10 février 2010

Je viens de lire qu’il est impossible d’être publié en envoyant son manuscrit par la poste. Bien sûr c’est autrement plus facile quand on connaît quelqu’un, quand on fait partie d’un milieu parisien propice aux rencontres, aux relations. Le milieu de l’édition n’est pas différent des autres, le népotisme est la règle. C’est une donnée à prendre en compte ; s’en plaindre ne changera rien. Cela n’empêche pas que des manuscrits envoyés par la poste sont publiés. C’est mon cas, c’est le cas de plusieurs écrivains que je connais. Ce n’est pas la voie la plus facile, ça demande plus d’acharnement, plus de travail et de rigueur. C’est le moyen de tester sa vocation. Il reste que de très bons romans sont publiés sans être passés par la poste. Et que des très bons romans sont ignorés car simplement postés par des inconnus (une pensée pour John Kennedy Toole).

  • 1. jd  |  10 février 2010 à 22h36

    Tout à fait légitime de mettre en doute la radicalité du billet de Wrath (si c’est d’elle dont il s’agit) mais il est tout aussi nécessaire le discours lucide qu’elle tient sur le milieu de l’édition, car il faut être conscient de la réalité et donc nuancer le mythe de la même manière que la réalité de la société américaine contredit l' »american dream » : on ne fait pas de généralités avec des exceptions. Et dans les conditions favorables à ces exceptions, comment faire le tri entre ce qui est dépendant ou indépendant de leur volonté ? la parole ne suffit pas à mon sens.

    Quoi qu’il en soit, je vous lis avec plaisir.
    Bien à vous,
    Jd.

  • 2. Martin  |  11 février 2010 à 11h18

    Bonjour Jd,
    Je pense que l’on manque de gens en colère, et celle de wrath est justifiée. Mais à défaut d’un monde juste il reste, pour ceux qui ne connaissent personne, l’acharnement, et parfois cela permet d’arriver à ce que l’on veut. Disons que je n’aime pas le nihilisme, c’est plus un symptôme qu’une pensée. Si l’on veut faire des choses il faut soigneusement ignorer les statistiques. Sinon il n’y a qu’à s’asseoir dans un coin. Et puis, le monde littéraire n’est pas en dehors de la société, alors toute critique juste devrait être l’occasion d’un engagement politique plus large.
    Ce post était simplement pour dire : cela arrive d’être publié en envoyant son manuscrit par la poste, ce n’est pas facile, mais cela arrive.
    bonne journée

  • 3. clara  |  11 février 2010 à 12h38

    Bonjour,
    Une question … peut-être sans réponse.
    Comment fait le quidam qui habite à Brest ou à Toulouse et qui, comble de malchance, n’a pas son ticket d’entrée dans ce cercle très fermé parisien?

    Bonne journée,
    Clara

  • 4. Martin  |  11 février 2010 à 12h46

    Bonjour Clara,
    Des manuscrits d’inconnus qui n’habitent pas Paris sont publiés. Mais oui il y a de bons manuscrits qui sont ignorés et rejetés.
    C’est un monde dur et injuste et il faut se débrouiller avec. C’est une donnée. Désolé de n’avoir pas de solution. On peut en tout cas s’engager pour changer ce monde.
    bien à vous

  • 5. cath  |  14 février 2010 à 02h43

    Etes-vous surdoué ? Avez-vous passé un test de Q.I ?
    Amicalement,

  • 6. Martin  |  14 février 2010 à 08h44

    Je sens comme une pointe d’ironie dans votre question… :-)

  • 7. Laurence  |  14 février 2010 à 20h34

    Ah mon avis, il n’y a pas d’ironie. Vous correspondez parfaitement au profil du surdoué, ou plutôt du décalé hypersensible intelligent. Du moins, c’est mon avis… et peut-être aussi celui de Cath. Ca n’est pas un jugement, c’est un constat, ça présente beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. Mais surtout, ça permet d’écrire les livres que vous écrivez et ça, c’est une merveille pour les lecteurs :-)

  • 8. Martin  |  14 février 2010 à 21h55

    Le seul domaine où je sois surdoué c’est l’angoisse (j’ai un trophée en plaqué or gagné lors des derniers jeux anxiolympiques : c’est un homme en short en train de faire une attaque de panique), et l’asocialité, malheureusement… Je suis très laborieux, à tel point que mes amis finissent mes phrases, à tel point que mes amis commencent mes phrase, à tel point que mes amis ont acheté un petit robot qu’ils ont baptisé de mon nom et qui leur parle de littérature et de physique nucléaire tout en préparant des cocktails (mes amis aiment se soûler tout en admirant de la technologie japonaise).

  • 9. Laurence  |  15 février 2010 à 00h48

    Vous devriez regarder « The Big Bang Theory » en streaming (TBBT streaming)… m’est avis que ça devrait vous parler. Et pour info, une psy qui s’intéresse aux « surdoués » (sachez qu’ils- les surdoués- n’aiment pas ce mot, personne ne peut/veut se reconnaître sous cette appellation, quel que soit le QI) cite « Stupide » comme référence bibliographique pour soulager le trauma.

  • 10. Martin  |  15 février 2010 à 12h46

    Je connais cette série, j’ai un peu de mal à accrocher ; et j’espère que je suis Leonard plutôt que Sheldon… Ah oui cette psy m’avait envoyé son livre ; c’était intéressant. Mais mes personnages sont plus intelligents que moi j’en ai bien peur.
    Je me sens plus proche des personnages de freaks & geeks.

  • 11. Laurence  |  15 février 2010 à 13h33

    Je ne suis pas certaine que Sheldon soit un « vrai surdoué » au sens où cette psy l’entende. Il a un tel problème à reconnaître les émotions des autres ! L’empathie n’est pas son fort. Mais c’est bien ce « handicap » qui rend le personnage très drôle. Tant qu’on ne vit pas avec lui ;-)

  • 12. Martin  |  15 février 2010 à 15h03

    Le terme surdoué me gêne. Ce « sur » qui donne une idée de supériorité. Il faudrait un autre mot. En même temps (me disait A.Z. dans un email) cela peut aider ceux qui ont eu une scolarité chaotique (ou plus tard qui se sentent toujours en décalage) à se construire, c’est une explication à leurs difficultés ; cela aide à avoir un peu confiance et à pas penser que l’on est un raté, mais simplement que l’on est différent. Et c’est un soulagement (mais cela il faudrait le faire pour tous les enfants, tous les adultes qui souffrent -on nous rend responsable de nos souffrances, de nos échecs, il y aurait un travail de déculpabilisation et de mise en lumière des causes niées qu’elles soient sociales ou psychologiques). Le livre dont vous parlez permet un soulagement, clairement il aide – mais il faudrait le même livre sur tous les enfants, tous les adultes en « échec » pour d’autres raisons. La focalisation sur les surdoués est un problème ; et permet, à mon avis, de ne pas se soucier des autres, qui souffrent pour des raisons qu’on veut nous faire croire comme moins nobles. Et puis je suis très sceptique quant à ces classes pour surdoués. Je pense que le problème est plus complexe. Et puis ça permet de ne rien faire pour tous les autres enfants en échec scolaire qui ne sont pas surdoués (c’est ça le scandale, c’est sur ça que la société ne veut pas réfléchir). J’ai rencontré des classes de primaire ces dernières semaines et tous les enfants sont surdoués. Simplement certains résistent plus que d’autres aux coups portés par la société pour les faire rentrer dans un moule. Les surdoués sont peut être simplement des enfants qui ont de plus grandes capacités de résistance ; et c’est cette originalité qu’ils conservent en dépit de la pression qui leur rend la vie plus difficile.

    Sheldon est terrifiant ! Il y a une intelligence humaine à acquérir et à travailler ; j’en discutais avec une amie vendredi. Hmm si je devais m’identifier à un personnage de série télé ça serait… (un ami m’a dit « Monk » mais il plaisantait enfin je crois…) hm il faut que j’y réfléchisse.

  • 13. Martin  |  15 février 2010 à 15h19

    Le livre de Jeanne Siaud-Facchin est un bon livre (dans mon souvenir) ; loin des clichés. Et puis c’est là que j’ai rencontré la première fois le mot hyperesthésie.
    bon je retourne à mon texte sur de Quincey.

  • 14. kate bardot  |  17 février 2010 à 13h00

    Vous lire et c’est un plaisir celui d’être moins seule entre écrire et édition. Un premier livre et la découverte de ce monde dont vous parlez si bien. Le monde parisien mais comment en serait-il autrement puisque tous les domaines de l’art sont touchés par ce constat d’être confrontés à ceux qui se dissent les rois du pavés et de ces circonvolutions.
    Pour autant ne jamais baisser les bras puisqu’écrire quand il s’impose audela des autres formes d’art doit de toutes facons exister quelqu’en soit le prix
    merci de me lire et de ne pas abandonner ces articles qui nous nourrissent pour que persévérer continue
    Kate

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