cela a été un réflexe de protection. Les amis facebook ne sont certes pas de vrais amis, mais au moins que les rapports restent corrects. Je ne connais pas cette dame. J’imagine qu’il y a une part de malentendu dans cette histoire, nos messages ont été très cordiaux, elle est sans doute gentille, ça doit être de la maladresse. Mais depuis des années, je travaille à me construire une vie tranquille. Il y a trop de tremblements de terre en moi, j’essaye de les éviter à l’extérieur. Il faut se protéger.

C’est peu dire que je me sens dépassé et en inadéquation avec beaucoup des rapports humains, le jeu social. Il faut travailler à s’entourer de gens doux et justes (et cela n’empêche pas la critique), bienveillants. Je me souviens d’une interview il y a deux trois ans avec une journaliste. Elle m’avait posé les classiques questions de Proust : qu’elle est votre qualité préférée chez un homme ? chez une femme ? J’avais répondu la gentillesse. Elle avait éclaté de rire et s’était moqué de moi. Symptôme de cette époque ou de toutes, je ne sais pas. Tant pis pour elle. Mon départ de Paris n’est pas sans lien avec la dureté des rapports humains dans cette ville. Le cynisme, le sarcasme généralisé, les rapports de force, se vendre, conquérir, plaire, gagner, l’arrivisme, les amitiés utilisées, les réseaux. On s’en fout de tout ça. Alors partir, et s’inventer une vie ailleurs, plus civilisée. Je pense depuis un moment quitter la France. Pour je ne sais pas où. Le Canada peut être. Pour un pays sans doute pas moins violent socialement, mais où les rapports entre les gens sont empreints de politesse, de bonnes manières, de civilité, de candeur, d’élégance relationnelle. Nantes, c’est déjà un peu ça. On verra. Je crois qu’il faut que je m’invente ma vie à la campagne, même en pleine ville.

25 septembre 2011

passage du marché


passage du marché, paris 10°

Je suis de retour à Nantes. Paris a donné lieu à des rencontres, à des retrouvailles. Déjeuner avec Sandrine Bonini ( trouver une maison à notre Zoo des légumes), ciné avec Manon (pour le film qui sonne le plus faux de l’année : Restless -je n’ai pas aimé, mais M. trouve que je devrais lui donner une deuxième chance, et bon je suis pour les deuxièmes chances). Clément était au festiblog ce week-end, et comme chaque année, je ne suis pas là pour l’occasion. Enfin, on s’est retrouvé au passage du Marché dans le 10°, en terrasse de ce bistrot incroyable et pas cher. Une adresse à l’abri. On s’y sent protégé, et parfois c’est tout ce qu’on désire.

J’ai enfin fait mon pot de départ à l’atelier Les dents de la poule (Alessandro Tota m’a donné sa bd qui vient de sortir chez Cornélius, je la commence à peine j’en reparle prochainement). Les gars et les filles de l’atelier me manquaient, me manquent. Au fait, le nouveau site d’Aurélie est ici !

Comment je suis devenu stupide sera joué à Moscou au théâtre Ramt en novembre 2011. C’est une drôle de nouvelle. Bonne bien sûr. Mais je n’arrive pas à m’habituer à l’étrangeté des bonnes nouvelles.

Comme toujours, le temps à changé mille fois aujourd’hui à Nantes.

19 septembre 2011

un antihistaminique pour Paris


Hier matin, premier cours de zazen. De temps en temps, le prof nous raconte des histoires pendant la méditation (sur tel moine qui quittant son temple se cogne le gros orteil sur un caillou etc), j’aime beaucoup ça cette philosophie en action. Aude m’avait passé Traité de zen et de l’entretien des motocyclettes (Zen and the art of Motorcycle Maintenance :  An Inquiry into Values), de Pirsig, je l’avais lu en partie. Je viens de le commander à la librairie Vents d’Ouest du Lieu Unique, à Fred.

Nous partons pour Paris par le train de 17h30. Retour à Nantes entre vendredi et samedi. Revoir la famille, les amis, prendre un verre avec les amis de l’atelier, déjeuners. Retrouver cette ville sans avoir l’inconfort d’y habiter. Paris ne devrait qu’être fugace.

antihistaminique septembre 2011

En attendant, un antihistaminique.