21 février 2010

J’ai reçu des histoires écrites par des élèves d’une école de Villeurbanne. Ils sont en CM1. Très beaux textes. Je termine ces jours-ci un livre pour la collection medium (donc pour les enfants plutôt après dix onze douze ans) de L’école des loisirs, une histoire de vengeance. Evidemment je suis en retard. Je passe ma vie à être en retard quand il s’agit de rendre un texte, un roman. Tout se termine bien, les retards ne sont pas si importants ; mais il sont inévitables. Je pense que le temps du retard est un temps particulier où se jouent des choses qui ne peuvent apparaître pendant le temps normal d’écriture. Ce retard a un sens et une fonction. Le retard est une phase du travail, et c’est une phase nécessaire. C’est un moment précieux, presque magique, pendant lequel le temps change et l’écriture aussi. Il faut apprendre à se servir du retard. C’est un art. Le retard ne doit pas être trop important sinon on ne pourra que bâcler. Il permet l’expression de choses qui n’étaient pas encore sorties. Il nous énerve, il nous stresse, mais finalement c’est une petite divinité positive.

J’ai légèrement corrigé mon texte sur le livre autobiographique d’Hilberg (La Politique de la mémoire) (publié une première fois sur la petite marchande de bombes).

Soleil incroyable ce matin. Hier promenade dans les bois. Une promenade qui a duré une heure. Une heure. Parce que c’est simple, parce que je peux travailler pendant que ça cuit, parce que c’est sain, je mange essentiellement des soupes. Rien de sophistiqué, des légumes coupés (ou pas), des herbes, un carré de bouillon bio rapunzel (et encore pas à chaque fois). Et puis c’est bon.

  • 1. machet  |  22 février 2010 à 02h10

    bonsoir martin,
    oui bien sur votre nom ne m’est pas inconnu, quelques piles de livres chez virgin ou à la fnac, pourtant mon regard a oublié de s’arrêter sur l’un de vos livres. Alors je vous découvre avec joie et bonheur à travers votre blog et vais sans plus tarder dès demain réparer cet impair: pas de martin page dans ma bibliothèque ! J’ai hate de vous lire, peut être irais je arpenter les salons de l’hotel de ville après une bien belle lecture. Prenez soin de vous et ne buvez pas trop de soupe, il faut manger équilibré ! bien cordialement

  • 2. Martin  |  22 février 2010 à 10h59

    Bonjour,
    Merci pour votre message ; -)
    Je tente de réfréner mon addiction à la soupe. Ce n’est pas évident.
    bonne journée

  • 3. machet  |  22 février 2010 à 14h14

    Rebonjour,
    Voici une petite nouvelle composée suite à vos soupes !!! j’espère qu’elle vous fera sourire.
    Bien cordialement.
    Je vais sans plus tarder passer à la librairie place de clichy. Peut être une histoire d’amour me semble être un roman riche et une idée très originale, j’espère qu’il sera disponible.

    A table !!!

    Les légumes c’est sacré !! Déjà tout petit, vous trempiez vos lèvres dans une purée de carottes faite maison. Ca donnait bon teint paraît-il, alors votre maman s’appliquait dès le midi à couper et laver quelques rondelles pour les transformer en une bouillie bien onctueuse. A un an, vous mangiez avec appétit, pourtant vous n’en gardez aucun souvenir, sauf quelques vieilles photos un peu jaunies par le temps où l’on vous aperçoit avec un bavoir bleu débordant de tâches amères. Les légumes, ça vous rappelle soudainement, les après-midis chez vos grands-parents dans la grande maison de campagne, où dès l’âge de quatre ans, votre grand-mère vous proposait une soupe faite par ses propres soins en guise de goûter. Vous n’aimiez pas, vous préfériez un morceau de pain avec un chocolat, mais elle insistait tant sur les bienfaits de ce breuvage que vous deviez céder. Dans un vieux bol translucide aux couleurs grises douteuses, un breuvage vert prenait alors place. Auparavant, vous aviez bien entendu le bruit sourd du mixeur et votre grand-mère pester : la lame avait encore sauté. Et insidieusement, vous saviez qu’il fallait se préparer au supplice de la soupe. Souvent, vous faisiez semblant de ne pas entendre l’appel de vos grands-parents pour le goûter, mais après quelques minutes ils venaient vous chercher derrière la vieille malle remplie de déguisements coincée au fond du grenier. Alors à regrets vous descendiez, faisiez un petit clin d’œil à votre sœur, et vous installiez le long de la table en bois. Parfois, vous prétextiez bien des maux de ventre, mais ce n’était pas suffisant pour échapper au quatre heure, synonyme de joie pour tous les enfants du monde. Alors, avec grand bruit, vous avaliez la soupe, avec une seule idée en tête la finir au plus vite, pour retrouver le ballon de foot ou le livre rempli d’images. Parfois encore aujourd’hui, lors des réunions familiales à Nöel l’anecdote du goûter peu commun fait encore le tour de la table. Oui, vos cousins y avaient bien le droit aussi, ouf ce n’était pas réservée qu’à vous seule ! Et puis vous avez grandi, apprivoisé un peu plus les légumes, goûtez de nouvelles saveurs. A dix ans, vous mangiez de tout, réclamiez des haricots. Votre père les avait écossés avec sagesse auparavant : un récipient en métal d’un côté pour les queues, une casserole d’un autre pour les légumes. Ensuite, adolescente, vous ne mangiez plus rien, et puis l’appétit est revenu petit à petit. Vous vous êtes réconcilié avec tout : la vie, la joie, la paix et surtout la faim. Alors, vous alliez au marché acheté les meilleurs produits, les tomates encore un peu trop rouges de soleil. Vous invitiez quelques amis pour des diners végétariens et pour refaire le monde. Le temps a passé, vous avez mûrie, êtes mariée et aujourd’hui votre panier de course déborde de fruits et légumes. De temps en temps, vous passez chez le marchand bio, allègrement plein de joie dans les yeux. Les légumes si frais sont disposées le long de la fenêtre chez vous, ils brillent et accrochant le soleil encore un peu timide. C’est alors à votre tour d’hacher les légumes pour les plus petits. Alors vous sortez le vieux mixeur, orange et blanc, celui de vos 4 ans. Le fil électrique est un peu vieux et dénudé. Il faut faire attention. Vous en avez hérité pour votre passage sur les bancs de la fac et l’avez gardé comme souvenir de vos quatre ans. Il marche encore, vous en êtes toute réjouie et votre grand-mère si heureuse de ce cadeau bien utile.

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